Angela Merkel de Florence Autret

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Angela Merkel de Florence Autret

Résumé :

Qui est vraiment Angela Merkel ? On la dit intraitable, regard bleu acier, elle semble indéchiffrable. Physicienne. Fille de pasteur. Divorcée et remariée. Ayant grandi dans l'ex-RDA, elle entre en politique à 35 ans, au moment de la chute du Mur. Une décennie plus tard, elle se débarrasse de son mentor, Helmut Kohl, puis écarte ses concurrents et succède finalement au chancelier Gerhard Schröder.
 

Angela Merkel, une allemande (presque) comme les autres

Auteur : Florence Autret
Nombre de pages : 316
Editeur : Editions Talendier
Date de parution : Mai 2013
Prix : 19.90 euros (broché) - 11.99 (epub) - 4.99 euros (occasion)

Avis / Critique :

Rien ne prédisposait cette jeune fille de l'est à devenir chancelière du plus grand pays européen  sinon une conviction et une volonté de fer, à l'instar de cette autre femme qui fut avant elle l'incarnation de la dureté, d'un gant de fer dans une main de velours, Margaret Tatcher.

C'est en 1954, que nait Angela Kasner. Alors que les allemands partent vers l'ouest, sa famille part en sens inverse pour l'allemagne de l'est. Son père, pasteur, est décidé à venir en aide à une population de quelques centaines d'âmes. Quelques années plus tard, il payera cette décision en condamnant sa famille et lui derrière le mur.

D'orgine polonaise par son père qui a changé son nom Kazmierczak par Kasner, et allemande par sa mère, née à Düsseldorf, Angela grandit d'abord à Hambourg puis à Quitzow. Elle est l'ainée de 3 ans et une élève appliquée à l'école où elle dit que son père est "fahrer" et non "pfarrer" (chauffeur au lieu de pasteur) pour passer inaperçue dans une société communiste qui se méfie des cultes. En 1957, elle déménage avec ses parents à Templin, ville de 14 000 âmes où son père est promu directeur de l'institut et où ils forment les pasteurs mais aussi prend soin des handicapés mentaux. Angela en retiendra un certain sens de l'humanité et se liera d'amitié avec l'un de ces pensionnaires malades.

Pour entrer à l'université, Angela qui a de bonnes notes et parle couramment le russe, se voit contrainte de réussir son examen sportif avec un temps imparti pour faire la distance de 100 mètres. Elle déteste le sport mais à force d'entrainement parvient à passer sous les 16 secondes. Elle intègre aussi les FDJ (l'organisation de jeunesse communiste) pour sa survie sociale  et le bon déroulement de ses études, puis de sa carrière, mais sans devenir membre à part entière pour demeurer libre de ses choix. A 19 ans, elle part pour Leipzig et intègre la faculté de physique parce qu'elle "voulait comprendre la théorie de la relativité d'Einstein" et passe ses nuits à jouer les barmaids dans les soirées disco de l'université. Angela devient la reine du Kirsh-Wisky à 30 pfennings le verre et fréquente le dissident Reiner Kunze, philosophe qui passera finalement, le mur.

En 1977, elle se marie avec Ulrich Merkel, s'installe avec lui, à Berlin et travaille dans un laboratoire de recherche de chimie et physique. En 1981, elle quitte le domicile conjugal et rencontre Joachim Sauer qu'elle épousera après plus de 13 ans de concubinage. De 1978 à 1989, elle prépare sa thèse sur "le craquage du gaz en séparant le carbone et l'oxygène" et reprend du service aux jeunesses communistes et y fait de l'armement intellectuel clandestin. Elle lit de la physique quantique, de la philosophie, des classiques et des textes de Sakharov, Gorbatchev...

