Et vive l’aspidistra, de Georges Orwell

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Et vive l’aspidistra, de Georges Orwell

Résumé : À travers l'histoire de la descente aux enfers de Gordon Comstock puis de sa rédemption, ce roman de l'auteur de 1984 est à la fois la satire du monde où l'argent a remplacé le divin et celle de la révolte individualiste et négative. Armé d'un humour corrosif, George Orwell dénonce et ridiculise le conformisme de l'English Way of Life tel que le conçoit pour son salut un personnage qu'il traite pourtant avec tendresse.

Auteur : George Orwell
Nombre de pages : 337
Edition : Ivrea - 10/18 Folio
Collection : LITT. ETRANGERE
Date de parution : 15 novembre 1999
Prix : 12.90€ (Poche) - 20€ (Broché)
Domaine public
ISBN : 978-2851841346

 

Avis / Critique :

Cette œuvre, parmi les dernières sans vocation politique explicite écrite par le fameux auteur de 1984, est un roman cynique, grinçant et qui semblera exceptionnellement pertinent à certains sur le rapport qu’entretiennent certains humains avec la conformité. On suit les élucubrations d’un anti-héros attachant d’égocentrisme et d’antipathie, Gordon, parti en guerre contre la médiocrité du monde qui l’entoure, qu’il appelle lui-même « le monde de l’argent ». Cette médiocrité est, au fil des mots, représentée et parachevée par une innocente plante, l’aspidistra, qui semble envahir littéralement la vie de notre héros au point de devenir une menace davantage qu’un symbole.
Poète déchu et libraire par défaut, le combat que Gordon mène contre une vie normale et banale semble ridicule et perdu d’avance dès le départ ; il est trop narcissique, trop obtus. Sa déchéance, provoquée par des principes dignes d’un jeune adolescent en festival de musique nous laisse navrés et impuissants. Dans son entourage, chacun est sans talent, sans compétence, d’une effroyable normalité. Pire, on comprend rapidement que Gordon, en voulant se détacher de l’argent et des velléités matérielles finit par en être l’esclave, il est emprisonné par l’obsession à force de vouloir y échapper.
Malgré tout, nous nous attachons à ce jeune homme asocial et terriblement humain, aux prises avec les affres de la créativité et empli d’une fierté qui nous fait sourire. Il confronte le lecteur à ses propres contradictions, à ses choix idiots, à cette ambivalence entre ego démesuré et désespoir devant son travail et ses limites. Sa volonté permanente de s’extirper de la masse des gens qu’il méprise, mais son impossibilité intellectuelle et artistique à le faire semble à la fois absurde et profondément compréhensible.
Au-delà de cette description bienveillante du thème du poète maudit, George Orwell nous propose, fidèle à ses idéaux, une ode à la liberté intellectuelle, à la fois contre la société de consommation qui nous entoure et nous enferme, mais aussi face à nos propres principes et idéologies qui le font tout autant. C’est cette dualité permanente entre la contrainte de la société et la contrainte de sa pensée qui donne à Gordon, et à ce livre, toute sa force et sa profondeur.

Critique faite par Albane

Extrait :

« L’aspidistra était mort une semaine auparavant et se desséchait debout dans son pot. Il sortit un pied déchaussé de dessous la courtepointe, le leva en l’air et le regarda. Sa chaussette était toute trouée – il y avait plus de trous que de chaussette. Le voici donc, Gordon Comstock, étendu sur un lit loqueteux dans une mansarde de taudis, les pieds passant par les trous de ses chaussettes, n’ayant qu’un shilling et quatre pence au monde, avec trois décades derrière lui et n’ayant rien mené à bonne fin, rien ! Maintenant, il n’était sûrement plus récupérable. Ils auraient beau faire, ils ne pourraient sûrement le faire sortir de force d’un trou comme celui-ci. Il avait désiré atteindre la boue – eh bien, ceci c’était bien la boue.

Pourtant il savait qu’il n’en était pas ainsi. Cet autre monde, le monde de l’argent et du succès, est toujours si singulièrement proche. Vous n’y échappez pas simplement en cherchant refuge dans la saleté et dans la misère. Il avait été effrayé, tout autant qu’irrité, quand Rosemary lui avait parlé de l’offre de M. Erskine. Ça rapprochait tellement le danger de lui ! Une lettre, un message au téléphone, et de cette crasse il pouvait, d’un pas en arrière, revenir directement dans le monde de l’argent – revenir aux quatre livres par semaine, revenir à l’effort et aux convenances et à l’esclavage. Se damner n’est pas si facile qu’il semble. Parfois votre salut vous poursuit en bas comme le chien du ciel. »

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