Filles à papa, de Lorraine Kaltenbach

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Filles à papa, de Lorraine Kaltenbach

Résumé : De la fille bigote de Molière à celle de Raspoutine, dompteuse de lions dans un cirque ; du laideron du marquis de Sade à la passionaria écologiste orpheline du sénateur McCarthy ; des pères et filles idolâtres que sont Talleyrand ou celui de Lady Gaga aux pères minables comme Trotski, Orson Welles et Albert Einstein, ou prêts à tous les reniements comme Jaurès ; l'extrême diversité de la relation père-fille, l'obscurité qui l'enveloppe, jette sur ce lien invisible bien des complications et des mystères.

Auteur : Lorraine Kaltenbach
Nombre de pages : 366
Edition : Flammarion
Collection : ARTHAUD - COLL
Date de parution : 6 mai 2017
Prix : 18.50€ (Broché)  - 12.99€ (epub, mobi) - 14.44€ (occasion)
ISBN : 978-2081408074

 

Avis / Critique :
C'est le genre de petit livre bien sympa qui ne demande pas une attention folle et une concentration de tous les diables que nous offre ici Lorraine Kaltenbach avec son ouvrage "Les filles à papa" truffé d'anecdotes.
Quatre-vingts portraits passés au vitriol et rangés en sept grandes catégories, elles-mêmes scindées en sous-catégories. On trouvera de tout dans cet ouvrage : des papas poules, des enfants illégitimes, des orphelines, des filles idolâtres ou l'inverse...
Certaines histoires sont plus intéressantes que d'autres (tout dépend de quel point de vue on se présente bien entendu) et apporteront des informations sur les personnalités de ces filles devenues célèbres ou non et de leurs parents. Tous les sentiments y passent : amour, haine, trahison, indifférence, voire pour certains  un désir incestueux caché.

Parmi les filles à papa, on trouve Edda Goering, enfant blonde de son nazi de père, Herman. Goering n'aime pas les juifs, mais adore sa progéniture à qui il ne peut rien refuser. Il en est même son esclave consenti. Edda est son mini-lui et l'enfant n'est pas que choyé par ce père, mais aussi par toute la Werchmacht qui lui offrira une copie du château de Sans-Souci, la résidence d'été de Fréderic II. La fin de la guerre arrivant, le rêve de princesse périclitera. Son père se suicidera dans sa cellule et la petite deviendra assistante médicale. 
Un autre père tout aussi inattendu : Charles de Talleyrand-Périgord. Le ministre de Louis XVI, puis de Louis-Philippe, puis de Napoléon. Celui qui retournait sa veste plus vite que son ombre, incroyable bretteur politicien qui ne faisait de cadeau à personne, n'aura connu qu'une vraie passion, sa fille adoptive, Charlotte. C'est la seule personne qui pouvait le déranger même en conseil, et à qui il pardonnait tout ou presque.
Et puis il y a les autres comme Bardot, fille de petit bourgeois, dont les parents préféraient que l'éducation soit faite par les nurses et qui négligeaient un tantinet leur progéniture. Le père à qui une voyante avait prédit que son nom ferait le tour de la planète s'échinait à trouver l'invention qui le porterait sur le devant de la scène. La voyante avait raison, il s'agissait bien du nom, mais pas de la bonne génération. C'est Brigitte qui fera connaitre son nom au reste du monde.
Il y a celles qui haïssent, à l'instar de la fille de Castro qui n'aura jamais de mot assez dur une fois qu'elle aura trouvé le chemin de Miami, pour son Fidel de père.
Et puis le livre continue avec les filles de Youri Gargarine, d'Henri Matisse, de Léon Tolstoï... 

Lorraine Kaltenbach nous emmène donc dans les tribulations générationnelles de grands hommes de l'histoire et de leurs progénitures. Cela se lit vite, bien, parfois il y a quelque problèmes de compréhension par manque d'une virgule ou deux, mais cela n'enlève rien à l'ouvrage qui se parcoure somme toute facilement.
 

Extrait :
Esprit Madeleine Poquelin (1665-1723) et Molière (1622-1673)

Molière aura de son mariage avec Armande Béjart trois enfants : Louis, filleul du roi Louis XIV, qui ne vivra que dix-neuf mois ; Pierre, disparu à dix jours ; et, entre ces deux fils, Esprit Madeleine, la seule enfant qui lui survivra, sans toutefois laisser de postérité.

