Outland, d'Alan Dean Foster

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE

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Résumé : Lune volcanique de Jupiter, Io est un astéroïde sans air ni eau avec, à flanc de cratère, un immense complexe industriel où des mineurs en scaphandre frôlent chaque jour la mort. L'incorruptible William O'Niel, en acceptant une mission sur Io, savait qu'il affronterait un monde dur. Il en sait plus aujourd'hui car ici les crises meurtrières et les suicides sont quotidiens et il sent planer, au delà de cette violence, un indicible mystère...

Auteur : Alan Dean Foster
Nombre de pages : 190
Édition : J'ai Lu
Date de parution : 1981
Prix : 6€ (Broché) - 3.70€ (poche)
ISBN : 978-2277212201

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Avis / Critique :

 

C'est la dernière mission du marshall O'Niel. Il le veut, il le doit à sa femme Carol et à son fils Paul et s'embarque avec eux pour Io, l'un des satellites de Jupiter. Sur Io, il y a un monde désolé, mais surtout des mines où l'on trouve un minerai dur et noir : l'ilménite ou élément principal du titanium qui sert à la fabrication des vaisseaux.
O'Niel a accepté une mission d'une année comme le font la plupart des mineurs afin de gagner en un an ce que les gens gagnent en cinq ans sur Terre. Enfin, pour ceux qui ont la chance de survivre à l'année de purgatoire. Et c'est d'ailleurs le problème sur Io quand arrive O'Niel. Un premier homme s'imagine voir une araignée dans son scaphandre et apeuré, il entaille sa combinaison et meurt dans la foulée. Un second mort survient très rapidement en la personne d'un mineur qui décide de se tuer dans un ascenseur avant qu'un troisième n'ait un épisode schizophrène et finisse pendu.
28 décès en six mois contre deux habituellement. O'Niel décide de mener l'enquête alors même que sa vie part à vau-l'eau avec Carole qui a décidé sans rien lui dire de regagner la Terre avec leur fils. O'Niel va alors devoir affronter un système de pot de vin et de drogues au cœur même de la mine qui va mettre à mal jusqu'au fonctionnement de celle-ci.

Film culte des années 80 qui fut plutôt décrié à sa sortie mais qui gagna ses galons de classique par la suite, Outland loin de la terre est relaté ici par Alan Dean Foster, habitué des novélisations de film de SF.
Si globalement l'histoire n'est pas fantastique, car il y a peu d'action (elle intervient en effet plutôt vers la fin), l'ambiance de la mine est, elle, bien rapportée par Alan Dean Foster qui nous plonge dans ce monde grisâtre où la mine semble plus ressembler à une prison qu'à une entreprise. Le héros, O'Niel est un marshal à l'éthique irréprochable, malheureux du départ de sa femme et qui ne va avoir de cesse de faire tomber le directeur de la mine qui n'hésite pas à profiter du trafic de drogues sans scrupule, alors que celle-ci va jusqu'à entrainer des suicides en série.
Ce sont donc deux mondes qui vont s'affronter dans ce roman tiré du film : la loi et l'ordre et la haute délinquance.
Le livre est comme le film : pas génial mais il se laisse lire comme le film se laisse voir. C'est une sorte de western de l'espace où le héros, intrépide, décide de se faire le méchant coûte que coûte quitte à y laisser sa vie et sa famille. 
Bref, pour les nostalgiques du genre.

 

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Extrait :

Il y avait un test, tacite et informel, un test appelé « degré de choc », auquel les ouvriers préposés au débarquement des navettes ne manquaient jamais de soumettre les nouvelles recrues. C’est une chose de contempler tranquillement Jupiter, de l’intérieur d’un vaisseau spatial, en se sachant protégé par de puissants moteurs prêts à vous propulser au large de cette effrayante gravité. C’en est une autre de débarquer d’une navette dans la station de Io et de voir à travers le couloir d’accès transparent ces billions de tonnes de matière flottant juste en aplomb, dans un équilibre apparemment destiné à vous oppresser comme le ferait un homme à côté d’une fourmi. Aussi, le personnel de la station guettait-il avec curiosité l’intensité et la fréquence des sursauts des nouveaux, la première fois qu’ils étaient confrontés à ce spectacle psychologiquement dévastateur. Plus le sursaut était vif et prononcé, plus il se répétait, moins l’individu avait de chances de séjourner longtemps sur Io.

