Renée Vivien, la Sapho 1900

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Renée Vivien, la Sapho 1900

Il est des auteurs que l'on rencontre au détour d'un texte égaré, retrouvé, et qui marque une partie de sa transhumance de vie. Renée Vivien, poétesse à présent inconnue du public marqua de sa plume quelques générations. A l'instar d'un James Dean, mort trop tôt et qui, sûrement, aurait eu un destin encore bien plus grand dans son art, Renée Vivien souffla la bise de la vie qui lui fut ôtée à l'aube de ses 32 ans.

Instant fugace, mais qui fut dépositaire d'une passion pour la poésie, pour ses égales, Natalie Clifford-Barney et Hélène de Zuylen.

Renée Vivien naquit un lundi de juin 1877 (le 11), à Londres en Angleterre d'un père fortuné et d'une américaine. Héritière, elle vient s'installer à Paris en 1899. C'est entre deux voyages, notamment Mytilène, qu'elle rencontre celle qui sera son grand amour mais aussi sa plus grande déception, Natalie Clifford-Barney qui cherchera à la reconquérir sans succès. Renée préfèrera avoir la stabilité avec la Baronne de Zuylen qui lui apportera l'équilibre nécessaire à sa création littéraire et avec qui elle écrira 4 ouvrages. 

Renée entretient en parallèle une correspondance enflammée avec la femme d'un diplomate turc, Kérimé Turkhan Pacha. Mais voilà, les deux amours de sa vie la quitte tour à tour. Hélène de Zuylen entreprend une relation avec une autre femme et Kérimé rejoint son mari en Russie. Renée, dévastée, part pour le Japon avec sa mère. De retour, elle se plonge dans la drogue et l'alcool. Plongée dans la dépression, elle sombre dans le découragement, perd son argent, et tente de se suicider au laudanum. Sauvée, elle contracte malgré tout une pleurésie qui l'affaiblie un peu plus et refuse de se nourrir, ne se déplaçant plus qu'avec l'aide d'une canne. A sa mort, elle ne pèsera plus que trente kilos.

Renée Vivien meurt le 18 novembre 1909, certainement d'une pneumonie compliquée par son état fébrile. Enterrée au cimetière de Passy, elle se retrouve non loin de celle qui fut son premier grand amour, Natalie Clifford-Barney. Colette dépeindra la fin de sa vie dans son ouvrage, "Le pur et l'Impur".

Son surnom, la Sapho des années 1900 lui a été donné par l'écrivain français, André Billy. Il faut dire qu'à cette époque, fleurissent de belles personnalités de la littérature féminine, Anna de Noailles, Lucie Delarus-Mardrus, Colette, etc. qui amènent un vent de fraicheur à ce début de siècle qui sera à son apogée avec les années folles, ou liberté de vivre et de penser bouscule un tantinet les institutions.

La poésie de Renée Vivien sera presqu'entièrement autobiographique. Dans ses vers, on peut retrouver l'amour de celle-ci pour les fleurs et notamment la Violette, rappel de son amie d'enfance, Violet Shilito. C'est aussi pour Renée l'occasion de raconter ses désespoirs,  ses émois, ses désillusions à travers ses sonnets,

Oubliée, Renée Vivien fait un "revival" dans les années 80-90 grâce notamment aux biographies dédiées à Natalie Clifford-Barney et Colette qui la font redécouvrir au public et lui attacher de nouveaux admirateurs.

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Renée Vivien, la Sapho 1900

Poèmes :

À l’Amie

Renée Vivien

Dans tes yeux les clartés trop brutales s’émoussent.
Ton front lisse, pareil à l’éclatant vélin,
Que l’écarlate et l’or de l’image éclaboussent,
Brûle de reflets roux ton regard opalin.
Ton visage a pour moi le charme des fleurs mortes,
Et le souffle appauvri des lys que tu m’apportes
Monte vers tes langueurs du soleil au déclin.

Fuyons, Sérénité de mes heures meurtries,
Au fond du crépuscule infructueux et las.
Dans l’enveloppement des vapeurs attendries,
Dans le soir énerve, je te dirai très bas.
Ce que fut la beauté de la Maîtresse unique…
Ah ! cet âpre parfum, cette amère musique
Des bonheurs accablés qui ne reviendront pas !

Ainsi nous troublerons longtemps la paix des cendres.
Je te dirai des mots de passion, et toi,
Le rêve ailleurs, longtemps, de tes vagues yeux tendres,
Tu suivras ton passé de souffrance et d’effroi.
Ta voix aura le chant des lentes litanies
Où sanglote l’écho des plaintes infinies,
Et ton âme, l’essor douloureux de la Foi.

Renée Vivien, Études et Préludes

 

 

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Aurore sur la Mer

Renée Vivien

Je te méprise enfin, souffrance passagère !
J’ai relevé le front. J’ai fini de pleurer.
Mon âme est affranchie, et ta forme légère
Dans les nuits sans repos ne vient plus l’effleurer.

Aujourd’hui je souris à l’Amour qui me blesse.
O vent des vastes mers, qui, sans parfum de fleurs,
D’une âcre odeur de sel ranimes ma faiblesse,
O vent du large ! emporte à jamais les douleurs !

Emporte les douleurs au loin, d’un grand coup d’aile,
Afin que le bonheur éclate, triomphal,
Dans nos cœurs où l’orgueil divin se renouvelle,
Tournés vers le soleil, les chants et l’idéal !

Renée Vivien, Etudes et préludes

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Devant la Mort

Renée Vivien

Ils me disent, tandis que je sanglote encore :
« Dans l’ombre du sépulcre où sa grâce pâlit,
Elle aspire la paix passagère du lit.
Les ténèbres au front, et dans les yeux l’aurore.

« Elle aura la splendeur de l’Esprit délivré,
Rêve, haleine, musique, essor, parfum, lumière.
Le cercueil ne la peut contenir tout entière,
Ni le sol, de chair morte et de pleurs enivré.

« Le cierge aux larmes d’or, le râle du cantique
Les lys fanés, ne sont qu’un symbole menteur :
Dans une aube d’avril qui vient avec lenteur,
Elle refleurira, violette mystique. »

— Et j’écoute parmi les temples de la mort.
Je sens monter vers moi la chaleur de la terre,
Dont l’accablante odeur recèle le mystère
Du sanglot qui se tait et du rayon qui dort.

J’écoute, mais le vent des espaces emporte
L’audacieux espoir des infinis sereins…
Elle ne sera plus dans l’heure que j’étreins,
L’heure unique et certaine, et moi, je la crois morte.

La nuit, dont la langueur ne craint plus le soleil,
L’enveloppant du bleu féerique de ses voiles,
Éteint jusqu’aux lueurs lointaines des étoiles,
Et le vin des pavots lui verse le sommeil.

O Morte que j’aimais, ô Pâleur étendue
Dans l’immobilité des néants noirs et froids,
Je n’ose t’apporter que les fleurs d’autrefois
Et mes sanglots païens sur ta beauté perdue.

Renée Vivien, Cendres et Poussières, 1902

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Cristie Cyane 08/12/2016 19:35

merci de parler de cette grande poétesse Renée Vivien. Bravo