101 curiosités historiques cocasses et stupéfiantes, de Bruno Léandri

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

101 curiosités historiques cocasses et stupéfiantes, de Bruno Léandri

Résumé :

• Savez-vous qu’un tableau exposé au Louvre a été peint avec des fragments du coeur de Louis XIII ?
• Qu’une guerre européenne a duré plus de trois siècles sans que personne ne s’en aperçoive ?
• Qu’un certain Hitler s’est engagé dans l’armée américaine pour combattre l’Allemagne nazie ?

 

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Auteur :  Bruno Léandri
Nombre de pages : 240
Edition : La librairie Vuibert
Date de parution : Octobre 2015
Prix : 13.90 euros (broché) - 9.49 euros (epub)
 

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Avis / Critique :

 

Complice de toujours du journal Fluide Glacial, Léandri n'a pas son pareil pour aller dénicher avec gourmandise des anecdote insolites dans la science, les arts ou l'histoire et nous les servir enrobées d'un humour gentiment ironique.

Ici, il compile donc des anecdotes historiques, dont la plupart sont inconnues ou oubliées, sauf des lecteurs de Fluide Glacial car certaines d'entre elles y furent naguère contées. On traverse pas mal d'époques, de l'ancien régime jusqu'à la fin du XXème siècle, et on passe par les 5 continents.

La prose de Léandri se lit avec beaucoup de plaisir, il nous raconte ses histoires comme si il les avaient apprises la veille et se dépêchait de venir nous les raconter, tout heureux d'en partager une bien bonne avec ses potes. Le tout avec une absence totale de pédantisme.

Petit bémol quand même, certaines de ces histoires ne sont pas si insolites que ça : quand il parle de l'espéranto ou du Congo belge, il s'agit quand même de choses assez bien connues du grand public. De plus, certains chapitres un peu courts mériteraient plus de développements et nous laissent sur notre faim.

 

La petite conversation téléphonique rapportées ci-dessous est une hypothèse sur la genèse du livre et pourrait expliquer ces petites faiblesses …

« - Allo Bruno, c'est l'éditeur. Alors, ça avance ton livre sur les anecdotes historiques ?

- Ça y est, j'ai fini. Je vais l'appeler 87 curiosités historiques cocasses et stupéfiantes pour avoir quelque chose à raconter en toutes circonstances …

- 87 ? C'est tout ? Dis, ça fait pas très glamour comme titre. Tu peux pas aller jusqu'à 101, ça sonne mieux, un peu comme les dalmatiens.

- C'est que des anecdotes historiques, ça se trouve pas comme ça. Je vais quand même pas les inventer …

- Je sais pas moi, t'as qu'à prendre des trucs plus connus comme parler des expositions coloniales ou de Verdun. Je suis sûr qu'il y a plein de gens qui savent pas ça. N'oublie pas qu'on veut vendre en supermarché. Et sinon, t'as combien de pages de prêtes déjà ?

- Environ 1439, mais c'est écrit gros

- Ah non ! T'exagères ! Pense supermarché. A une époque où l'essentiel de la communication passe par Twitter, tes anecdotes devraient pas dépasser les 140 signes.

- Bon, Ok, je veux bien t'en raccourcir quelques unes, mais c'est bien parce que j'ai déjà dépensé toute mon avance sur recette.

- À la bonne heure ... »

Bon, plus sérieusement, ces petites réserves étant faites, ne nous privons pas de lire ce petit livre bien sympathique.

 

 

Extrait :

 

En 1916, pour percer le front figé, les Allemands décidèrent de mettre le paquet sur un point qu'ils estimaient faible: Verdun. Ils rassemblèrent autour de la ville le chiffre inouï de 1250 canons de gros calibre avec lesquels ils allaient tirer 21 millions d'obus. Pour que cet abattoir implacable ne fonctionne pas pour rien, les généraux français veillèrent à envoyer dessous en permanence la quantité de jeune viande appropriée, et les régiments défilèrent sous ce hachoir quasi mécanique: on envoie le 137e d'infanterie. À vos ordres, mon général. Le 137e n'a plus que 100 survivants, on envoie le 138 A vos ordres, mon général», et ainsi de suite. À ce prix, les Allemands ne passeraient pas. L'ironie douloureuse de l'affaire, c'est que les généraux allemands, constatant cette alimentation non-stop de leur machine à étriper, transformèrent leur échec en stratégie: le but devint de « saigner à blanc l'armée française ». C'est bien ce qui se passera: les pertes françaises se monteront à 378 777 hommes en sept mois. Mais pour arriver à ce magnifique résultat, les généraux de Guillaume II y perdront 333 000 hommes. C'est que, de l'autre côté, l'alimentation de l'abattoir était réciproque. Et ce grand carnage n'a laissé que des souvenirs sinistres. Sauf un, qui, ajoutant à la tristesse une certaine étrangeté, prêterait même à sourire.

 

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Publié dans Humour, Histoire

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