Les tribulations d'une cuisinière anglaise, de Margaret Powell

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Les tribulations d'une cuisinière anglaise, de Margaret Powell

Résumé :

Dans l'Angleterre du début des années 1920, la jeune Margaret rêve d'être institutrice, mais elle est issue d'un milieu modeste et doit " entrer en condition ". De fille de cuisine elle devient rapidement cuisinière, un titre envié parmi les gens de maison. Confinée au sous-sol de l'aube à la nuit, elle n'en est pas moins au service de " ceux qu'on appelle "Eux" ", des patrons qui ne supporteraient pas de se voir remettre une lettre par un domestique autrement que sur un plateau d'argent. Elle saura leur tenir tête et rendra souvent son tablier pour améliorer ses conditions de travail.

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Auteur : Margaret Powell
Nombre de pages : 248
Edition : Payot
Collection :  PR.PA.GF.DOC
Date de parution : 10 avril 2013
Prix : 10.38 euros (broché)  - 8 euros (poche)

 

Avis / Critique :

Enfant, Margaret Powell vivait dans un quartier pauvre de Londres avec sa fratrie et ses parents. C'est tout un pan de l'histoire des gens de basse condition, de la société anglaise, que Margaret nous invite à découvrir dans son ouvrage. Avec un parler franc, sans fioriture, presque enfantin, le lecteur voit se dessiner à travers les lignes esquissées, la vie d'alors, les jeux des enfants qui attendaient avec impatience, le cirque, la séance de cinéma. Des parents qui passaient des heures au pub après le travail pour oublier la dureté de leur existence. Des femmes qui emmenaient des vêtements, des biens, au mont-de-Piété  le lundi, pour avoir de quoi vivre la semaine.

Puis nous passons à ses premiers emplois, dès l'âge de 11 ans.
À cette époque, les enfants travaillaient pour aider à subvenir aux besoins de la famille. Le père, partit à la guerre, la maisonnée peine à survivre et Margaret Powell nous décrit les matinées, où, levée à 6 heures du matin, elle part chercher du charbon, ou un morceau de pain.

Ses premiers engagements, seront dans une boutique de bonbons, puis, à la blanchisserie, mais, arrivée à l'âge de 15 ans, Margaret coûte trop cher à son employeur, qui la renvoie alors.
Sa mère décide donc qu'elle sera placée en condition dans une maison. Elle y deviendra aide-cuisinière. Sa carrière débute alors. A travers les différentes places occupées, c'est la vie des maisonnées, de la plus riche à la petite-bourgeoise qui nous est narrée. Non seulement, Margaret Powell nous permet de partager ses pensées d'alors, ses travaux, ses anecdotes, mais aussi de découvrir quelques faces cachées des employeurs. On y voit des nobles, très humains et attentionnés pour leur personnel et des bourgeois, au contraire, qui n'accordaient pas le moindre égard à leurs gens de maison, les exploitant même au maximum, jusqu'à leur faire faire les tâches les plus ingrates. Puis, Margaret finit par se marier. Elle quitte donc son statut d'employée pour devenir femme et mère au foyer. Quand elle a le loisir de retrouver ses fonctions en tant qu'indépendante, des années plus tard, après la guerre, elle se rend compte à quel point le monde qu'elle connaissait à changé. Ces mêmes patrons qui l'employaient n'ont plus les moyens d'antan. Les impôts sont passés dorénavant par là. Les moyens ont baissé, le nombre des employés avec eux.

Si vous avez aimé Downton Abbey, si vous aimez l'Angleterre du début du 20ème siècle, alors ce livre est fait pour vous. Parfois simpliste dans les propos (la narratrice n'a reçu qu'une éducation scolaire relative), le livre est, en tout cas, attendrissant ; et nous permet de découvrir tout un pan des niveaux de la domesticité d'alors ainsi que des petites mains qui s'acharnaient à tenir les maisons de leurs employeurs. Ce livre est une succession d'anecdotes, de souvenirs, où prime souvent beaucoup d'amertume pour un monde qui n'inspirait à Margaret Powell que peu de regrets. C'est la pauvreté, souvent, qui nous y est décrite plus que la richesse. Une pauvreté de classe. Mais dans cette pauvreté, il en ressort beaucoup d'humour, parfois de la sagesse, un combat journalier de l'envie de quitter sa condition et, surtout une peinture de la grande bourgeoisie qui n'est pas tendre. Tout comme ne sont pas tendres, les rapports entre la domesticité, parfois.

