Le feu et la fureur, Trump à la maison blanche, de Michael Wolff

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Le feu et la fureur, Trump à la maison blanche, de Michael Wolff

Résumé : Dans ce livre qui a mis le feu à l'Amérique et que Donald Trump a cherché à interdire, Michael Wolff nous entraîne dans les coulisses de la Maison Blanche et multiplie les révélations. Luttes de pouvoir, favoritisme, amateurisme, trahisons, scènes de famille...

Auteur : Michael Wolff
Nombre de pages : 418
Editeur : Robert Laffont
Date de parution : 22 février 2018
Prix : 20€ (Broché) - 13.99€ (epub, mobi)
ISBN : 978-2221218365

 

Avis / Critique :  


Comme nombre de livres politiques, les révélations sont censées être présentes dans "Le feu et la fureur" et alimenter le livre "coup de poing" ou "révélation" du moment. 
Et comme à chaque fois, il n'y a rien ou presque rien que l'on ne sache déjà.
L'effet marketing passé, que reste-t-il du livre du journaliste Michael Wolff ?

Un essai à charge qui nous apprend que Donald Trump, selon Roger Ailes, ex-patron de la Fox, "n'a aucune conviction politique et pas davantage de colonne vertébrale", qu'il ne sait pas accepter le conseil des autres ou simplement les écouter et semble ne rien savoir, qu'il ne domine aucun sujet, sinon la construction ; que Steve Banon, l'aile ultra-droite des conservateurs ne prend pas Trump au sérieux, qu'il est paranoïaque ; que Trump ne voulait pas devenir président, mais souhaitait juste montrer qu'il pouvait "devenir l'homme le plus puissant du monde" ; qu'il a accepté de prêter 10 millions de dollars pour sa propre campagne à condition que ceux-ci lui soient remboursés ensuite ; que Donald Trump et Melania, sa femme, se voient très peu et peuvent passer des jours sans se croiser, mais qu'ils se parlent souvent au téléphone ; que la garde rapprochée de Trump n'a jamais travaillé en politique et qu'elle n'a donc aucune expérience en la matière ; que lorsque Sam Numberg doit expliquer la constitution à Donald Trump, celui-ci ferme les yeux à peine le quatrième amendement lu, et que les conseils qui lui sont donnés, le président les oublie trois heures après.

Il est intéressant aussi de voir combien Donald Trump peut détourner la vérité, amplifier les mensonges (comme pour son investiture beaucoup moins suivie que celle d'Obama, mais qu'il dira être un fake news) "On a fait, on a fait quelque chose hier, lors du discours", dit-il en parlant de l'événement "Est-ce que tout le monde a aimé le discours ? Il fallait l'aimer. Mais il y avait une foule énorme. Vous les avez vus. C'était bondé. En me levant ce matin, j'allume la télévision et je vois qu'ils montrent une pelouse vide et je me dis attendez une minute, j'ai fait un discours. J'ai regardé au loin - l'esplanade était - ça semblait un million, un million et demi de personnes. Ils ont montré une pelouse où il n'y avait presque personne"... Ses porte-paroles lanceront ensuite aux journalistes que ce jour-là il y a eu "un torrent d'émotions digne de la Beatlemania", ce qui fera bien rire les journalistes.
Ce ne sera là qu'un des exemples des "mensonges" ou des "vérités retravaillées" par Donald Trump qui ne supporte pas de ne pas être "The best one", le meilleur.

Michael Wolff dans la première partie de son livre nous montre les coulisses de la campagne de Trump et c'est peut-être ce qui est le plus intéressant à lire. En effet, il nous raconte comment Trump à l'annonce de sa victoire, montre un visage tout d'abord confus, puis dérouté et enfin horrifié, alors que Melania, est elle, en larmes en se rendant compte que sa vie va changer.
Il ne voulait pas gagner, il voulait montrer qu'il pouvait gagner. Oui, mais voilà, il fut élu.
Michael Wolff poursuit avec les affres de cette première année de pouvoir qui se compose d'un triptyque familial avec pour première conseillère de Trump, sa fille Ivanka, et pour second le mari de celle-ci, Kushner.
Cette première année est chaotique. Personne ne sait rien faire, Trump écoute les uns, puis les autres, préfèrent regarder la télé et manger son hamburger à 18h30 dans son lit que de recevoir ses conseillers.
C'est un enfant qui tape du pied quand on le contredit.
Ce livre permet de découvrir des conseillers qui se chamaillent tout le temps, un Président qui semble un peu perdu et surtout ne veut rien changer à son rythme de travail d'avant, des affaires qui touchent de près ou de loin la Russie, des décisions non prises, des généraux qui sont nommés à des postes clés en raison du nombre de médailles qu'ils arborent (plus ils en ont, plus Trump adore), des industriels milliardaires qui prennent la place des politiques au sein de la Maison Blanche, etc...

Pour vraiment aimer "Le feu et la fureur", il faut d'une part connaître la politique américaine, mais aussi les personnalités qui la composent. Michael Wolff nous inonde de noms si bien que parfois, le lecteur s'y perd. Tous les chapitres ne sont pas particulièrement intéressants comme ils ne sont pas non plus porteurs de nouvelles informations. Des problèmes de traductions aussi rendent parfois la lecture un peu difficile.
A lire par curiosité, sans plus.
Le feu et la fureur est loin d'être le livre annoncé.

