Le club des pendus, de Tony Parsons

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Le club des pendus, de Tony Parsons

Résumé : À Londres, les bourreaux sont de retour.
lls ont décidé de rétablir la peine capitale.
Ils forment un étrange club avec pour modèle le célèbre bourreau anglais Albert Pierrepoint, responsable de plus de quatre cent cinquante exécutions au siècle dernier. Et c'est par la corde qu'ils ont décidé de punir violeurs d'enfants, chauffards et autres délinquants qui réussissent à échapper au système judiciaire.
Dans un Londres caniculaire, plus que jamais le bien et le mal se confondent.

Auteur : Tony Parsons
Nombre de pages : 336
Edition : La Martinière
Collection : Fiction
Date de parution : 21 septembre 2017
Prix : 21€ (broché) - 14.99€ (epub, mobi)
ISBN : 978-2732484570

Rentrée Littéraire

Avis / Critique :
La justice ne fait pas son boulot et condamne à des peines moindres des meurtriers et violeurs ? Qu'à cela ne tienne, un groupe de quelques individus masqués va se charger de rétablir la loi. Et quoi de mieux que de laisser les corps des assassins fraichement pendus là où le bourreau Pierrepoint faisait jadis son office et où le gibet de Londres était installé ?
L'inspecteur Max Wolfe va enquêter et tenter de retrouver les hommes qui postent leur méfait en direct sur le web, aidé en cela par un psychologue et ses adjoints.
A se plonger dans le livre de Tony Parsons, on a l'impression curieuse, mais plutôt sympathique de se dire que l'on assiste à ce qui pourrait être un épisode de série télé anglaise. Forcément, d'une part parce que cela se passe à Londres, mais aussi parce que l'ambiance rappelle Luther ou DCI Banks qui rencontrerait par moment un épisode de Ashes to Ashes et cela fonctionne vraiment bien.
L'écriture fluide, les chapitres courts donnent à l'ensemble ce sentiment télévisuel. L'histoire des protagonistes aussi. Chacun des personnages possède des failles qui ne sont pas surexploitées, mais au contraire, apporte une empathie servant l'histoire, notamment quand certains membres de la police touchée par la faillite de la justice semblent comprendre et approuver les gestes de morts effectués par le groupe de bourreau.
A travers son livre, Tony Parsons interroge la société. Pouvons-nous nous permettre de rentre justice nous-mêmes quand celle-ci se montre défaillante ? Et la justice ne tombe-t-elle pas finalement dans la facilité en se référant au code et à ses vices de procédure plutôt que de rendre justice aux victimes ? C'est cette faille qui sert de fond au roman de Tony Parsons.
Du côté de la traduction, on notera quelques petits soucis de cohésion. non pas dans le phrasé, mais dans le choix de conserver les acronymes anglais comme DC, DCI, DCS, SIO pour nommer les inspecteurs, inspecteurs-chefs, etc. Certes cela apporte au début, mais la répétition notamment dans les dialogues alourdit un peu le tout. D'autant que par moment, la traductrice est passée pour certains autres acronymes au français ôtant l'anglais conservé pour d'autres. Du coup, on ne sait plus très bien où on en est. C'est un détail qui n'enlève en rien au contenu du livre et à l'histoire passionnante qui se lit à vitesse grand V.
On notera également les recherches effectuées par l'auteur pour nous expliquer le fonctionnement des différents services et les catégories dans lesquelles sont rangées les victimes, SC1 ou SC4 suivant leurs groupes d'appartenance raciale.
Une plongée dans Londres qui ravira les lecteurs de romans policier.
 

Merci à l'agence Anne et Arnaud pour nous avoir fait découvrir ce livre

Extrait : 

Alors les mots affluèrent. Il ne s'arrêta plus de parler. Même la menace de la lame incisant son œil n'aurait pu le faire taire.
- J'ai une femme et des enfants ! hurla-t-il.
Le sous-sol désert lui renvoyait l'écho de sa voix.
Femme et enfants !
Femmes et enfants !

