Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, de Philippe de Villiers

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, de Philippe de Villiers

Résumé :

« J'ai été un homme politique. Je ne le suis plus. Ma parole est libre. Je suis entré en politique par effraction. Et j en suis sorti avec le dégoût.
Le désastre ne peut plus être maquillé. Partout monte, chez les Français, le sentiment de dépossession. Nous sommes entrés dans le temps où l'imposture n'a plus ni ressource ni réserve. La classe politique va connaître le chaos. Il n y a plus ni précaution à prendre ni personne à ménager. Il faut que les Français sachent. En conscience, j'ai jugé que le moment était venu de dire ce que j'ai vu. »

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Auteur : Philippe de Villiers
Nombre de pages :  352
Editeur : Albin Michel, Essai doc
Date de parution : Septembre 2015
Prix : 21.50 euros (broché) - 14.99 euros (epub)

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Avis / Critique :

Il n'a rien à perdre.

Il a connu la politique, il est un entrepreneur qui a fait du Puy du Fou, le parc d'attractions de Normandie, un véritable succès.

Philippe de Villiers qui a fait l'"Ena buissonnière" raconte l'envers du décor "Ce n'est pas une école, c'est un moule, un laminoir sémantique qui vous broie : vous y entrez avec trois mille mots, vous en sortez avec trente seulement, le cerveau formaté, hors de vos neurones et le coeur vide", le retournement politique de la France au gré du vent qui souffle. Hier, pourfendeurs et libérateurs en Indochine, les soldats sont cloués au pilori et la France récompense George Boudarel, qui a torturé dans les camps, les soldats de son pays, en en faisant après amnistie, un maître de conférences à Paris VII Jussieu. C'est la politique qui retourne sa chemise au gré du vent qui tourne, comme dans la chanson de Jacques Dutronc et qui pourfend le lendemain les gens portés aux nues, la veille.

Il fait remarquer que "le slogan Black Blanc Beur qui devait réenchanter la France, fait chou blanc. La désintégration est en marche, la guerre des mémoires commencent." SOS Racisme devrait se renommer SOS Racismes car "la haine raciale ne s'est jamais aussi bien  portée et n'a jamais été aussi violente" depuis que SOS Racisme a vu le jour. A trop vouloir en faire, c'est l'effet inverse qui s'est produit et les gens qui pouvaient, voulaient vivre ensemble, se regardent à présent en chien de faïence. "Il s'agit de disqualifier, culpabiliser, lyncher les citoyens enracinés, au nom d'une nouvelle France postidentitaire, post-historique et postnationale. Bientôt l'expression Français de souche sera chassée du vocabulaire autorisé. Il faudra dire "natif au carré"." Et voilà que ces français, blancs, beurs, blacks de deux ou trois générations, se tournent d'un même élan vers le Front National parce qu'ils en ont marre de devoir raser les murs, tête basse, de devoir s'adapter.

"Le temps est arrivé de la colonisation à rebours et de l'assimilation  à l'envers".

Quelle malheureuse ironie. 

La France part en vrille et les politiques l'emmènent toute droite vers les rails pour l'y attacher et attendre que le train l'écrase.  Les paysans d'autrefois qui aimaient la terre, à qui ils devaient tout, sont devenus des exploitants agricoles à rendement qui déversent des pesticides et s'empoisonnent, nous empoisonne et nous voilà au réveil avec une bonne gueule de bois et le corps mort et eux, ces exploitants au bord du suicide. "Et c'est la classe politique française toute entière qui a conduit à l'enterrement".  Au nom de l'économie et de la production intensive pour de grands groupes.

Les spectateurs qui, se faisaient plaisir devant une bonne émission culturelle, se voit aujourd'hui inondés d'émissions de télé-réalité, vides, hypnotiques, tout juste bonnes à amener les publicités qui vont les emmener à consommer toujours plus et à s'endetter tout autant au nom du divin marché libéral. Au nom de la technologie, des avancées, de la libéralisation, de la mondialisation, les épiceries et petits magasins de ville ferment au profit des hypermarchés, les usines sont délocalisées, les villageois perdent leurs habitants, la caissière devient un scan achat à la lumière rouge.

Bernanos l'avait prédit, cette "civilisation mécanique finira par promener autour de la terre, dans un fauteuil roulant, une humanité gâteuse et baveuse retombée en enfance et torchée par les robots".

Bien triste constat à venir.

Dans "Le moment est venu de dire ce que j'ai vu", Philippe de Villiers livre un témoignage, son ras-le-bol de la politique telle qu'elle est faite et telle qu'il l'a vu, son combat pour dire que français et étrangers peuvent vivre côte à côte, mais en préservant les racines françaises, dans une Europe nouvelle à construire, un monde connecté ; un monde où l'être humain est devenu un numéro, un article jetable, bientôt un patchwork mi-humain mi-synthétique, un humain à qui l'on dit quoi penser, quoi manger, comment vivre. Un monde que les politiques et les grands groupes économiques nous vendent pour mieux nous contrôler ? Un monde ou les robots prendront la place de l'homme abêtit. Un monde ou deux univers se feront face : celui du retour à l'archaïsme religieux primaire contre un hyper-technologique où les ordinateurs et les robots feront tout à notre place.

Une vision qui n'est pas dénuée d'intérêt et qui a le mérite de passer en revue des sujets, qui, aujourd'hui posent questions. Dans la lignée d'un Zemmour.

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Extrait :

C'est un de ses proches qui me raconte, des étoiles dans les yeux et des galaxies dans la voix, la nouvelle humanité qui se prépare.
- Nous pourrons changer la vie au sens propre et non plus au figuré, adopter des clones humains, sélectionner nos gamètes, sculpter notre corps et nos esprits, apprivoiser nos gènes, dévorer des festins transgéniques, voir les infrarouges, écouter les ultrasons, sentir les phéromones, cultiver nos gènes, remplacer nos neurones, ajouter de nouveaux sens, vivre vingt ans ou deux siècles...
Cet homme en baskets et pull à capuche qui me fait voyager dans le futur est intarissable. Derrière la folie lyrique qui habite ce technoprohète, je cherche à deviner l'homme neuf qui va naître.
Grâce aux modifications génétiques héréditaires, on pourra augmenter l'intelligence de l'espèce. Et, à force d'imbrications entre le biologique, le mécanique et l'électronique, on en viendra à créer un homme aux organes démultipliés, aux poumons immortels et aux cellules régénérescentes, un homme capable de courir comme un guépard, de sauter comme un kangourou, de voir l'invisible, d'entendre l'inaudible, c'est-à-dire, un être libéré de toutes les limites de la matière. Cet affranchissement pose une question cruciale, non pas celle de savoir ce que sera cette humanité nouvelle, mais qui en sera. Ce rêve à portée de main - l'immortalité - que concoctent aujourd'hui les multinationales comme Google, Apple et les autres, est un rêve sélectif. Seuls les plus riches et les moins scrupuleux y auront accès.

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Publié dans Politique, Essai, Documents

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