Margaret Powell a su faire son petit bonhomme de chemin, en ne restant pas au service d'une maison, mais au contraire, en en changeant souvent. C'est ce qui lui a permis de passer du statut d'aide cuisinière à cuisinière, assez rapidement. Dans ses phrases, il n'y a pas de fioriture. Le discours est livré tel que l'impose la pensée. C'est ainsi que je l'ai dit un peu plus haut, un tantinet enfantin, car accentué par des "on". Mais un ton différent aurait rendu ce livre moins plaisant à lire. Là, nous sommes plongés dans le monde de la différence de classe et c'est exactement ce qu'il y fallait en matière d'approche phrasée.

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Extrait :
 

Je crois bien qu’un des moments les plus pénibles ç’a été quand j’ai fait la connaissance de tous les domestiques, et pourtant il n’y en avait pas tant que ça comparé à d’autres maisons où j’ai travaillé après. Il y avait un majordome, une femme de service au lieu d’un valet de pied, une femme de chambre et une aide-femme de chambre, une gouvernante, un jardinier-chauffeur, la cuisinière et moi.

La première chose qu’on m’a montrée, avant même que je m’assoie pour le thé, c’était une liste de tout ce que devait faire la fille de cuisine. Quand je l’ai lue j’ai cru qu’on s’était trompé : il y avait bien du boulot pour six !

La liste commençait par : se lever à cinq heures et demie (six heures le dimanche), descendre au sous-sol, nettoyer les conduits, allumer le feu, passer le fourneau à la mine de plomb – soit dit en passant, pour faire ça on n’avait pas de produit liquide dans une jolie boîte, on avait un vieux morceau tout dur de mine de plomb qu’il fallait mettre dans une soucoupe avec de l’eau avant de se coucher le soir ; comme ça il trempait toute la nuit pour donner une espèce de pâte qu’on pouvait passer sur le fourneau. Moi je ne savais pas tout ça. Le lendemain matin j’ai essayé de me servir du morceau de mine de plomb ; je croyais qu’il fallait frotter le fourneau avec. Personne ne m’avait rien dit. Tout le monde partait du principe que je savais, je me demande bien pourquoi.

Après je devais briquer au papier de verre le pare-feu en acier (qui sans exagérer faisait bien un mètre vingt de long) et les accessoires de cheminée : une énorme pelle, des pincettes et un tisonnier en acier. Je devais aussi astiquer les décorations en cuivre de la porte d’entrée, récurer les marches du perron à la brosse, nettoyer toutes les chaussures et mettre la table du petit déjeuner pour les domestiques.

Tout ça, il fallait que ce soit fait avant huit heures du matin. Et ce que je devais faire pendant le reste de la journée, après le petit déjeuner, ça faisait une de ces listes ! Je n’en avais jamais vu une aussi longue.

Alors entre l’uniforme, le bonnet, mes cheveux et la liste, quand en plus Mary m’a dit : « Viens prendre le thé et faire la connaissance de tout le monde », j’ai vraiment cru qu’il ne pouvait rien m’arriver de pire.

J’étais au fond du trou. Je me suis demandé comment ma mère avait pu me faire venir ici en m’assurant que maintenant c’était mieux, que le boulot était moins dur, qu’on avait plus de temps libre et qu’on était mieux considéré.

Je suis donc entrée dans la salle des domestiques, et quand je dis que j’ai fait leur connaissance n’allez pas croire qu’on m’a présentée. Personne ne se donne la peine de présenter une fille de cuisine. Ils m’ont juste regardée comme une bête curieuse. Quelqu’un a dit :

« Elle a l’air assez costaud. »

Et croyez-moi, ça tombait plutôt bien que je sois costaud !

Je me suis assise pour le thé, et je ne sais vraiment pas comment j’ai fait pour manger avec tous ces regards fixés sur moi. Heureusement, mes parents m’avaient appris les bonnes manières à table.

Je n’avais pas encore rencontré la cuisinière parce qu’elle était au cinéma. Elle avait beaucoup plus de temps libre que n’importe qui ; elle pouvait sortir tous les après-midi, du moment qu’elle rentrait à temps pour préparer le dîner. Naturellement, c’était elle que j’avais le plus hâte de rencontrer, vu que c’est avec elle que j’allais passer le plus de temps.

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