La saga des favorites, de Jean des Cars

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

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Résumé : La favorite " a les faveurs " d'un personnage de haut rang. Elle ne se contente pas d'être une maîtresse, elle dispose de moyens, a une influence politique, économique, artistique. Rien ne se fait ni ne se défait sans elle.
Les seize égéries retenues par Jean des Cars ont toutes joué un rôle déterminant et ont bousculé l'histoire du monde.

Auteur : Jean des Cars
Nombre de pages : 384
Éditeur : Pocket
Date de parution : 1 octobre 2015
Prix : 6.95€ (poche) - 14.99€ (epub, mobi)
ISBN : 978-2266251686

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Avis / Critique :

Nous en avons tous entendu parler.
Elles ont marqué l'histoire en bien ou en mal.
En tout cas, elles sont inéluctables.
Cette fois, Jean des Cars s'intéresse non pas aux épouses de rois, mais bien à celles qui les ont accompagnés dans leur lit.
Son panel commence avec Agnès Sorel, la première favorite de l'histoire de France a avoir atteint un rôle aussi conséquent. Honnie par le futur Louis XI, Agnès est le grand et sûrement seul amour de Charles VII. Plus qu'une favorite, elle se révéla fine politique pour l’État et conseilla le roi, lui redonna de la verve, l'envie de combattre. Protectrice de Jacques Coeur, elle fut bénéfique pour la France et permis à celle-ci de basculer dans la renaissance.

Les portraits se poursuivent avec Diane de Poitiers, de 20 l'aînée d'Henri II, et qui fut le grand amour de celui-ci. Diane n'est pas seulement belle, mais possède un sens aigu des affaires dont elle tire profit et fait bénéficier sa famille tout en sachant rester à sa place. C'est le contraire de Gabrielle d'Estrée qui peut être comparée à Anne Boleyn dans un certain sens. Poussée par sa famille, celle qui est amoureuse du duc de Bellegarde résiste d'abord à Henri IV, le vert-galant, avant de lui céder par intérêt. Il sent l'ail ? Il se lave peu ? Qu'importe, elle succombe après une cour effrénée et deviendra presque reine, ne donnant au roi que ce qu'elle veut et gardant ses amants au passage. Heureusement pour la France, elle a le bon goût de mourir d'une éclampsie à 29 ans, laissant la place à Catherine de Médicis.
Puis nous voici emmenés au cœur des alcôves de Louis XIV avec la pieuse Louise de la Vallière qui aime l'homme avant le roi, laissant sa place à Mme de Montespan plus audacieuse, puis à Mme de Maintenon, qui clôturera le règne. Viennent alors les sœurs de Nesles qui passeront dans le lit de Louis XV avant de voir une certaine Jeanne Poisson, dame d'Etioles future Pompadour entrer en jeu. Celle-ci laissera la place à Jeanne Bécu, comtesse du Barry, bien mal aimée et bien mal comprise par l'histoire.

Jean des Cars saute le règne de Louis XVI et passe à Louis XVIII et nous fait découvrir la duchesse de Caylas, pro-monarchiste qui influença la politique du roi et contribua au renversement de celle-ci par ses mauvais conseils.
Nous voilà ensuite transportés à la cour du roi de Bavière, Louis I où Lola Montès, fausse espagnole, mais véritable irlandaise, fait tourner les têtes pour le pire et rien que le pire, puisqu'elle amènera celui-ci à abdiquer.
Poursuivons la découverte avec la maîtresse de Napoléon III, Miss Howard sans qui il ne serait jamais devenu le premier président de France ni futur empereur ; la princesse Katia Dolgorouki, qui vécut avec le tsar Alexandre II une vie maritale dans les appartements proches de ceux de l'impératrice ; Blanche Delacroix, une petite Française à la cour du vieux Léopold II de Belgique ; Magda Lupescu, la louve de Carol II de Roumanie qui provoqua son exil.
Jean des Cars clôture son tour des maîtresses par la sulfureuse Wallis Simpson, deux fois divorcée qui resta près du trône d'Angleterre sans jamais s'asseoir dessus.

