La seule exactitude, d'Alain Finkielkraut

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

La seule exactitude, d'Alain Finkielkraut

Résumé :

Les années trente, dit-on, sont de retour. La droite intégriste et factieuse occupe la rue, l’ordre moral sort des catacombes, la crise économique pousse à la recherche d’un bouc émissaire et l’islamophobie prend le relais de l’antisémitisme. Cette analogie historique prétend nous éclairer : elle nous aveugle. Voulant lire ce qui arrive à la lumière de ce qui est arrivé, elle en occulte la nouveauté inquiétante.
Montrer que nous vivons un tournant historique, paradoxalement masqué par la référence incessante à l’Histoire ; appréhender ce moment crucial dans ce qu’il a d’irréductible au répertoire de nos vicissitudes : tel est le pari de ce livre.

 

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Auteur : Alain Finkielkraut
Nombre de pages : 306
Edition : Stock

Date de parution : 30 septembre 2015
Prix : 19.50 euros (broché) - 13.99 euros (epub)

 

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Avis / Résumé :

Ce n'est pas un "livre" au sens premier du terme que nous offre Alain Finkielkaut, mais un regard sur la vie française, européenne et mondiale, à travers ses chroniques qui balayent les années 2013-2015. Il suit la tendance du moment, à l'instar d'un Zemmour ou d'un De Villiers, avec "c'était mieux avant" et met en exergue le malaise français.

La France a mal, la France ne sait plus où elle va, les Français sont perdus. C'est une des thématiques du livre du philosophe. Il pose un regard que l'on peut trouver tantôt réac, tantôt pertinent, mais qui ne laisse pas indifférent à la lecture. Sur bien des points, certains trouveront des points communs avec leur propre jugement. Au fil des pages, donc, Finkielkraut dresse de sa plume son point de vue sur : les missions de l'école, l'adieu de Benoit XVI, la laïcité, les attentats, Léonarda, Conchita Wurst, la politique, Zemmour, l'antisémitisme, l'esprit de pénitence.

Faisant souvent référence à Charles Péguy, essayiste français, Finkielkraut, devient ironique, acerbe parfois, mais demeure toujours droit dans ses bottes dans son système de pensée. Il insiste sur les sujets qui le préoccupe, notamment l'antisémitisme et rappelle qu'à trop vouloir se courber, l'Europe et la France finiront couchées. Pas de racisme chez Finkielkraut, juste une synthèse de ce qui a été fait, de ce qui est fait et des conséquences pernicieuses qui s'installent en refusant de penser librement, de s'interdire de mettre en avant des valeurs pour préserver une pseudo paix sociale.

Polémiste, Finkielkraut ? Non. Un observateur de notre temps comme il en faudrait un peu plus.

Son message finalement, n'est-il pas : arrêtons de nous fustiger, de demander pardon, de nous plier et vivons la France comme elle se doit, avant que de devoir creuser nos propres tombes ?

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Extrait :

La gauche, pour moi, c'est d'abord cette promesse d'ouvrir au plus grand nombre le trésor des humanités et l'héritage de la noblesse du monde. Or, que fait la gauche actuelle ? Au moment où la droite managériale abandonne cet héritage au nom de l'utilité et de l'adaptation au monde qui vient, elle le remplace par le catéchisme antiraciste et, en guise d'égalité, se fixe la médiocrité pour tous comme but ultime. Confondant le splendide et le clinquant, elle propose même, par la voix du Premier ministre, d'intégrer dans nos écoles l'art de l'improvisation de Jamel Debbouze" et le président de la République n'est pas en reste. Il rappelle brutalement à l'ordre ceux qui, tel Orphée, se tournent vers le trésor des ombres chères : "La France, c'est pas une nostalgie ; la France, c'est un avenir : la France, c'est une chance", a-t-il déclaré un dimanche à la télévision. La langue est détruite, mais le message est clair et fait naître une question : quel sens y a-t-il à se dire toujours de gauche ? Brandir cet étendard après la révocation de la promesse, ce n'est plus se conduire en citoyen, mais en supporter. Malgré le Quatar, je reste résolument et absurdement attaché au Paris-Saint-Germain. Mais pour que je demeure affilié à la gauche estampillée, il faudrait qu'elle soit, pour moi, une sorte de PSG. Je me fais une autre idée de la politique.

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A lire aussi : Le moment est venu de dire ce que j'ai vu - Le suicide français - Qui est Charlie ?

Tags : La seule exactitude, Alain Finkielkraut, Charles Péguy, chroniques, essais, documents, livres, politique, malaise français, Eric Zemmour, philosophie, sociologie, epub gratuits, romans gratuits

 

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Publié dans Essai, Documents

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