- Je suis chauffeur de taxi, c'est tout. Je vous en prie, vous devez vous tromper !
L'homme du taxi enfila une cagoule. Identique à celle que portaient les bourreaux. Il se tourna vers Mahmud Irani.
- Savez-vous pourquoi vous vous retrouvez sur ce lieu d'exécution ?
- Quoi ? Ce... quoi ? Je...je ne comprends pas. Quoi ? balbutia-t-il. Je suis chauffeur...
Ces paroles s'étranglèrent au fond de sa gorge tandis que, derrière le point rouge de la caméra, l'un des hommes accrochait une à une des feuilles sur le mur de briques décrépi.
On y avait imprimé des portraits téléchargés sur internet.
Des jeunes filles. Souriantes.
Un sourire sur chacun de leur visage, parfois timide et figé, parfois plus naturel et reflétant la confiance en soi.
Chacune à leur façon, elles rayonnaient. Le photographe de l'école avait insisté, les avait encouragées et même essayé de les faire rire.
Le genre de photos que l'on prend chaque année à l'école. Ces portraits avaient saisi les jeunes filles au moment fugace où la vie bascule entre l'enfance et l'adolescence, les conduisant doucement vers leur avenir de jeune femme.
Ces visages radieux fixaient Mahmud Irani.
Il les connaissait. Chacun d'entre eux. Croisés dans des salles remplies d'hommes hilares. Il avait entendu ces filles crier à l'aide quand personne n'y prêtait attention. Il avait entendu ces filles crier à l'aide quand personne n'y prêtait attention. Il les avait vues au bord de l'évanouissement, leur regard devenu vague sous l'effet de l'alcool bon marché et des drogues dures, alors qu'on les dépouillait de leurs vêtements.
Avec les autres hommes, il avait ri de ces filles.
Maintenant, sa bouche  se remplissait de paroles d'amertume, de colère et de mépris :
- Des putains, cracha-t-il . De sales putains qui ne pensent qu'à boire et se droguer. Des salopes qui n'ont pas honte de se montrer. Des filles qui aiment baiser. Avec pleins d'hommes. Des filles on en trouve à la pelle dans ce pays. Ecoutez-moi ! Des putes ! Vous m'entendez ?!
Quelqu'un donna un coup de pied  dans l'escabeau.
- Des putes, cracha une dernière fois Mahmud Irani.
Puis il se tut, l'escabeau était tombé et la corde passée autour de son cou s'était resserrée, s'enfonçant profondément dans sa gorge, tandis que ses pieds se balançaient violemment d'avant en arrière.
Ses intestins se vidèrent.
La lumière rouge l'observait se tortiller en tous sens, tel qu'il était, fou de panique et de douleur, une douleur indescriptible. Son corps se débattait encore pour échapper à la corde qui creusait sa peau.
D'abord, la corde comprima les veines jugulaires, puis les carotides plus profondément enfouies dans la chair. Le flux sanguin qui irrigue le cerveau s'arrêta, toute activité cérébrale cessa. Le cerveau se mit à enfler, les yeux de Mahmud se révulsèrent, sa langue sortit, sa bouche s'ouvrant et se refermant tandis qu'un gargouillement  étouffé  provenait des profondeurs de sa gorge enserrée.
Le voyant continuait de scruter Mahmud, et la corde de se resserrer autour du cou.
La douleur.
Mahmud ne savait pas qu'une telle douleur pouvait exister. Les minutes s'écoulèrent telles des siècles, des miliers d'années. Mahmud cessa de balancer ses jambes, et ses bras pendirent mollement le long de son corps. Il venait de pousser un dernier souffle rauque au fond de ce sous-sol aux murs de briques blanches tachées, dissimulé dans les tréfonds de la ville.
La lumière rouge s'éteignit.
Sur le mur, les jeunes filles souriaient.
Cet extrait est tiré de l'édition broché

Trailer "Le club des pendus", de Tony Parsons

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Publié dans Thriller, Policier

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