Jeune homme, Molière admirait les bateleurs et bonimenteurs du Pont-Neuf. Sa fille passera la première partie de sa vie cloîtrée dans un couvent. Il sera critiqué pour son impiété, interdit d’enterrement chrétien, sa dépouille inhumée de nuit sans pompe ni apparat dans une fosse commune. Elle mènera une vie de dévote auprès d’un organiste d’église. Il connaîtra les routes et la vie aventureuse des troupes ambulantes. Elle cantonnera son existence à Paris et ses faubourgs. Il sera regardé comme l’esprit du Grand Siècle, le prince des poètes comiques. Elle ne goûtera que les charmes 

étriqués de la vie paroissiale. Molière deviendra l’auteur le plus connu de notre pays. La postérité oubliera jusqu’à l’existence d’Esprit Madeleine Poquelin.

Molière et sa fille, c’est l’histoire d’une paternité avortée, deux destins que tout oppose, hormis d’avoir été tous deux des orphelins sans prédisposition au bonheur familial.

On ne peut qu’être effrayé de la solitude de celui qui ne s’appelle encore que Jean-Baptiste Poquelin. À 11 ans, il a perdu son grand-père paternel, sa mère, deux de ses six frères et sœurs, et grandira à côté d’un père qui semble dur et indifférent. S’il s’associe avec quelques jeunes gens qui ont du talent sur les planches, c’est certes par amour pour sa maîtresse, Madeleine Béjart, mais aussi pour trouver une famille. Pendant les quinze années d’errance où il tourne dans les campagnes, il va vivre au plus près de sa troupe.

Mais la raison ne règle pas l’amour, et les jaloux, toujours, tombent amoureux de celles qui les feront souffrir… L’amusement que Molière trouve à jouer avec Armande, la petite de Madeleine, va bientôt se muer en amour violent. Le 20 février 1662, le comédien épouse Armande Béjart, de vingt ans sa cadette. Les infortunes domestiques du poète débuteront deux ans plus tard. C’est à Versailles que son bonheur conjugal recevra, dit-on, de « mortelles atteintes ». Molière, le peintre des maris trompés, n’aura plus qu’à s’observer et à dépeindre son propre supplice.

Le plus grave n’est pas là. Les mauvaises langues, si nombreuses chez ses rivaux de la troupe de l’Hôtel de Bourgogne, accusent Molière d’avoir épousé non seulement la 

fille de Madeleine, mais sa propre fille. Esprit Madeleine a-t-elle eu vent de ces ragots infamants ? Des personnes malintentionnées lui auront probablement parlé du libelle intitulé Les Intrigues de Molière et celles de sa femme ou la Fameuse Comédienne ?

Quand l’homme de scène meurt, le 17 février 1673, Esprit Madeleine, âgée de 7 ans et demi, est placée au couvent des Dames de la Conception, rue Saint-Honoré à Paris. Elle mène jusqu’à 24 ans une existence de recluse, comme dans un tombeau. Elle restera dans l’ombre toute sa vie, entourée d’un profond silence, sans doute embarrassée par son statut de fille de saltimbanques, et n’espérant qu’une chose : échapper à toute influence de sa famille, aux bonheurs distrayants et pleins de rebondissements d’une autre vie, qui n’était pas et ne serait jamais la sienne.

Le temps de régler un contentieux avec sa mère et tutrice, qui semble trouver bien doux de vivre sur l’héritage que Molière a laissé à sa fille, et Esprit Madeleine disparaît. On retrouve sa trace à l’occasion de son mariage « automnal ». À 40 ans, Mlle Poquelin épouse Claude Rachel de Montalant, un veuf, père de famille, sans fortune, âgé de 60 ans. Il réside alors rue Christine, à proximité du Pont-Neuf ; Madeleine, rue du Petit-Lion (l’actuelle rue Saint-Sulpice). À coup sûr, ces deux-là se sont rencontrés à l’église Saint-André-des-Arts, dont Claude tenait les orgues.

Les années passent. Le couple s’installe à Argenteuil, où il mène une vie retirée jusqu’à la mort de madame, à l’âge de 57 ans.

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