La punition qu'elle mérite, d'Elizabeth George

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

"La punition qu'elle mérite - Elizabeth George" - "www.audetourdunlivre.com"

 

Résumé : Elizabeth George revient avec le vingtième Lynley... God save the queen du crime !
Ludlow, bucolique bourgade du Shropshire, tombe dans l'effroi lorsque le très apprécié diacre
Ian Druitt est accusé de pédophilie. Placé en garde à vue, le suspect est retrouvé mort, pendu.
La commissaire Isabelle Ardery, qui a été dépêchée sur les lieux depuis Londres et qui se débat avec ses problèmes d'alcool, a bien envie de classer l'affaire en suicide. Mais c'est sans compter la sagacité du sergent Barbara Havers. Coachée à distance par l'inspecteur Thomas Lynley, la Londonienne gaffeuse et accro à la nicotine flaire le pot aux roses : et s'il ne s'agissait pas d'un suicide ?

Auteure : Elizabeth George
Nombre de pages : 672
Édition : Presses de la cité
Collection : Sang d'encre
Date de parution : 7 mars 2019
Prix  : 23.50€ (Broché) - 10€ (poche) - 15.99€ (epub, mobi)
ISBN : 978-2258117761

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Avis / Critique :

 

Gaz est un îlotier de la petite ville de Ludlow. Il vit avec Rob, un retraité à qui il sert d'homme à tout faire pour arrondir ses fins de mois. Accessoirement, il rend service et remet les jeunes dans le droit chemin, garçons et filles qui aiment se biturer lors de soirée mémorables qui se terminent souvent dans un lit. C'est ce qu'il fait avec le jeune Finn, fils de l'adjointe du chef de la police, parti un peu à la dérive. Mais voilà qu'un diacre meurt en se suicidant. L'homme a été accusé de pédophilie et, ramassé par la police, il se serait suicidé le temps qu'arrivent les inspecteurs pour l'interroger. L'homme, Ian Druitt était proche des enfants et s'activait dans plusieurs associations pour aider ses condisciples. Son père ne croit pas au suicide de son fils, pas plus qu'à l'accusation de pédophilie émise lors d'un coup de fil anonyme, dix-neuf jours plus tôt. Le père Druitt interpelle alors son député qui fait des pieds et des mains pour que Scotland Yard jette un œil neuf à cette affaire. Le dossier est confié pour vérification à Isabelle Ardery, la commissaire en proie à ses problèmes d'alcool et à Barbara Havers, mise sur la sellette.
Havers comprend très vite, en écoutant les uns et les autres que quelque chose cloche et en fait part à Lynley qui laisse l'info fuiter jusqu'au père du suicidé. Branle bas de combat, Havers et Lynley ont alors huit jours pour mettre l'affaire au clair.

"La punition qu'elle mérite" est un roman dense. Il fait en effet près de 877 pages en poche et il est conséquent en personnages, qui chacun ont une histoire riche et pleine de mystères qui, souvent s'interagissent entre elles : secret de famille, addiction, histoire d'amour, tromperie, mésentente, jalonnent tour à tour les chapitres et viennent trouver sens dans l'intrigue policière qui se décline tranquillement. Comme toujours, Elizabeth George dépeint avec justesse les situations et la vie des habitants de la bourgade qu'elle a choisi pour planter son intrigue.
Les sentiments y sont justes et les dialogues bien écrits.

Cela ne plaira cependant pas à tout le monde, notamment à ceux qui attendent des rebondissements, de l'action, de voir l'enquête de police au premier plan. Ici, les héros ce sont les personnages, leur vie intime, leur vie de famille, et Elizabeth George se plait à nous narrer leur histoire, leurs travers et l'intrigue est donc plus lente qu'un polar lambda. L'auteure prend le temps de créer une atmosphère et d'asseoir son intrigue.

Pour ma part, j'ai adoré et j'ai dévoré les pages de ce livre avec plaisir. Déçue par certains autres romans d'Elizabeth George, je suis ressortie de celui-ci réconcilié avec elle, et le résultat est que je lirais sans aucun doute le prochain.

