L'évêque Cauchon et autres noms ridicules de l'histoire, de Bruno Fuligni

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

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Résumé : L'Evêque Cauchon qui fit brûler Jeanne d'Arc, le gendarme Merda qui tira sur Robespierre, ont fait rire des générations d'écoliers. En puisant dans l'histoire de France et du monde, Bruno Fuligni est allé à la recherche des noms propres à consonance comique, sans oublier les noms adaptés à une qualité ou un métier, ou « aptonymes » : le docteur Bizard, le franc-maçon Laloge, l'anticlérical Legros-Dévôt, l'évêque Lucifer, le colonel Dominé..

Auteur : Bruno Fuligni
Nombre de pages :  144
Editeur : Les arènes
Collection : AR.HORS COLLECT
Date de parution : 30 août 2017
Prix : 12.90€ (Broché) - 8.99€ (epub, mobi) - 7.04€ (occasion)
ISBN : 978-2352046479

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Avis / Critique :

Ils portent un nom difficile, mais cela ne les a pas empêchés de faire de grandes choses. Certains d'ailleurs ont mis en parallèle leur nom et leur profession.
Bruno Fuligni, habitué des recueils d'histoires tournés vers l'humour dresse le portrait de 200 d'entre eux.
Bon, pour être honnête, ce livre n'apporte pas grand-chose à l'histoire. Tout au plus, permet-il de découvrir certains députés, maréchaux, et autres qui ont posé leur pierre à l'édifice de la France.
Les premiers noms passés, c'est le genre de livres que l'on lit sur la durée, disons au petit coin. Sinon, il deviendra vite rébarbatif.

Certains portraits sont caustiques et Bruno Fuligni ne manque pas d'humour en assénant à chacun un petit trait d'humour final qui résume le nom porté par son propriétaire.
Parmi ceux-ci, on trouvera Edouard Branly, qui donna son nom à un quai de Paris. Quai qui passe du numéro 67 bis au 71 pour éviter un certain numéro "69" jugé potentiel lieu de rendez-vous lubrique en vus du nom de son porteur ; les origines de Pierre Cauchon, l’évêque qui fit condamner Jeanne d'Arc et dont la mère, Rose de Bezannes fut appelée "Rose la cauchonne" ; Le vicomte de Flotte, officier de marine et petit-fils d'Amiral qui portait pour le coup admirablement son patronyme en adéquation avec son métier ; l'écrivain russe GOGOL qui finit sa vie empreint au délire mystique ; Pierre de la Boucherie qui eut pour profession celle de ... bourreau  ; les titres dont furent affublés les compagnons de route du président d’Haïti en 1807 : duc de limonade, duc de marmelade, duc de Dondon, comte de Trou-bonbon, comte de Sale-trou... ; ou encore Auguste Lagoutte qui fut distillateur et liquoriste.

Bref, on sourit plus qu'on ne rit avec cet opus qui permet néanmoins de nous faire découvrir quelques anecdotes croustillantes sur des hommes connus ou moins connus de l'histoire de France et d'ailleurs.

 

 Critique faite par Alain G.

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Extrait

Caconymes et aptonymes

 

Ceci est un livre idiot. Idiot comme les rires de l’enfance, les blagues de la récré, les murmures du dernier rang ; idiot comme la joie de vivre et les jeunes années.

Du cancre au premier de la classe, en effet, l’évêque Cauchon qui fit brûler Jeanne d’Arc, le gendarme Merda qui tira sur Robespierre, ont fait rire des générations d’écoliers.