Chacune de ces femmes a droit à son portrait, à sa biographie, raconté de telle façon que Jean des Cars donne envie de lire la suite. Ce livre permet de mieux comprendre le rôle de ces femmes, parfois intrigantes, parfois non. C'est aussi et surtout la possibilité de se faire une idée véritable sur leurs intentions, sur le réel ou non de leur contribution à la politique d'un pays, au-delà des idées préconçues qui sont parfois légion.
Oui, bien sûr ici, l'auteur ne rentre pas dans les détails, mais ponctue son ouvrage d'anecdotes qui rendent l'atmosphère de ces rencontres et de ces vies toutes plus différentes les unes des autres.
Le plus : les illustrations de qualité qui viennent ponctuer l'ouvrage et qui permettent de mettre un visage sur un nom. 

Un livre bien agréable à lire.

 

 

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Extrait :

Dix-septième tsar de la dynastie Romanov, Alexandre II a 37 ans. Son éducation a été soignée, sous l’autorité d’un brillant précepteur, le célèbre poète Vassili Joukovski, fils illégitime d’un gentilhomme russe et d’une prisonnière turque. Outre le russe, Alexandre a appris le français, l’allemand, l’anglais et le polonais. On lui a enseigné deux disciplines nouvelles, l’économie politique et la statistique, diverses sciences et le goût des arts. Quand ses notes étaient mauvaises, son père refusait de l’embrasser le soir, ce qui était une sanction épouvantable.

À 19 ans, Alexandre apprit sa plus importante leçon : au cours d’un long voyage à travers l’Empire, il fut le premier des Romanov à fouler, librement, la terre sibérienne et à se rendre compte des conditions épouvantables dans lesquelles vivaient les décembristes, ces conspirateurs déportés par son père quand le tsarévitch avait 7 ans. Ému, le grand-duc héritier avait amélioré leur régime. On avait remarqué sa sensibilité aux malheurs des bannis. Son mentor Joukovski insistait sur l’idée que la véritable liberté était la justice, que la Russie n’était pas une caserne mais une nation et que « le vrai pouvoir d’un souverain ne réside pas dans le nombre de ses soldats, mais dans la prospérité de son peuple ».

Le nouveau tsar est un dandy aimable, mais la tsarine est malade

Puis il avait parcouru l’Europe pendant deux ans. Jamais un futur tsar ne s’était rendu dans des pays si différents. Grand, élancé, courageux, celui que sa famille surnomme Sacha séduit ceux qui pourront l’approcher plus tard, tels Balzac, Alexandre Dumas père et Théophile Gautier. Ce dernier écrit : « Les cheveux du souverain étaient coupés court et encadraient de belle façon son haut front. Les traits de son visage étaient parfaitement réguliers et semblaient avoir été taillés par un artiste. Ses yeux bleus se détachaient particulièrement sur son visage tanné par le vent de ses longs voyages. Le dessin de sa bouche était si fin et si net qu’il rappelait une sculpture grecque. L’expression de son visage était solennelle et calme, éclairée de temps en temps par un sourire charmant. »

Couronné à Moscou, le 26 août 1856, dans la splendide cathédrale de la Dormition du Kremlin, Alexandre est, depuis le 16 avril 1841, l’époux d’une très jolie femme. Encore une princesse allemande. Depuis Catherine II, la dynastie russe poursuit, par ses mariages, ses « importations » germaniques. Fille du grand-duc de Hesse-Darmstadt, Maximilienne Wilhelmine Marie est devenue, par son union et sa conversion à la religion orthodoxe, Maria Alexandrovna. Elle a six ans de moins qu’Alexandre. Outre son éclat, on vante sa bonté et son dévouement, car elle dirige, avec une souriante autorité, plusieurs associations de bienfaisance. Le couple aura huit enfants, dont six garçons. Avec Maria, Alexandre forme un couple attrayant. Les années ont dégarni le front du souverain et ses favoris sont moins fournis que ceux de François-Joseph. Le tsar a l’élégance d’un dandy. D’un naturel gai, ouvert, sociable, de manières exquises, lorsqu’il est en civil il ne ressemble pas à un militaire malheureux d’être déguisé, mais plutôt à un intellectuel au regard posé avec une nonchalance britannique qui – on ne le sait pas encore vraiment – cache un extraordinaire sang-froid. En 1850, il avait fait face à une attaque de Tchétchènes. Amoureux de son épouse bien qu’il ait eu quelques maîtresses éphémères, le tsar cache son inquiétude ; il est préoccupé par la santé fragile de Maria. Elle est souvent malade.

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