Les grandes hystériques, la folle histoire - Bruno Fuligni

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Les grandes hystériques, la folle histoire - Bruno Fuligni

Résumé :

À travers l'Histoire, des femmes hors du commun ont vécu des aventures incroyables. Le 2ème tome de la collection Folle Histoire met en avant les grandes hystériques, ces femmes rendues célèbres par leurs crimes extraordinaires : des histoires de meurtrières, de femmes manipulatrices ou ayant eu des accès de folie, et qui ont marqué les esprits : À travers les anecdotes drôles, saugrenues, mais historiques, qui font le charme de cette collection, Les grandes Hystériques retracent d'incroyables destins de femmes racontés par des auteurs et des historiens reconnus.

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Auteurs : Bruno Fuligni, Claude Quétel, Bruno Léandri, Clémentine Portier-Kaltenbach,
Philippe Charlier...

Nombre de pages : 208
Editeur : Prisma
Collection : Folle Histoire
Date de parution : 29 janvier 2015
Prix : 17.50 euros (broché) - 12.99 euros (epub)

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Avis / Critique :

Hustera. L'utérus chez les grecs et qui donna par la suite, le mot hystérie. 
Popularisé par Jean-Martin Charcot et ses travaux à la Salpétrière, l'hystérie a souvent été assimilé uniquement aux femmes. Or, elle atteint aussi les hommes. La pathologie laissera donc la place à la névrose et recouvrera de plus larges pathologies, simples et plus complexes.

Mais ici, ce sont des cas féminins qui sont exposés. Non pas à la manière d'un pathologiste, mais à la sauce histoire. D'hystérie, d'ailleurs au sens premier du terme, il n'en est pas toujours question à travers ces chroniques qui parlent tout aussi bien de féminisme, de grandes passions, de comportements exharbés, et parfois aussi de folie.

Ce sont 55 portraits de femmes qui nous sont offerts. Certaines connues, d'autres beaucoup moins et ce sont ceux-ci qui sont les plus intéressantes, à l'instar de l'anglaise, Freeman Sherperd, qui poursuivit Robespierre de ses ardeurs, de Lady Stanhope, qui claqua la porte de la bienséance pour aller vivre en Syrie puis au Liban, finança les chantiers de Palmyre, droguée au laudanum et qui mourra de phtisie.

Parmi ces hystéristes, il y a aussi Danielle Cravenne, la femme du créateur des Césars, producteur du film, Rabbi Jacob. Danielle Cravenne qui, pour interdire la sortie du film avec Louis de Funès en protestation contre Israël, embarqua à bord du vol Paris-Nice, et détourna l'avion, armée d'une carabine 22 long rifle et d'une grenade, menaçant de jeter l'avion contre la centrale nucléaire de Pierrelatte.
Donc, vous l'aurez compris, dans ces petites histoires, certaines sont plus intéressantes que d'autres. Les unes parlent de folie, de pulsion exarcerbé quand les autres se contentent d'être de simples portraits.

Il y avait des cas qui auraient donc mérités de se voir chroniqués plus longuement quand d'autres auraient très bien pu ne pas y figurer.
A trop vouloir résumer, on enlève de la substance là où il y avait de la matière pour faire quelque chose d'intéressant.
Ce livre n'est pas le meilleur de la série, loin de là.
Une déception.

Extrait :

Sydney Owenson, devenue lady Morgan après son mariage, est une nature passionnée. C’est aussi l’un des auteurs les plus lus de son temps. Elle entretient un certain flou sur l’année de sa naissance – de 1775 à 1785 selon les sources. Son père, un acteur, est irlandais. Sa mère, une Anglaise, meurt quand elle a une dizaine d’années. Élevée à Dublin, elle reçoit l’éducation d’une jeune fille de bonne famille, en partie en français, et manifeste une grande curiosité dans tous les domaines.

Née aux débuts du romantisme, elle écrit d’abord des poèmes sur des airs traditionnels irlandais et manifeste dans ses premiers textes l’influence de Rousseau et de Goethe. Sa Sauvageonne irlandaise, qui exalte l’Irlande et ses traditions, assure sa réputation en 1806.

En 1812, elle épouse Thomas Charles Morgan, un chirurgien anobli. En 1815, son éditeur la charge d’écrire un livre sur la France d’après Waterloo. Elle séjourne plusieurs mois à Paris avec son mari en 1816. Grâce à sa réputation d’écrivain et à son insistance, elle réussit à s’introduire dans tous les salons, y compris ceux des aristocrates légitimistes. Or, ses convictions libérales sont à l’opposé des leurs.

Et quand il paraît, son ouvrage en deux volumes fait scandale. Car lady Morgan vomit littéralement la Restauration des Bourbons et ses partisans. Pourtant, ce régime a été instauré avec le soutien actif du Royaume-Uni, qui s’est donné beaucoup de mal pour débarrasser l’Europe de Napoléon Bonaparte et des séquelles révolutionnaires qu’il incarnait, à tort ou à raison, afin de restaurer le statu quo sur le continent.

En Angleterre, le directeur de la Quarterly Review l’accuse « de jacobinisme, de falsification, de licence fautive et d’impiété ». En France, les ultras qui l’ont accueillie sont scandalisés. Ils lui ferment leur porte quand elle revient à Paris en 1818. En revanche, Benjamin Constant, Mme de Staël et tous les libéraux la reçoivent avec empressement. Son ouvrage sur l’Italie, publié en 1821, aux positions tout aussi radicales, lui attire les louanges de Byron, mais il est interdit par le roi de Sardaigne, l’empereur d’Autriche et le pape. Quoi qu’il en soit, en 1837, le gouvernement britannique lui alloue une pension annuelle de trois cents livres « en reconnaissance des services rendus au monde des lettres ». Elle est la première femme à bénéficier de cette faveur.

A lire dans la même collection et chroniqué sur le blog : Les aristos du crime

 

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Publié dans Histoire

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