Naturellement, si vous aviez signé un contrat, ce qui était le cas de la plupart des travailleurs de la station, vous étiez coincé. On ne rompt pas un contrat avec la compagnie.

Il y avait un autre test, que l’on appliquait d’habitude un peu plus tard. C’était le test du saut. Les employés de la station faisaient croire au novice que l’on pouvait réellement sentir l’attraction colossale de Jupiter sur le sol de Io. Compte tenu de la faible gravité, expliquaient-ils, un sauteur musclé et imprudent pouvait faire un bond tel que l’attraction de Jupiter reprenait le dessus et le happait irrésistiblement dans l’espace. Et c’était la fin car, comme le savaient bien les travailleurs de Io, l’enfer n’était pas rouge. Dante s’était complètement trompé. L’enfer était jaune-orangé, rayé comme une demi-douzaine de tigres en furie, avec un seul œil gigantesque et sanglant au milieu, qui vous fixait en permanence, sans jamais ciller.

Une météorite, un débris venu de la nuit des temps, avait creusé le cratère. Plus récemment, l’homme avait construit la mine qui en occupait le fond. Celle-ci était la raison de sa présence continuelle en ce lieu, pourtant vouée à le décourager.

Un beau jour, les pionniers s’étaient posés là, ils avaient planté leur drapeau, fait leur discours, s’étaient gorgés de gloire et avaient soudainement disparu. D’autres avaient suivi. Ceux-là n’étaient pas des prêcheurs. La plupart ne trouvèrent rien mais, sur le tard, un groupe de chercheurs fatigués avait fait, à l’intérieur de ce cratère, une découverte d’un intérêt plus que passager. Ce qu’il avait trouvé, c’était un mégalithe de minerai dur et noir, l’ilménite, produit par 

les soulèvements volcaniques de Io. Or, l’ilménite se trouve être l’élément principal d’un métal, appelé titanium, utilisé, entre autres choses, pour la fabrication des coques de vaisseaux spatiaux. La présence sur Io d’une quantité considérable d’ilménite fut dès lors la rançon d’un grand nombre d’accidents, de plusieurs morts et du coût exorbitant de l’installation minière.

C’était une grande mine, dont l’importance correspondait au vaste conglomérat international qui l’exploitait.

Elle s’était rapidement développée et disparaîtrait sans doute aussi vite, dès que le gisement serait épuisé. Mais pour le moment, c’était une entité fonctionnelle qui vivait et respirait.

Comme un monstre céphalopode paresseux, la mine rampait sur le mur escarpé du cratère, s’arc-boutant à ses lèvres par des tentacules de métal et plongeant des trépans d’acier dans ses flancs. De loin, cela ressemblait à quelque création onirique, un grand arbre de Noël aux ramures scintillantes. De près, l’illusion disparaissait et c’était simplement un outil de plus.

Des tubulures et des rampes d’accès transparentes reliaient entre elles les principales structures. Les minces filaments de métal et de plastique semblaient à peine assez solides pour supporter la pression de l’atmosphère sans laquelle toute vie eût été impossible sur Io.

Parfois, du reste, ils éclataient, ou alors il y avait des fuites qu’on réparait hâtivement en soudant ou en remplaçant les pièces. Cela était effectué avec un soin plus grand encore que celui qui présidait à l’entretien des installations minières. En effet, le bris de matériel, c’était seulement un peu d’encre rouge ; mais un accident de pressurisation dans les rampes d’accès, c’était la mort.

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