Les pédagogues, prudents, ont d’ailleurs caché à leurs élèves d’autres merveilles onomastiques, quand ils n’ont pas purement et simplement censuré le dictionnaire des grands hommes. Cauchon par exemple n’était pas seul à juger la sainte, mais qui se souvient de ses assesseurs, Nicolas Couppequesne et Jean Toutmouillé ? Le chevalier Bayard, « sans peur et sans reproche », est devenu l’un de ces héros fringants du roman national, mais n’a-t-on pas évacué très injustement des manuels son acolyte le chevalier de La Crotte ? Comment ont pu sortir de la mémoire collective des personnages aussi intéressants que la baronne de La Queue, fille naturelle de Louis XIV, la comtesse de Verrue, connue pour son élégance, ou le tonitruant sénateur Pèdebidou ? Et pourquoi ne lit-on plus le poète Troccon ?

Ces caconymes, ou noms difficiles à porter, ont beau avoir de solides vertus mnémotechniques, ils constituent un handicap

sérieux pour figurer au panthéon des gloires nationales. Dans de nombreux peuples, pourtant, porter un nom signifiant n’a rien d’infamant : serions-nous Amérindiens qu’il nous paraîtrait tout naturel de s’appeler Aigle-Noir, Cheval-Fou, Ours-Debout ou Taureau-Assis. Le nom est un totem, mais force est de constater que certains emblèmes sont plus valorisants que d’autres. En France, l’état civil se forme à partir du XIIIe siècle et les clercs qui fixèrent les noms de famille se montrèrent parfois cruels. Si beaucoup de patronymes découlent d’un nom de lieu ou d’un métier, d’autres renvoient à une particularité physique, à un défaut moral, dont la descendance tout entière devra supporter les conséquences. Les enfants trouvés quant à eux, dans leur faiblesse, durent subir des noms de baptême aussi inventifs et méchants que Jaifroid, Vieulange ou Vivratil…

« L’air distingué, les nobles sentiments, les lumières de Fabrice auraient été ridicules sous le nom de Tognolo », constatait Stendhal. Preuve que la question est délicate, nul jusqu’alors n’avait jamais entrepris de rassembler en un dictionnaire l’ensemble des caconymes historiques : c’est aujourd’hui chose faite, dans cet ouvrage qui n’en dénombre pas moins de deux cents.
On y trouve bien entendu des noms d’animaux, y compris les moins glorieux. Ayons au passage une pensée en souvenir de la malheureuse Péronnelle Cochon, fille de mauvaise vie marquée au fer par le bourreau de Lille le 11 avril 1440, comme l’atteste le livre de comptes de la ville. Plus connus, l’explorateur Cabot, l’ingénieur Mulot, l’ambassadeur

Perruche ou le général Loizillon eurent sans doute du mal à se faire prendre au sérieux, et pourtant leur sort demeure cent fois plus enviable que celui des personnalités affublées d’un nom scatologique : le député Prosper Chion-Ducollet, le général Lapisse, Mgr Lanusse, sans oublier le physicien William Prout, éminent spécialiste des gaz…

D’autres portèrent courageusement des noms plus scabreux encore, tels le peintre Labitte dont l’œuvre principale est L’Étreinte, ou le député du même nom qui opina en faveur du divorce en 1884.

Certains caconymes sont aussi des « aptonymes », c’est-à-dire des noms prédestinés renvoyant à une qualité ou à un métier, voire des « inaptonymes » associant deux contraires : le docteur Bizard, le franc-maçon Laloge, l’anticlérical Legros-Dévôt, Mgr Lucifer, le colonel Dominé, le député Lepourry, ou encore Philomène Boudin, la dernière muse de Verlaine qui célébra en vers ses formes opulentes… Quoique ce dictionnaire se limite aux personnages historiques, une édition future pourrait un jour intégrer quelques contemporains courageux, comme le basketteur Gelabale, le chanteur Julien Salaud ou le professeur Dufumier, qui fait autorité en matière d’agronomie.

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Commenter cet article

CRG 28/03/2020 10:29

Rose de Bezannes n'est pas la mère de l'évêque : elle est née 33 ans avant la mort de Pierre Cauchon. Bien essayé ..

AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE 28/03/2020 10:42

Il faut en avertir l'auteur, alors :)