Habeas Corpus, de Marianne Wesson

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Habeas Corpus, de Marianne Wesson

Résumé : Cinda Hayes, substitut du procureur de Boulder, Colorado, quitte son poste. Le Parquet ne la motive plus, sa foi en la justice vacille. Elle préfère diriger le Centre d'aide aux victimes de viol. Un an plus tard, un coup de fil bouleverse sa vie. Elle est contrainte d'accepter une affaire très délicate : représenter en ultime recours Jason Smiley, condamné à mort pour viol. Défendre les intérêts d'un criminel déjà reconnu coupable révolte Cinda. Mais son aversion pour la peine de mort l'emporte.

Auteur : Marianne Wesson
Nombre de pages : 363
Edition : Stock
Date de parution : 26 mai 1999
Prix : 4.49€ (Broché) - 2€ (poche, occasion)
ISBN : 978-2234051249

 

Avis / Critique :
Ecrit en 1998 par Marianne Wesson,  on pourrait croire ce livre quelque peu daté. Pas du tout, même si le système judiciaire a quelque peu évolué. Les principes de base qui régissent celui du système américain sont ici parfaitement dépeints, de la peine de mort aux manipulations politiques qui peuvent condamner la vie d'un homme.
Dès le départ, et malgré le fait que l'auteur inclut peu de dialogue dans sa trame romanesque, le lecteur est pris à l'hameçon.
J'avais lu ce livre il y a très longtemps et j'y ai retrouvé le même plaisir vingt ans plus tard.
L'intrigue est tissée lentement à la manière du Manipulateur de John Grisham.
Le lecteur n'a aucune idée jusqu'où et pour où l'auteur veut l'emmener. Au début, nous suivons la vie de Cinda Hayes, procureur d'une quarantaine d'années qui décide de prendre les rênes d'un centre de défense pour les droits des femmes, et particulièrement les femmes violées jusqu'au jour où un juge lui confie le dossier d'un certain Jason Smiley.
Peu à peu ses convictions vont s'envoler. Cet homme est-il vraiment coupable ou est-il le jouet d'une incroyable machination ? Et cela a-t-il un rapport avec la mort et le viol de sa meilleure amie qui est gay ?
Ce qui est vraiment intéressant dans l'ouvrage de Marianne Wesson, c'est la replongée dans un univers qui nous semble à mille lieues de celui que nous connaissons actuellement. Même si les droits de la femme ont encore du mal à trouver leur juste place, qu'en dire de ceux des gays au coeur des années 80-90 et de l'Etat du Colorado qui voulait interdire et bannir tous les gays des emplois d'Etat.
Il est donc ici, en plus de la couverture du système judiciaire et des arcanes qui nous font découvrir les tenants et aboutissants d'un Habeas Corpus, question des droits et des stigmatisations subies par des membres d'une communauté urbaine par le fait d'être ou femme ou gay ou noir.
Pour nous faire partager cette histoire, Marianne Wesson s'y connait. En effet, elle fut elle-même procureur adjoint et a eu l'occasion de plaider devant la Cour Suprême la cause d'un détenu condamné à la peine de mort. Ce roman est le deuxième ayant pour héroïne, Cinda Hayes.
A découvrir pour tous ceux que les arcanes judiciaires intéressent.

Extrait :
     Décembre 1990
    En l'espace de trois jours, début décembre, deux femmes furent violées par un inconnu dans le vieux quartier de Goss-Grove : à l'aide d'instruments ingénieux, le violeur découpa un morceau de vitre qui lui permit de déverrouiller la fenêtre. Un bas sur la tête, il traita ses victimes de façon sadique et humiliante, sous la menace d'un revolver. L'enquête de la police piétinait et l'une des victimes, professeur de danse à l'université, était quasiment suicidaire. Grace avait passé des heures avec cette femme qui redoutait d'être seule. Je me demandai combien de temps Grace tiendrait le choc, mais elle paraissait aller bien : elle semblait parfois dotée d'une énergie inépuisable. Nos troupes de bénévoles étaient plus que décimées par la période des vacances et je passai une journée à répondre au téléphone lorsque Lainie dut s'allier à cause d'une grippe alors que personne d'autre n'était disponible.
     Après le deuxième viol de Cross-Grove, je songeai à aller chez le quincaillier acheter des verrous de sécurité pour mes fenêtres ; mais le temps vira brutalement au froid et découragea mes veilléités de bricolage. Une entreprise spécialisée dans les systèmes d'alarme faisait un chiffre de fin d'année record. J'avais beau détester l'idée de vivre derrière un mur électronique, je me disais qu'il allait peut-être falloir en arriver là un jour. En attendant, je me hâtai tous les soirs chez moi dans l'obscurité précédant le solstice pour bourrer mon poêle à bois et essayer de réchauffer la maison avec de la musique.  Des disques que j'avais trouvé jadis gais, comme Appalachian Spring de Copland, commençaient à m'irriter. La seule musique qui m'apaisait vraiment était celle de Lady Day : je passai tous mes disques de Billie Holliday dans l'ordre chronologique, écoutant sa voix qui  vieillissait et devenait plus triste, au fil des ans. Lorsque je fus arrivée au bout, je n'eus pas vraiment envie de recommencer depuis le début. Ca ne faisait aucun doute : j'étais en proie à ce qu'on appelle maintenant des troubles affectifs saisonniers, mais Billie disait ça beaucoup mieux quand elle chantait pour moi la nuit : j'avais un coup de blues.
      Vendredi, Lainie apparemment rétablie était de retour à son poste. je décidai de quitter le Centre un peu plus tôt : la situation était très calme. Mais d'abord, j'essayai d'appeler Tory.
"Je suis désolé, Cinda, elle n'est pas là, répondit ma vieille amie Lucille, la réceptionniste du bureau du procureur.
-- Comment le sais-tu ? dis-je avec irritation. Tu ne l'as même pas appelée.
-- Parce que je l'ai vue de mes yeux sortir il y a quelques minutes, Cinda. Qu'est-ce qui ne va pas.
-- Rien, grommelai-je. Dis-lui de me téléphoner, d'accord ?
-- Oui, bien sûr", répondit Lucille.
J'essayai d'appeler Tory chez elle et la sonnerie insistante me rappela mes aventures embarrassantes dans la petite maison d'Angel Fire Road. Le répondeur était apparemment toujours débranché.
     Je ne m'attendais à trouver que des factures dans ma boite aux lettres, à l'extrémité de mon allée. Ce ne fut pas vraiment un plaisir de découvrir une lettre officielle de la Cour suprême du Colorado, mais c'était une nouveauté.  La boite aux lettres était recouverte de neige et l'enveloppe avait l'aspect gondolé du papier qui a été mouillé puis a séché. Je la mis en attente avec le reste du courrier inutile pendant que je passais un sweat gris et des grosses chaussettes, et que je me préparais un chocolat chaud. Je déchirai l'enveloppe au son des premières notes de Rhapsody in Blue.

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Publié dans Thriller, LGBT

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