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Extrait :

La Trump Tower


Le samedi qui suit l’élection, Donald Trump reçoit un petit groupe de sympathisants dans son triplex de la Trump Tower. Même ses amis les plus proches sont encore sous le choc, abasourdis, l’ambiance est à la stupéfaction. Mais Trump a l’œil rivé sur l’horloge.

Rupert Murdoch, jusque-là absolument sûr que Trump était un charlatan et un imbécile, a fait savoir que lui et sa nouvelle femme, Jerry Hall, viendraient rendre visite au Président élu. Murdoch est en retard – très en retard. Trump ne cesse de rassurer ses invités :Rupert est en chemin, leur dit-il, il va bientôt arriver. Quand certains sont sur le point de partir, Trump les incite à rester encore un peu.Vous allez rester pour rencontrer Rupert. (Ou plutôt, comme commentera l’un des hôtes, vous allez rester pour voir enfin Trump avec Rupert).

Avec Wendi, son ex-femme, Murdoch a souvent passé du temps en compagnie de Jared et d’Ivanka, mais il fait peu d’efforts pour 

cacher son manque d’intérêt pour Trump. Dans la dynamique du rapport de force entre Trump et son gendre, l’affection de Murdoch pour Kushner tient une place singulière, donnée dont ce dernier a su jouer avec subtilité et dans son propre intérêt, lâchant souvent le nom de Murdoch au cours des conversations avec son beau-père. En 2015, quand Ivanka a annoncé à Murdoch que Donald Trump allait vraiment, assurément, se lancer dans la course à la présidence,Murdoch a repoussé d’emblée cette possibilité d’un revers de main.

Mais ce samedi-là, le nouveau Président élu – après le plus incroyable retournement de situation de l’histoire américaine – est sur des charbons ardents en attendant Murdoch. « Il fait partie des plus grands, annonce-t-il à ses invités, alors que son agitation ne fait que croître. Vraiment, c’est un des grands, le dernier des grands. Vous devez rester pour le rencontrer. »

C’est un curieux revirement, d’une ironique symétrie. Trump, ne réalisant peut-être pas encore son propre changement de statut, tente de s’attirer les bonnes grâces du magnat des médias jusqu’alors dédaigneux. Murdoch, arrivant enfin à cette soirée, se montre aussi discret et déconcerté que les autres invités, tentant de réévaluer cet homme qui, pendant plus d’une génération, a, au mieux, fait figure de prince des clowns au royaume des riches et célèbres.

 

Murdoch n’est pas le seul milliardaire à avoir manifesté du mépris à l’égard de Trump. Des années avant l’élection, Carl Icahn, que Trump a souvent cité comme l’un de ses amis et qu’il voulait 

nommer à un poste de haute responsabilité, a ouvertement ridiculisé son copain milliardaire (qui était loin d’être milliardaire, ajoutait-il).

Parmi ceux qui connaissent Trump, peu entretiennent d’illusions à son égard. C’est peut-être ce qui fait son charme : il est comme il est. L’œil pétillant, l’âme noire.

Mais maintenant, il est le Président élu. Et ça change tout. On peut dire ce qu’on veut de lui, mais il a cette victoire à son actif. Il a arraché l’épée du rocher, et ce n’est pas rien. C’est même tout.

Les milliardaires doivent réviser leur jugement. C’est ce que chacun fait dans l’entourage de Trump. Les membres de son équipe de campagne, soudain en position de rafler un job au sein de la West Wing – une carrière, voire un poste qui marquera l’histoire –, tâchent de regarder sous un nouveau jour cette personnalité étrange, difficile, ridicule, et finalement mal préparée. Il a été élu Président. Par définition, Trump a donc une stature présidentielle, comme Kellyanne Conway aime le souligner.

Néanmoins, personne ne l’a encore vu se comporter en président – à savoir se soumettre publiquement aux rituels et aux conventions de la politique. Ou même montrer un minimum de self-control.

Maintenant, les recrutements commencent, et certains, en dépit de leurs sentiments à l’égard du nouveau Président, acceptent de le rejoindre. James Mattis, général quatre étoiles à la retraite, l’un des commandants des forces armées les plus respectés ; Rex Tillerson, patron d’ExxonMobil ; Scott Pruitt et Betsy DeVos, des loyalistes proches de Jeb Bush – tous reconnaissent maintenant ce fait singulier : bien qu’il soit un personnage déroutant, que la situation soit absurde, Donald Trump a été élu Président.

On peut faire en sorte que ça marche, se disent tous ceux qui gravitent dans son orbite. Ou du moins, que ça puisse peut-être marcher.

En fait, en y regardant de plus près, Trump n’est pas l’homme grandiloquent et bagarreur qui a attiré des foules enragées pendant la campagne. Il n’est ni furieux ni combattif. Il a pu être le candidat à la présidence le plus menaçant et le plus effrayant de l’histoire moderne, mais il semble maintenant presque apaisé. Son extrême autosatisfaction se révèle contagieuse. La vie est belle. Trump est un optimiste, du moins à son propre sujet. Il est charmant et flatteur, il s’intéresse aux gens. Il est drôle et manie même l’autodérision. Et son énergie semble incroyable – On y va ! dit-il à tout propos, on y va ! Ce n’est pas un dur, mais « un grand singe au cœur tendre », explique Bannon en guise d’éloge.

 

 

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