Angela Merkel a 35 ans quand le mur de berlin tombe. Pour elle, une société doit s'organiser pour fonctionner au mieux et pour que les individus soient productifs. "Nous, Allemands de l'Est, nous nous sommes entraînés à la course de fond, pendant qu'à l'Ouest, on sprintait", dira-t-elle. En 1989, elle intègre le parti, le "Renouveau démocratique". "Au RD, "j'ai entrevu la lueur de ce que j'imaginais pour le futur. On y rencontrait des intellectuels et il y avait à faire. J'avais attéri précisément chez les gens qui m'intéressaient".

En 1991, elle est repérée par Lothar de Maizière qui la nomme porte-parole adjointe et en 1992, devient ministre de la jeunesse, de la famille et des femmes mais aussi nouvelle vice-présidente de la CDU à la place de Lothar de Maizière, rattrapé par les affaires.

Angela Merkel n'a dès lors plus que quelques marches à monter pour devenir la première chancelière d'Allemagne.

Florence Autret nous dresse avec ce livre, une biographie courte mais suffisamment détaillée pour comprendre le parcours  d'Angela Merkel. Le lecteur y découvre une femme baignée toute petite dans un monde, d'une part religieux mais aussi très intellectualisé. Elle passe de l'un à l'autre, finit par se tracer elle-même sa liberté et apprend que tout peut arriver mais qu'il faut savoir saisir les opportunités quand elles se présentent.

Ni avant, ni après. Mais pendant ; quitte à écarter certaines personnes sciemment.

Intelligente, méticuleuse, tacticienne, elle conduit la politique de son pays et de l'Europe comme une équation mathématique et jusqu'ici cela lui réussit plutôt pas mal. Mais Angela Merkel perçut comme une femme dure, sait aussi rire, d'elle-même, des autres, et n'hésite pas à saisir une bonne pinte de bière quand l'occasion se présente.

Sous ses dehors de femme de fer, c'est une autre facette que le lecteur découvre aussi et appréhendre sous les lignes de Florence Autret dans les parties 3 et 4 de son livre et, ce, à l'heure où les enjeux pour l'Europe et la Grèce font d'Angela Merkel, la mère fouettarde du continent européen. 

Extrait :

Le 22 novembre, Angela Merkel préside sa première réunion de cabinet, autrement dit son premier Conseil des ministres. Il lui a fallu soixante-cinq jours pour transformer sa victoire au pouvoir. A cinquante et un ans, elle devient la première chancelière allemande et la plus jeune de la brève République fédérale. C'est un triomphe à l'arraché, mais un triomphe qand même, célébré sans ostentation.

De fête mémorable, il ne fut pas question. Son mari ne s'est pas montré au Bundestag pour l'intronisation de sa moitié. Il la suivit à la télévision. Interrogée sur cette absence remarquée, la chancelière dit simplement que son époux préférait être "tranquille".

Avec cette nomination à Bruxelles, Angela Merkel n'a pas seulement fait ses premiers pas dans la politique européenne en s'opposant avec succès à ses deux géants : Gerard Schröder et Jacques Chirac. Elle en a aussi fait une affaire de partis, beaucoup plus que ce n'était le cas par le passé. Ce virage n'est certes pas simplement de son fait. Il est le résultat conjoint de la démission de la commission Santer le 15 mars 1999 et des réformes instutitionnelles successives qui ont subtilement déplacé le curseur du pouvoir vers le Parlement européen. Mais il change durablement le jeu.
Cet épisode illustre bien des malentendus entre d'un côté les Allemands, qui projettent leur modèle de démocratie parlementaire sur les affaires bruxelloises, et de l'autre, les Français, qui continuent de voir "L'Europe" comme le terrain de jeu de grands (et moins grands) hommes, où les règles de la démocratie ne s'appliquent pas. A Paris, certains l'ont compris mais ils sont peu nombreux. Ainsi de cet ancien ministre de François Fillon qui, comme pris de remords au terme d'un entretien, trouve le temps d'ajouter, entre la porte de son bureau et celle de l'ascenseur : "Au fait, on n'a pas parlé de la manière dont elle a mis la main sur le Parlement et le parti populaire européen..."

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