Les rustiques, de Louis Pergaud

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Les rustiques, de Louis Pergaud

Résumé :

Un ensemble de nouvelles villageoises où sont croqués les paysans de son plateau avec une précision qui n'a d'égal que le talent de la mise en scène. Toute la vie franc-comtoise, dans ses aspects les plus divers et les plus cocasses, est évoquée humoristiquement. Les personnages sont vrais, ni enjolivés, ni enlaidis, à peine transposés. Dans quelques nouvelles, nous retrouvons les héros de «La Guerre des boutons», Camus, Lebrac, Grangibus et autres.

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Auteur : Louis Pergaud
Nombre de pages : 176
Editeur : Les Editions de Paris-Max Chaleil
Collection : Littérature
Date de parution : 22 septembre 2011
Prix : domaine public
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Avis / Critique :

Principalement connu en tant qu’auteur de la guerre des boutons, Louis Pergaud excellait à croquer le portrait des paysans des petits villages de sa Franche-Comté natale. C’est qu’il les a longuement côtoyés puisqu’il était instituteur dans ces mêmes villages, avant de monter à Paris pour connaître la carrière d’homme de lettre que l’on sait.

Les rustiques est un recueil de nouvelles publié à titre posthume, en 1921, Pergaud étant prématurément décédé au cours de la première guerre mondiale. Dans ce livre, on trouve pêle-mêle des histoires de paysans faisant la tournée des auberges, de contrebandiers qui se font pincer, de cocufiage d’un vieillard marié à une jeune femme, de gamins chassant les grenouilles et de pleins d’autres tableaux. Il faut ajouter qu’à part dans les histoires mettant en scène les enfants, le vin coule abondamment dans tous les gosiers. Il faut croire qu’à l’époque l’air de la Franche-Comté devait être très assoiffant ...
 

Tout au long de ces courtes nouvelles, on retrouve la même truculence que dans "La guerre des boutons". Les paysans sont souvent roublards ou feignants, les hommes peuvent prendre des cuites pendant plusieurs jours, les femmes - à qui incombent toutes les corvées de la maison – s’aigrissent à force de subir l’irresponsabilité de leurs maris, les gamins front ce que font tous les gamins du monde : des bêtises. On retrouve même certains des personnages de la guerre des boutons : Lebrac, Camus, Tintin, Grand gibus

L’auteur raconte tout cela dans un style simple et gentiment satirique. On sent bien qu’il éprouve une grande tendresse pour tout ce petit monde.

La plupart des nouvelles sont courtes. Certaines même très courtes se terminent sur une chute, plus ou moins drôles. On trouve aussi, petite curiosité, une mini pièce de théâtre.

Malheureusement, cette brièveté est souvent frustrante : on aimerait voir certains personnages ou certaines situations plus creusées. A peine le portrait est il esquissé que la nouvelle se termine. De plus, la façon dont sont classées les nouvelles est assez déséquilibrée : les plus courtes sont plutôt au début, les plus longues vers la fin, par exemple.
 

C’est la limite de l’oeuvre posthume : on devine que si l’auteur avait pu compiler les œuvres lui-même, il en aurait peut être ajoutées ou enlevées, il en auraient sûrement étoffées certaines et choisi un ordre plus judicieux.

Ces quelques réserves n’empêchent pas de prendre beaucoup de plaisir à lire ce recueil. Et il ne faut pas snobber la préface qui raconte de façon émouvante les derniers jours de Pergaud.

Critique faite par Evil.g

Extrait :

Le curé de Melotte paissait depuis trente longues années le petit troupeau que le Seigneur, par l’intermédiaire de son archevêque, Jacques-Marie-Adrien-Césaire-Fulgence Mahieu, avait commis à sa garde.

Il avait marié les vieux, baptisé les jeunes, enterré les aïeuls, catéchisé des générations de moutards et malgré ses soins vigilants et sa ferme douceur, malgré toutes ces qualités, dis-je, et d’autres encore, il avait vu – son Dieu savait avec quels serrements de cœur – la foi baisser lentement comme l’eau d’un vivier dont la source est tarie, et son église, sa chère petite église, se vider peu à peu chaque dimanche.

Il savait pourtant qu’il n’était pour rien dans ce malheur des temps et qu’un pareil et désolant malaise sévissait dans les paroisses d’alentour et même ailleurs et presque partout.

L’indifférence en matière de foi était devenue de règle, car d’hostilité on n’en sentait point trop encore ; à peine sourdait-elle, peut-être, dans quelques propos sacrilèges que les mauvaises langues : francs-maçons, libres-penseurs, anarchistes, parpaillots, ennemis déclarés de Dieu et de ses ministres, brebis galeuses fort rares heureusement dans son troupeau, s’essayaient malicieusement dans l’ombre à propager.

Car si ses paroissiens préféraient aux flots de son éloquence dominicale et sacrée déversée ex cathedra ou jetée simplement de la table de communion, le plaisir plus positif de la partie de quilles et de l’apéro sous la tonnelle de l’ami Nestor, dit Castor, aubergiste patenté, il n’en était pas moins vrai qu’aux grands dimanches, à Pâques, à la Pentecôte, à la Fête-Dieu, voire à la Saint-Pierre, fête patronale, ainsi qu’à l’Assomption, à la Toussaint et à Noël, tous les hommes, jeunes et vieux, avec les femmes et les enfants, se trouvaient là, au grand complet.

De même si beaucoup, si la plupart, pour ne pas dire tous, négligeaient depuis de longues années leur devoir pascal, il ne s’en trouvait pas un qui, à l’heure dernière, n’appelât à son chevet ce brave vieux bougre qui les avait vus vivre et les avait aidés en tout temps de ses bons conseils et de ses encouragements amicaux.

Le curé de Melotte était donc encore universellement aimé et respecté : n’était-il pas un des plus vieux du village et des plus anciens de la paroisse ! Mais il n’était plus craint. Ses foudres de carton, ses tonnerres lointains, l’évocation des bûchers infernaux, la promesse des félicités paradisiaques dans un éden, somme toute, passablement morne et fort problématique, ne faisaient plus guère frémir que quelques vieilles dévotes et les gosses de neuf à onze ans qui, sous sa paternelle férule, préparaient, plus ou moins sagement, leur première communion.

Ce n’était pourtant pas que ses conseils fussent mauvais ni que ses défenses fussent exagérées ; il ne s’était jamais permis, comme beaucoup de ses collègues, d’interdire aux jeunes, voire aux adultes et aux vieux, si ça leur disait, de danser à leur saoul le soir de la fête patronale et même tout autre dimanche quand la moisson était abondante ou que la vendange était bonne ; de même il n’avait jamais gardé rancune à un cultivateur ou à un vigneron qui avait pris, par hasard, et sans la lui demander, l’autorisation de travailler les jours habituellement consacrés au Seigneur.

Il se bornait à des recommandations anodines et à des conseils mitigés : ne buvez pas tant d’apéritifs, un verre de bon vin fait beaucoup plus de bien ; ne dites donc pas de gros mots devant les enfants, ils ont bien le temps de les apprendre tout seuls ; à quoi sert de se disputer et de s’en vouloir, nous n’avons déjà pas tant de jours à passer sur terre !

 

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