La tulipe noire, d'Alexandre Dumas

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

La tulipe noire, d'Alexandre Dumas

Résumé :  Dans la Hollande du XVIIe siècle, alors que Guillaume d'Orange s'empare du pouvoir, un honnête horticulteur de province est accusé de trahison. Malgré son emprisonnement, le jeune homme tente de poursuivre son rêve : donner naissance à la tulipe noire.

AUTEURS : Alexandre Dumas - Auguste Maquet
Nombre de pages : 312
Collection : Classique
Date de parution : 1850
Prix : Livre du domaine public (gratuit) Epub - PDF - Mobi
Prix commerce : 5.40€ (poche) - 2.22€ (bibliothèque verte)

 

Avis / Critique :

Pour ceux qui ont eu l'occasion de voir le film "La tulipe Noire" avec Alain Delon, le livre d'Alexandre Dumas n'a rien à voir avec celui-ci.
Dans ce roman, il s'agit surtout de la fleur du même nom. L'histoire commence ainsi : nous sommes en Hollande à l'heure de Guillaume d'Orange. Les frères de Witt, envoyés par Louis XIV et instigateurs d'un coup d'Etat, sont fait prisonniers puis lapidés par la populace. Le filleul de Cornélius de Witt, Cornélius Baeler ne veut pas se mêler de politique et préfère consacrer son savoir à élaborer la plus parfaite des tulipes, la tulipe noire. Mais il n'est pas le seul. Il a un concurrent en la matière d'Isaak Boxtel, bien décidé à le faire perdre. Car le prix de la récompense pour cette fleur hors normes  est de 100 000 florins.
S'engage alors une bataille qui va mener Cornélius à la prison, piégé par son opposant. Mais Isaak Boxtel va vite déchanter quand il comprendra que le jeune homme a emmené avec lui les bulbes et qu'il les a confié avant de mourir à Rosa, la fille du geôlier.

Ici, vous l'aurez compris, tout tourne autour de la tulipe, une fleur originaire d'Asie importée en Europe et devenue l'emblème de la Hollande. Alexandre Dumas choisit le contexte de la guerre d'Orange pour situer son roman. L'Espagne, où règne le petit-fils du Roi de France perd peu à peu sa titularité sur les Pays-Bas qui tente de regagner ses prérogatives et son indépendance en menant le stathouder Guillaume d'Orange au pouvoir contre les envoyés de Louis XIV. 
La guerre pour parvenir à faire pousser la tulipe Noire rejoint donc la guerre pour l'indépendance des Pays-Bas. Le parallèle est continuel dans le roman.
Contrairement à d'autres livres d'Alexandre Dumas l'action n'est pas ici au cœur de l’œuvre. Nous n'assistons pas en effet aux effets épisodiques que l'on peut retrouver dans "Les trois mousquetaires", par exemple. La narration dans la "Tulipe Noire" est lente, et globalement il ne se passe pas grand-chose. L'horticulture et la politique ayant la part belle sur l'aventure.
Un classique, mais bien loin des meilleurs livres d'Alexandre Dumas.

A noter que ce livre fut écrit avec Auguste Maquet, qui collabora avec Alexandre Dumas sur la plupart de ses œuvres. Maquet était le nègre littéraire de Dumas. Le fait de travailler avec une équipe de plusieurs personnes sur les romans peut expliquer les modifications de style de certain, dont celui-ci. Dumas apportant la trame principale et les autres écrivant le contenu, un peu à la manière d'un pool scénaristique d'aujourd'hui. Dans ce sens comme dans celui des romans à épisode, Dumas fut sans contexte un précurseur.

Extrait :

Gryphus était suivi du molosse.

Il lui faisait faire sa ronde pour qu’à l’occasion il reconnut les prisonniers.

– Mon père, dit Rosa, c’est ici la fameuse chambre d’où M. Grotius s’est évadé ; vous savez, M. Grotius ?

– Oui, oui, ce coquin de Grotius ; un ami de ce scélérat de Barneveldt, que j’ai vu exécuter quand j’étais enfant. Grotius ! ah ! ah ! c’est de cette chambre qu’il s’est évadé. Eh bien, je réponds que personne ne s’en évadera après lui.

Et, en ouvrant la porte, il commença dans l’obscurité son discours au prisonnier.

Quant au chien, il alla en grognant flairer les mollets du prisonnier, comme pour lui demander de quel droit il n’était pas mort, lui qu’il avait vu sortir entre le greffier et le bourreau.

Mais la belle Rosa l’appela, et le molosse vint à elle.

– Monsieur, dit Gryphus en levant sa lanterne pour tâcher de projeter un peu de lumière autour de lui, vous voyez en moi votre nouveau geôlier. Je suis chef des porte-clefs et j’ai les chambres sous ma surveillance. Je ne suis pas méchant, mais je suis inflexible pour tout ce qui concerne la discipline.

– Mais je vous connais parfaitement, mon cher M. Gryphus, dit le prisonnier en entrant dans le cercle de lumière que projetait la lanterne.

