Le cri des corbeaux, de Matthieu Parcaroli

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Le cri des corbeaux-la peur est un vilain défaut-matthieu parcaroli- "audetourdunlivre.com"

 

Résumé : Après avoir participé à un concours en ligne, Julie et Théo gagnent un week-end pour deux tous frais compris dans une sublime villa à la montagne près du lac des corbeaux.
Pour ce jeune couple modeste, c'est le voyage de noces qu'ils n'ont jamais pu s'offrir. Sur place, le rêve s'arrête net lorsqu'ils voient débarquer un autre couple, eux aussi vainqueurs du concours...

Auteur : Matthieu Parcaroli
Nombre de pages : 240
Édition : Le Masque
Collection : Le Masque poche
Date de parution : 20 mars 2019
Prix : 8.50€ (Broché) - 6.49€ (epub, mobi)
ISBN : 978-2702449165

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Avis / Critique :

 

Sorte de huis clos qui se déroule au milieu de l'hiver, deux couples se retrouvent gagnant d'un jeu sur internet qui les réunit au cœur d'un chalet de montagne. Si le premier couple se montre amoureux, le second semble dysfonctionnel, mais tous ont une phobie qui leur est propre. Alors que les quatre personnages finissent par se faire à leur situation, une première disparition a lieu, puis une seconde, mettant chacun face à ses sentiments et son passé.
Qui est vraiment prisonnier de lui-même ? Qui est prisonnier de l'autre ? Qui est prisonnier de sa peur ?

Matthieu Parcaroli signe là son premier roman avec "Le cri des corbeaux" et c'est plutôt un livre réussi dans sa première moitié, même si l'intrigue arrive plus tard. Les deux couples sont aux antipodes l'un de l'autre amenant des situations tendues, et l'environnement du chalet ou les portables ne captent pas, ou le portail de deux mètres entourent la propriété reste bloqué fait perdurer la tension jusqu'aux disparitions.

Et c'est là que le roman commence à décliner en qualité, ce qui paraît paradoxal en soi. Cela est dû notamment aux flash-back qui s'installent et prennent de la place dans ce roman court au détriment, pour moi, de l'intrigue. Et alors qu'un rebondissement jailli, voilà que l'auteur nous lance son épilogue. Celui-ci est intéressant, novateur en la matière, mais arrive pour le coup bien vite et semble un peu tiré par les cheveux, surtout en sachant qu'il se passe en France. Peut-être que dans un pays anglo-saxon, cela aurait été en effet possible.
Ce "Cri des corbeaux" est donc un roman intéressant par sa trame, cependant il manque d'éléments maturés qui auraient mérité d'être agencés autrement. Je suis restée avec une sensation d'inachevé en refermant ce livre et je me suis dit que relaté autrement, ponctué de plus de sensation froide, j'aurai eu entre les mains un très bon roman. Il ne manque pas grand-chose, et c'est dommage.
 

 

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"Le cri des corbeaux", de Matthieu Parcaroli - audetourdunlivre.com

Extrait :

7

Tout le monde était désormais réuni sur le grand canapé. Julie avait placé sur la table basse des olives vertes, des cacahuètes et avait coupé deux ou trois carottes en fins bâtonnets qu’elle avait glissés dans un verre. Elle avait ouvert un petit pot de fromage blanc qu’elle avait vidé dans une coupelle. Un peu de sel et ça fera bien l’affaire, s’était-elle dit. Elle avait sorti quatre bières mais Agathe avait refusé, préférant un verre de Martini. Julie s’était donc relevée, se disant qu’elle aurait dû demander avant.
Elle s’installa à côté de son mari fraîchement douché et ouvrit la discussion. Cela se confirmait : ils avaient participé au même concours. Il devait donc y avoir eu une erreur. À moins qu’il y ait deux couples vainqueurs ? Mais dans ce cas, pourquoi les envoyer dans la même maison ? L’explication la plus logique était celle d’Agathe : leur chauffeur avait dû se tromper de villa, à moins que ce ne soit Théo et Julie qui occupent la mauvaise. Néanmoins, tout serait réglé dès le lendemain.

L’alcool les détendait. Théo et Julie évoquèrent leur vie dans le Nord, Simon et Agathe la leur à Paris. Il était banquier, et elle, chef d’agence marketing
Les parfaits bobos, se dit à nouveau le boulanger, qui n’aimait pas la suffisance que ce couple renvoyait.
La paella congelée frémissait doucement sous la cuiller en bois de Théo. Après l’échec de Julie dans la cuisson de sa ratatouille, il avait pris les choses en main et s’était rabattu sur le congélateur. Dans le salon, la cheminée diffusait déjà sa chaleur et le ton montait à nouveau :
— Comment ça, impossible d’envoyer le mail ? Tu te fous de moi ?
— Mais non ! Regarde par toi-même.
Elle lui avait jeté le téléphone à travers la pièce.
— J’en ai marre de toi ! Marre, tu comprends ?
Et elle se dirigea vers l’étage en pleurant.
Le couple du Nord se jeta des regards circonspects. Julie voulut monter, mais Théo lui fit comprendre en posant une main sur son épaule que ça ne les regardait pas et qu’il fallait être patient jusqu’au moment de leur départ. Simon était couché devant le meuble télé, cherchant manifestement quelque chose. Il surprit un regard insistant posé sur lui.
— Tiens, Bruno, viens m’aider au lieu de me regarder comme ça !
— Moi c’est Théo, si tu n’y vois pas d’inconvénient.
— Théo, Bruno… C’est pareil.
— Et tu cherches quoi ?
— Une box. Tu sais, ce truc pour avoir Internet ? En théorie ça devrait être pas loin de la télé. Je n’arrive même pas à trouver une prise téléphonique. C’est dingue !
Il l’aida à fouiller. Il ouvrit le meuble qui cachait un lecteur Blu-ray ainsi qu’une collection impressionnante de films.
— Julie, viens voir ! Y a de quoi passer de bonnes soirées !
— C’est clair. Et puis regarde la taille de l’écran ! C’est le cinéma à la maison.
Simon regarda le grand écran plat d’un œil et s’abstint de mentionner sa salle home cinéma.
Bientôt loin de ces deux ploucs, mais pour ça il faudrait arriver à envoyer ce foutu mail !
Agathe avait rédigé sur son ordre un courriel évoquant l’erreur de maison et réclamant expressément qu’ils puissent intégrer leur villégiature dès le lendemain. C’est au moment d’appuyer sur « Envoyer » que le message signalant une absence de serveur était apparu. Quand il avait récupéré le portable de sa femme, il avait fait les manipulations qu’il avait répétées des milliers de fois :

Réglages Wi-Fi

Et toujours ce « Aucun réseau disponible »… ce qui signifiait qu’il n’y avait pas d’accès à Internet dans cette maison. C’était juste impossible.
Julie avait dressé la table dans la salle à manger et Agathe était redescendue parmi eux, les yeux encore rougis par l’attitude de son mari qui cherchait toujours où pouvait être cachée la connexion Internet. Attiré par l’odeur du riz et des crevettes, il se convainquit tout de même qu’il était temps de manger.

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