Les femmes qui aiment sont dangereuses, de Laure Adler

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Les femmes qui aiment sont dangereuses, de Laure Adler

Résumé :

A l'origine était la femme, plurielle par nature, tour à tour objet d'amour, de fascination et de crainte. De la Vénus de Willendorf, image d'un idéal féminin tout-puissant, à la Mariée de Niki de Saint-Phalle, offrant le regard de la femme artiste sur sa propre destinée, la quête de l'éternel féminin jalonne l'histoire de l'art depuis les temps les plus anciens. Figures mythiques et tutélaires, les héroïnes amoureuses, d'Eve à Rita Hayworth et de Bethsabée à Camille Claudel, se révèlent brutales ou tendres, ambitieuses parfois, mais toujours ensorceleuses : dangereuses pour les autres et pour elles-mêmes.

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Auteurs : Laure Adler et Elisa de Halleux
Nombre de pages : 155
Edition : Flammarion
Date de parution : 2009
Prix : 29.90 euros (broché)

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Avis / Critique :

La femme aimée, mais décriée le plus souvent à travers les âges. Etre sans âme, sans pensée, pervertie, incapable de ressentir et tout juste bonne à enfanter et servir de faire valoir à l'homme.

Et pourtant, la femme a servi les arts, la peinture, l'écriture, le cinéma, le théâtre. Sans elle, combien de tableaux n'auraient pu voir le jour ? Qui se souviendrait de Léonard de Vinci sans la Joconde ? Que serait Jésus sans Marie ? Roméo sans Juliette ? Adam sans Eve ? Dali sans Gala ? Arthur Miller sans Anaïs Nin ?

La femme a-t-elle le droit d'aimer, de s'aimer, de vivre sa sexualité sans en être un objet pour l'homme ? D'ailleurs comment aime-t-elle cette femme ? Passionnément souvent. A travers le regard de quelques-unes d'entre elles, Laure Adler et Elisa de Halleux apportent leur contribution au mouvement féminin en agrémentant leur plume, leurs commentaires, par des illustrations à la manière d'une galerie que l'on visiterait.

Ce n'est pas un roman, ce n'est pas une biographie, ce sont juste des pincées d'amour distillées au fil des pages, à la femme du monde, passée, présente, et future.

Des portraits de femmes traités par deux femmes, parfois passionnément, d'autres fois moins, ce qui rend l'ouvrage malheureusement inégal.

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Extrait :

LES FEMMES À CŒUR D’HOMME

Ainsi des femmes dites « à cœur d’homme » vivant au Canada : certaines Indiennes de la tribu Piegan, décrites par Oscar Lewis en 1941, ont un comportement particulier, totalement reconnu dans cette société pourtant parfaitement patriarcale. Leur idéal féminin n’en est pas moins tissé de douceur, de soumission et d’humilité. Mais une poignée d’entre elles parmi les plus âgées interviennent en public comme les hommes, assistent aux mêmes cérémonies qu’eux. Mieux : elles accomplissent leurs tâches de manière plus efficace que les hommes – y compris leurs maris – et peuvent leur interdire d’entreprendre des actions car, par définition, elles savent qu’ils leur sont inférieurs. De plus, elles ont beau être vieilles et, le plus souvent, avoir été mariées plusieurs fois, la société dans laquelle elles vivent les pense toujours actives sexuellement et non conventionnelles dans leur choix amoureux. Elles possèdent le droit, de la même manière que les hommes, d’organiser les danses du soleil et de participer aux jugements par ordalie. Comme le souligne Françoise Héritier, elles possèdent « la force ».

Les femmes amoureuses sont dangereuses, car elles peuvent perturber par la force de leur désir le déséquilibre dit naturel qui s’est instauré entre les deux sexes depuis l’aube de l’humanité et on les sent capables de parvenir quelquefois à le rétablir ou même à l’inverser.

Une femme amoureuse en vaut cent. Par sa puissance sexuelle et son intelligence du cœur, elle peut, en se donnant à celui qu’elle a choisi, le capturer dans les rets de son désir et faire de lui son égal, voire son esclave. Le désir de la femme a toujours été perçu, et sous toutes les latitudes, plus fort, plus ensorcelant, plus mystérieux que le désir des hommes.

Louise Bourgeois peut être rangée dans la catégorie des femmes dites « à cœur d’homme », elle qui affirme à propos de son travail : « Ce n’est pas une image que je recherche. Ce n’est pas une idée. C’est une émotion qu’on veut recréer, une émotion de désir, de don, de destruction. » Après trente ans d’isolement, la voilà médiatisée à outrance et reconnue comme l’une des artistes les plus audacieuses, ayant travaillé bien avant l’émergence du féminisme dont elle se proclame l’ardente militante sur des sujets aussi importants qu’interdits aux femmes historiquement et politiquement : le corps, l’organique, le trans, le sexuel. Louise a inversé la tendance et s’est auto-attribué des caractéristiques qu’elle a malicieusement dérobées aux hommes : pensons à son Self Portrait, daté de 1942, où le bas du visage ainsi qu’une partie de son cou sont recouverts d’une barbe. Marie-Laure Bernadac, dans son ouvrage approfondi sur cette œuvre, le classe dans ce qu’elle nomme « les images originelles». Louise se peint ainsi alors qu’elle est encore une jeune femme – elle a trente-trois ans – sous les traits d’une androgyne sans âge ayant réussi, par l’art, à transcender le sexe et le temps : une Louise Bourgeois devenue éternelle.

 


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