– Tiens, tiens, c’est vous, M. Van Baerle, dit Gryphus ; ah ! c’est vous ; tiens, tiens, tiens, comme on se rencontre !

– Oui, et c’est avec un grand plaisir, mon cher M. Gryphus, que je vois que votre bras va à merveille, puisque c’est de ce bras que vous tenez la lanterne.

Gryphus fronça le sourcil.

– Voyez ce que c’est, dit-il, en politique on fait toujours des fautes. Son Altesse vous a laissé la vie, je ne l’aurais pas fait, moi.

– Bah ! demanda Cornélius ; et pourquoi cela ?

– Parce que vous êtes homme à conspirer de nouveau ; vous autres savants, vous avez commerce avec le diable.

– Ah çà ! maître Gryphus, êtes-vous mécontent de la façon dont je vous ai remis le bras, ou du prix que je vous ai demandé ? fit en riant Cornélius.

– Au contraire, morbleu ! au contraire ! maugréa le geôlier, vous me l’avez trop bien remis, le bras ; il y a quelque sorcellerie là-dessous : au bout de six semaines je m’en servais comme s’il ne lui fût rien arrivé. À telles enseignes que le médecin du Buitenhof qui sait son affaire, voulait me le casser de nouveau, pour me le remettre dans les règles, promettant que, cette fois, je serais trois mois sans pouvoir m’en servir.

– Et vous n’avez pas voulu ?

– J’ai dit : Non. Tant que je pourrai faire le signe de la croix avec ce bras-là (Gryphus était catholique), tant que je pourrai faire le signe de la croix avec ce bras-là, je me moque du diable.

– Mais si vous vous moquez du diable, maître Gryphus, à plus forte raison devez-vous vous moquer des savants.

– Oh ! les savants, les savants ! s’écria Gryphus sans répondre à l’interpellation ; les savants ! j’aimerais mieux avoir dix militaires à garder qu’un seul savant. Les militaires, ils fument, ils boivent, ils s’enivrent ; ils sont doux comme des moutons quand on leur donne de l’eau-de-vie ou du vin de la Meuse. Mais un savant, boire, fumer, s’enivrer ! ah bien oui ! C’est sobre, ça ne dépense rien, ça garde sa tête fraîche pour conspirer. Mais je commence par vous dire que ça ne vous sera pas facile à vous de conspirer. D’abord pas de livres, pas de papiers, pas de grimoire. C’est avec les livres que M. Grotius s’est sauvé.

– Je vous assure, maître Gryphus, reprit Van Baerle, que peut-être j’ai eu un instant l’idée de me sauver, mais que bien certainement je ne l’ai plus.

– C’est bien ! c’est bien ! dit Gryphus, veillez sur vous, j’en ferai autant. C’est égal, c’est égal, Son Altesse a fait une lourde faute.

– En ne me faisant pas couper la tête ? … Merci, merci, maître Gryphus.

– Sans doute. Voyez si MM. de Witt ne se tiennent pas bien tranquilles maintenant.

– C’est affreux ce que vous dites-là, M. Gryphus, dit Van Baerle en se détournant pour cacher son dégoût. Vous oubliez que l’un était mon ami, et l’autre… l’autre mon second père.

– Oui, mais je me souviens que l’un et l’autre sont des conspirateurs. Et puis c’est par philanthropie que je parle.

– Ah ! vraiment ! Expliquez donc un peu cela, cher M. Gryphus, je ne comprends pas bien.

– Oui. Si vous étiez resté sur le billot de maître Harbruck…

– Eh bien ?

– Eh bien ! vous ne souffririez plus. Tandis qu’ici je ne vous cache pas que je vais vous rendre la vie très dure.

– Merci de la promesse, maître Gryphus.

Et tandis que le prisonnier souriait ironiquement au vieux geôlier, Rosa derrière la porte lui répondait par un sourire plein d’angélique consolation. Gryphus alla vers la fenêtre. Il faisait encore assez jour pour qu’on vît sans le distinguer un horizon immense qui se perdait dans une brume grisâtre.

– Quelle vue a-t-on d’ici ? demanda le geôlier.

– Mais, fort belle, dit Cornélius en regardant Rosa.

– Oui, oui, trop de vue, trop de vue.

En ce moment les deux pigeons, effarouchés par la vue et surtout par la voix de cet inconnu, sortirent de leur nid, et disparurent tout effarés dans le brouillard.

– Oh ! oh ! qu’est-ce que cela ? demanda le geôlier.

– Mes pigeons, répondit Cornélius.

– Mes pigeons ! s’écria le geôlier, mes pigeons ! Est-ce qu’un prisonnier a quelque chose à lui ?

– Alors, dit Cornélius, les pigeons que le Bon Dieu m’a prêtés ?

– Voilà déjà une contravention, répliqua Gryphus, des pigeons ! Ah ! jeune homme, jeune homme, je vous préviens d’une chose, c’est que, pas plus tard que demain, ces oiseaux bouilliront dans ma marmite.

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