Bernard Maris expliqué à ceux qui ne comprennent rien à l'économie

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Bernard Maris expliqué à ceux qui ne comprennent rien à l'économie

Résumé : « Il était animé d’une flamme dès qu’il parlait d’économie, car pour lui, parler de l’économie, c’était parler de l’homme, de la vie des gens, de ce dont les gens ont besoin », se plaît à nous rappeler Gilles Raveaud, disciple, collègue et ami de Bernard Maris.
Bernard Maris était un économiste original. Original, car il redonnait sa juste place à l’humain au sein de ladite « science économique ». Cela faisait sourire nombre de ses confrères qui le reléguaient au rang d’économiste médiatique, préférant s’appuyer sur les chiffres pour asséner leurs démonstrations. À la façon, distanciée et ironique, de Bernard Maris d’appréhender l’économie, les dessinateurs Coco, Félix, Juin, Riss, Vuillemin et Willem apportent leur touche personnelle à l’ouvrage !


Auteur : Gilles Raveaud
Nombre de pages : 304
Edition : Les échappés
Collection : Actualités
Date de parution : 30 mars 2017
Prix : 17€ (broché) - 9.99€ (epub, mobi)

Avis / Critique :
Assassiné, avec onze autres, lors de l’attentat de Charlie Hebdo, Bernard Maris y était connu sous le pseudonyme d’oncle Bernard, pseudonyme avec lequel il signait des critiques aussi décapantes que didactiques. Il animait également des chroniques sur France Inter « J’ai tout compris à l’économie ». C’est donc surtout comme vulgarisateur d’une économie de gauche altermondialiste qu’il était connu.
Mais Bernard Maris était d’abord et surtout un économiste, c’est ce que s’attache à démontrer ce livre au travers de son œuvre. Bien sûr, ce n’était pas un économiste au sens ou certains peuvent l’entendre, une science qui se prétend exact et basée sur le calcul. Pour lui, c’était une science – en était-ce vraiment une ? – au croisement de la sociologie, de la philosophie ou de la psychologie.
Tout au long de ses différents livres, il s’est attaqué à des économistes purs et durs : Adam Smith, qui n’était pas si libéral que ça, Karl Marx, dont il disait qu’il avait vu juste sur le constat de la société capitaliste mais tout faux sur ses conséquences ou encore John Maynard Keynes, qu’il admirait.
On croise également quelques auteurs inattendus, tels que Freud dont le concept de pulsion de mort peut être appliqué au capitalisme, et Michel Houellebecq, dont les personnages désabusés sont la preuve que le capitalisme peut entraîner la fin de l’humanité.
Le livre relate les différents thèmes abordés par Maris tout au long de sa carrière et de ses livres. Si il pouvait se montrer pessimiste quand il évoquait les conséquences néfastes du libéralisme, il reprenait espoir quand il évoquait l’économie du partage et de la gratuité. Pour lui, un des moments clés de l’économie en France est la libération, avec l’institution de la sécurité sociale.
Le style est à l’image de celui d’oncle Bernard, clair et didactique, même si sur la longueur il est un peu fastidieux. Afin de compenser l’aspect déprimant de certains passages, on trouve çà et là quelques dessins faits par l ‘équipe de Charlie-Hebdo qui viennent nous faire sourire. Dommage que la lecture soit polluée d’innombrables notes de bas de pages.
L’intérêt ici est de résumer une œuvre riche et d’inciter ceux qui sont intéressés par tel ou tel aspect de la pensée de Maris d’en lire le développement à la source, c’est-à-dire dans ses livres.
Un livre qui permet d’éclairer d’un jour nouveau l’œuvre de Maris en en faisant un tour exhaustif.

Critique faite par Evil.g

Extrait :

Or le capitalisme, s’il a fait la preuve de son extraordinaire capacité à produire des richesses, a également démontré sa radicale incapacité à les redistribuer, sauf lorsqu’il est fortement régulé.
Le projet capitaliste est porté, selon Labarde et Maris, par le « parti de la guerre » et ses hérauts – Alain Minc, Jean-Claude Trichet, Raymond Barre, Tony Blair… – qui, chacun à leur manière, appellent tous aux « sacrifices nécessaires » du bon peuple pour sauver l’économie nationale face aux périls – notamment asiatiques, mais pas seulement – qui la menacent.
Ce projet relègue la question sociale au second plan, comme l’atteste le pâle volet social adjoint au traité de Maastricht, et dont Labarde et Maris relèvent qu’il en renvient à faire comme si l’emploi, les salaires, la protection sociale ou les banlieues n’étaient pas des exigences prioritaires. Et sur ce chemin, l’Europe est malheureusement du côté du parti de la guerre, avec son acte unique (1986) qui généralisé la concurrence à l’échelle du continent, son pacte de stabilité (1997) qui empêche toute politique économique keynésienne, sa banque centrale indépendante des États mais pas des marchés…
Et il faut montrer la mondialisation pour ce qu’elle est : non pas un aimable commerce de marchandises à l’échelle du globe, mais le « retour à des situations d’impunité, d’opacité et d’illégalité [,,,] suite au sabordage des États-nations initié par deux docteurs Folamour que furent Ronald Reagan et Margaret Thatcher ».

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