 

Lire la critique de :
- "Juste une mauvaise action"

 

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Extrait :

Première partie
15 décembre

 

     Baker Close, Ludlow Shropshire

     La neige se mit à tomber sur Ludlow en fin de journée. C'était l'heure à laquelle les habitants faisaient presque tous la vaisselle, prélude à une soirée télé. A vrai dire, une fois la nuit tombée, il n'y avait pas grand-chose à faire dans cette petite ville, à part zapper d'une chaîne à l'autre ou prendre le chemin du pub. Et comme, bon an mal an, Ludlow et ses vieilles murailles médiévales attiraient de plus en plus de retraités en quête de tranquilité et de nuits paisibles, il ne se trouvait personne pour se plaindre du manque de distractions nocturnes.
    Gaz Ruddock avait les mains couvertes de mousse lorsqu'il remarqua qu'il neigeait. Debout devant l'évier, il scruta la nuit par la fenêtre. Celle-ci lui renvoyait surtout son reflet et celui du vieux monsieur à côté de lui avec son torchon à la main. Seul le mince filet de lumière dispensé par l'éclairage extérieur illuminait les premiers flocons. En quelques minutes, le ballet léger se resserra pour former un rideau se mouvant dans le vent tel un voilage en dentelle.
  - Ça ne me plaît pas trop. Pour ce que j'en dis. Ça sert à quoi, hein ?

  Gaz jeta un coup d'oeil au vieillard, se doutant bien qu'il ne parlait pas de la neige. Les yeux de Robert Simmons étaient fixés sur l'éponge à manche avec réservoir de liquide vaisselle que Gaz avait à la main.
  - C'est pas hygénique, dit le vieux Bob. J'ai beau vous le répéter, vous êtes indécrottable.
  Gaz échangea un regard complice, pas avec le vieux Rob, un qualificatif pouvant faire penser à tort qu'il y avait un jeune Rob dans la maison-mais avec son propre reflet dans la fenêtre. Il se plaignait tous les jours de cette fichue éponge, et Gaz tous les jours lui faisait remarquer que c'était au contraire plus hygiénique que de plonger dans la même bassine d'eau les verres, les assiettes, les couverts, les casseroles et les poêles, à croire que l'eau redevenait propre par enchantement après chaque trempage.
   - La seule solution meilleure que celle-ci, répondit Gaz en agitant en l'air l'éponge incriminée, c'est le lave-vaisselle. Si vous me donnez votre feu vert, Rob, je vais en acheter un sur-le-champ. Rien de plus facile. Je l'installerai moi-même.
   - Bah. J'ai fait sans jusqu'à quatre-vingt-six ans, alors je pense que je peux m'en passer jusqu'à la tombe. Rien à foutre de leur confort moderne.
    - Pourtant, vous vous servez du micro-ondes.
    - C'est différent, répliqua sèchement le vieux.
   Lorsque Gaz l'interrogeait sur les raisons de ce verdict, la réponse était immuable : un grognement, un haussement d'épaules et un "C'est comme ça". Fin de la discussion.
   Peu lui importait, d'ailleurs. Gaz n'étant pas un fin cuisinier, il n'y avait jamais grand-chose à laver. Ce soir, au menu, c'était pommes de terre au four farcies de chili con carne en boite, accompagnés d'une salade composée laitue et maïs. Un ouvre-boite n'avait même pas été nécessaire, puisqu'il avait suffi de tirer sur des anneaux. En conséquence de quoi, le contenu de l'évier se limitait à deux assiettes, une cuillère en bois, des couverts, et deux mugs.
   Gaz aurait pu se charger seul d'essuyer la vaisselle, mais le vieux Rob aimait bien donner un coup de main. Abigail, sa fille unique, téléphonait une fois par semaine pour prendre des nouvelles de son papa, et il tenait à ce qu'on lui dise qu'il était toujours aussi fringuant. De toute façon, même sans le coup de fil rituel d'Abigail, le vieux Rob aurait sans doute insisté pour aider Gaz. A cette condition acceptait-il de permettre à un tiers de s'installer chez lui ?
   Après la mort de sa femme, il avait vécu seul pendant six ans, mais sa fille trouvait que sa mémoire flanchait. Il devait prendre ses médicaments deux fois par jour. Et puis, en cas de chute, personne n'était à proximité pour lui porter secours. Abigail avait donc décrété que quelqu'un devait veiller sur lui. De deux choses l'une, soit Rob acceptait de partager son toit avec un étranger, soit il quittait Ludlow pour venir vivre avec elle, ses quatre enfants et son mari, cet homme qu'il avait pris en grippe dès que celui-ci s'était présenté chez eux pour emmener Abigail à la discothèque de Shrewsbury. Eh bien, il avait saisi la première solution comme une bouée de sauvetage.
   Gaz, de son vrai nom Gary Ruddock, avait été cette bouée. Il avait un autre boulot, celui d'auxiliaire de police - ou îlotier -, mais comme il faisait souvent ses rondes à pied ou à bicyclette à la manière d'un bobby des années 1920, il passait de temps en temps dans la journée voir si le vieux n'avait besoin de rien. Cet arrangement convenait à Gaz : la rémunération d'un îlotier était maigre et, grâce au vieux Rob, il bénéficiait non seulement d'un logement gratuit mais aussi d'un petit supplément de salaire.

 

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