L'embaumeur ou l'odieuse confession de Victor Renard

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

L'embaumeur ou l'odieuse confession de Victor Renard

Résumé : "Pute borgnesse ! "
Victor Renard n'eut jamais de chance avec les femmes. A commencer par sa mère, l'épouvantable Pâqueline, qui lui reprochait d'être venu au monde en étranglant son frère jumeau de son cordon ombilical. Puis ce fut Angélique, la prostituée, qui se moquait des déclarations enflammées de Victor et de sa difformité, comme de sa "demi-molle".  Victor échappe pourtant à sa condition misérable : il devient embaumeur. Avec les cadavres, au moins, le voilà reconnu...

Auteur : Isabelle Duquesnoy
Nombre de pages : 521
Edition : La Martinière
Date de parution : 17 août 2017
Prix : 20.90€ (broché)
ISBN : 978-2732483542

Rentrée littéraire 2017

Avis / Critique : Isabelle Duquesnoy a mis dix ans à écrire son ouvrage qui nous fait partager la vie de Victor Renard : un embaumeur au coeur de la Révolution française qui profite de son procès pour raconter à tous son histoire.  C'est que dès le départ, son destin ne fut pas des plus enjôleurs à cet homme au corps difforme. Dès la naissance et malgré qu'il fut enrubanné dans des langes mouillés d'eau bénite, Victor enchaina les mésaventures. Son frère jumeau meurt étranglé par son cordon ombilical, sa mère l'oblige à poser devant le peintre en deux tenues : celle du frère défunt, Isidore, qui a les plus beaux atours et les siens, gris et terne. Son père, flutiste de la paroisse se fait ouvrir la panse par des boeufs, inondant par là-même le sol de ses intestins... et rien ne va aller en s'arrangeant pour ce pauvre Victor qui s'entiche d'une fille de petite vertu, se marie pour rembourser des dettes et se sauver d'un duel, subi les remontrances de sa génitrice et les coups du sort...

Il y a de l'humour, de la causticité dans la narration d'Isabelle Duquesnoy. Il y a des clins d'oeil aussi comme en faisant apparaître Ange Pitou, journaliste et contre-révolutionnaire auquel d'ailleurs Alexandre Dumas rendra hommage en donnant son nom à un livre et à un personnage. On se régale à la lecture de ce long roman avec une mère acariâtre au langage fleuri ; un Victor à la tête penchée qui découvre le bonheur dans son métier d'embaumeur, mais qui se laisse entraîner dans des aventures qui tournent toujours mal ; des contre-révolutionnaires qui défient la convention ; les tableaux peints avec le sang des coeurs de nobles ; l'embaumement des corps explicité avec des mots crus, mais diablement intéressant ; la vie d'alors, dans la saleté, la rigueur, mais aussi dans la joie, l'entraide ou au contraire la jalousie et les petites manigances qui vont avec.

Tout cela Victor nous les fait partager sous la plume d'Isabelle Duquesnoy qui signe là, certes un roman un peu long (521 pages tout de même), mais très bien écrit, plein de gouaille, d'humour, ancré dans des faits réels de l'après-Révolution française, et avec une fin que l'on savoure.

Merci à notre partenaire, l'agence de communication : anneetarnaud.com pour la découverte de ce livre

Interview d'isabelle Duquesnoy, par ICI

Extrait :
Il m'a semblé percevoir hier soir un peu d'écoeurement dans votre assemblée. Je vous l'ai dit : l'attention que vous portez à mon récit m'encourage à vous en livrer les moindres détails.
Chaque jour, les employés rajoutent des bancs dans cette salle pour y asseoir de nouveaux curieux. Je suppose que dans la rue, dans les cafés, on colporte la nouvelle d'un divertissement gratuit, et que cette perspective d'écouter les mémoires d'un monstre fournit aux parents un prétexte de chantage : garnement, si tu n'es pas sage, tu seras privé d'audience ! Ainsi donc, je reprends, puisque tel est votre bon vouloir.
Lorsque nous fûmes de retour à l'ouvroir de Monsieur Joulia et après qu'il m'eut exprimé (avec mesure et sans s'y attarder) sa satisfaction quant à ma conduite, je regagnai la table automate ; nous y avions lâché ce matin-là un jeune cadavre et deux pintades rôties. La moche Pépette avait surveillé toutes ces chairs d'un oeil oblique.
Candidement, je m'étais cru aguerri ; je me bernais. Enfin, m'exprimer ainsi pourrait vous faire croire qu'il s'agissait de dégoût, mais non ; j'étais surtout affreusement fatigué.
La musique amoindrissant notre lassitude, on pria notre violoniste de jouer sans relâche le répertoire d'un grand compositeur de son choix. La musique console de tout et provoque en nous quelque chose de vivant, tout chaud et résolument heureux. J'en avais grandement besoin ; essayez de vous représenter la figure d'un garçonnet dévoré par les loups, rongée au point que le relief de ses traits a pratiquement disparu, du nez aux oreilles.
-- Si l'enfant avait été  une fille, déclara mon maître, on l'aurait enterrée dans un sac à lentilles sans plus de cérémonie.
Je me risquai à aborder ce qui me déconcertait depuis mon embauche.
-- Puis-je vous poser une question ?
-- Celui qui ne questionne jamais reste ignorant toute sa vie ! s'exclama-t-il en haussant les épaules.
-- Pourquoi rangez-vous des pots de confiture, un jeu de quilles ainsi qu'un balai dans le cercueil du grand salon ?
Il parut plus surpris que fâché.
-- Ah, tu as découvert ma cachette !
Il nettoya ses verres de lunettes avec un chiffon.
-- C'est couillon, mais je n'ai pas de coffre assez grand pour les ranger, et si personne ne le sait, je n'y vois point de mal.
-- Mais... les familles qui viennent se recueillir croient que leur défunt est dans ce cercueil ?
Il soupira.
Parfois oui, parfois non.Certains ne se le demandent même pas ; ils voient des fleurs , des chaises et un cercueil , et dans leur esprit bouleversé, c'est forcément le leur. Ils se précipitent ici, alors que leur défunt n'est pas encore préparé. Que veux-tu que je leur dise ? Je les laisse donc dans ce petit salon, face à leur désarroi, en proie aux plus ferventes prières, puis, lorsque leur parent est préparé, je les invite à me suivre dans l'autre petit salon où ils retrouvent leur mort , tout joli et reposé. Ils réalisent alors que l'autre pièce n'était alors pas la bonne et le soulagement fait place au questionnement.

 

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