Identités contraires, de Olivia Cattan

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Identités contraires, de Olivia Cattan

Résumé :
À Vlora, en plein coeur de l’Albanie, huit jeunes femmes sont retrouvées mortes dans une décharge publique. Grimées comme des poupées de porcelaine, elles ont été violées et scarifiées.
Au même moment, Adrian Shek, architecte réputé rentre de son voyage à Tirana où il était allé inaugurer sa dernière réalisation. Celui que l’on surnomme « l’architecte fou » n’est pas tout à fait comme les autres. Il est autiste asperger et son érudition accompagnée d’un humour décalé font de lui un invité régulier des médias. Mais lors de sa rencontre avec la journaliste Sarah Keller, tout bascule. 

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Auteur : Olivia Cattan
Nombre de pages : 272
Editeur : HC Editions
Collection : Roman
Date de parution : 13 octobre 2016
Prix : 19 euros (Broché) - 14.99 euros (epub)

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Avis / Critique :
Sarah est journaliste, mère de famille, femme délaissée par son mari. L'opportunité lui est donnée d'interviewer l'architecte mondialement connu, Adrian Shek qui a la particularité d'être autiste asperger. Entre eux, le courant passe tout de suite et Sarah s'interroge quand elle retrouve, posé sur le canapé du café où elle vient d'interviewer l'architecte, le carnet de notes d'Adrian. A l'intérieur, une série de dates et de chiffres.
Mais qui est vraiment Adrian, justement ? Est-il vraiment celui qu'il prétend être ?
Sarah va commencer à se poser des questions sur l'homme quand son ami et employeur, Georges, se fait assassiner avec brutalité. Va s'ensuivre alors une enquête qui va mener la journaliste et mère de famille au cœur des arcanes du pouvoir albanais, mêlant mafia, espionnage israélien, meurtres et attentats...
Si Adrian possède un passé trouble, qu'en est-il de Sarah, l'héroïne de l'histoire ?

L'auteur, Olivia Cattan est journaliste, a suivi des études en psychologie et a un fils autiste. Autant dire que le sujet de l'autisme, elle connaît. Et pour en parler, elle a choisi de poser le thème au travers d'un polar mâtiné d'espionnage. En fait, l'autisme n'est qu'un facteur minime de l'histoire même si il y tient une place importante dans le trait de caractère de l'un des principaux protagonistes.
Non, ce qui façonne vraiment le livre d'Olivia Cattan, c'est sa capacité à emmener le lecteur là où il ne s'y attend pas. Elle distille les indices, tout du long, et si pour une part, le lecteur comprend à la moitié du livre qui est Adrian, il tombe de sa chaise en comprenant qui est Sarah.
Tout est très bien mené, les personnages sont singuliers, parfois trash dans leurs attitudes, mais c'est ce qui fait en définitive, le charme d'Identités contraires.

On sent qu'Olivia Cattan s'est totalement investie dans son roman, aussi bien dans la trajectoire à lui donner que dans l'élaboration de la trame et des caractéristiques voulues pour ses protagonistes. Grâce à cela, elle parvient malgré parfois une écriture qui retombe légèrement, mais qui se révèle efficace sur le fond, a entraîner  le lecteur dans cette toile savamment tissée. Si bien, que pour prolonger la lecture, il ne faut pas oublier de lire la note de l'auteur, le temps d'émerger de cette aventure haletante.
Une belle réussite que je recommande vivement et que j'ai lu jusqu'à la dernière ligne des remerciements.
Un livre mené tambour battant sans fioriture. Prenant.

Je remercie Agnès Chalnot, d'Agnès Chalnot Communication de m'avoir fait découvrir ce roman.

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Extrait :
Le retour vers Paris semblait interminable, mais Sarah en avait profité pour parler d'Adrian Shek au commissaire, en cachant volontairement l'histoire du carnet. Elle ne l'avait toujours pas rendu et n'avait pas l'intention de le faire. Et Mose aurait probablement essayé de l'en dissuader. Elle s'était donc contentée de lui raconter brièvement l'interview et le déjeuner, en insistant sur la violence dont l'architecte avait fait preuve avec sa gouvernante. Elle s'apprêtait à évoquer son comportement inapproprié devant l'église lorsque le commissaire l'interrompit brutalement.
-- Les journalistes, déclara-t-il d'un ton condescendant, les femmes en particulier, exagèrent toujours tout. Bien sûr, son attitude vis-à-vis de cette employée est inacceptable, mais ce n'est peut-être qu'un dérapage malheureux et probablement un acte isolé ! Il paraît que certaines personnes autistes peuvent avoir des accès de violence lorsqu'elles perdent le contrôle. Au regard de son parcours exemplaire, cet homme mérite tout notre respect, Sarah.
-- Notre respect ! Ce sale type a tapé sur une vieille dame, et selon vous, sa réussite professionnelle lui donnerait une sorte d'impunité ! La violence sur autrui est pourtant un délit pénal ! Vous devez absolument faire quelque chose pour elle commissaire !
-- Vous l'a-t-elle demandé ? Avez-vous remarqué d'autres marques indiquant qu'elle était maltraitée ?
-- Non, nous ne sommes même pas parlé. Et à part une vieille cicatrice sur sa main, en effet, je n'ai rien vu. Mais cela ne veut pas dire grand-chose !
-- Je pourrais retourner la voir pour en savoir plus, et l'inciter à le faire.
-- Ecoutez, je vous aime bien, et je n'aimerais pas que vous vous mettiez dans une position délicate. Je pense qu'il vaut mieux oublier tout ça. Rentrez chez vous, faites votre deuil et profitez de votre famille.
Devant l'air désemparé de Sarah, le commissaire lui confia qu'il y avait déjà eu des enquêtes très poussées sur Adrian Shek et que son dossier était parfaitement limpide. Il lui laissa même entendre qu'il appartenait à une loge maçonnique très puissante en ajoutant immédiatement qu'elle devait garder tout ça pour elle, et qu'il ne pouvait pas lui en dire plus.
Sarah demeurait dubitative. Le fait d'appartenir à la franc-maçonnerie ne changerait rien à l'immoralité de son comportement. De plus, l'architecte était suffisamment intelligent pour arriver à paraître aux yeux des autres celui que l'on voulait qu'il soit. Elle-même était tombée sous son charme lors de leur première rencontre.
Peu importe ! Puisque le commissaire ne voulait pas agir, c'est elle qui ferait le nécessaire. Elle retournerait voir la gouvernante afin de prendre de ses nouvelles et l'inciterait à porter plainte contre Adrian Shek.
Une fois arrivés à Paris, au moment de se séparer, le commissaire fit de nouveau un baisemain à Sarah, ce qui la fit sourire. Malgré leurs désaccords, Sarah l'aimait bien, le trouvant empathique et protecteur, qualités qui l'emportaient sur son côté frileux, pontifiant et quelque peu sexiste. Entre ses manières d'un autre temps, sa façon de s'habiller, sa chevalière et ses cigarillos, Eric Mose était un drôle de flic !

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