Demain j'étais folle, un voyage en schizophrénie

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Demain j'étais folle, un voyage en schizophrénie

Résumé : Les ombres s’épaississent, le trottoir est devenu trop haut, le Capitaine hurle de ne plus manger, de ne plus dormir et de s’infliger des coups… Il faudrait fuir, mais le couloir derrière la porte est jonché de crocodiles.Aujourd’hui guérie de cette schizophrénie réputée inguérissable, Arnhild Lauveng est devenue psychologue, comme elle en rêvait depuis toujours. Avec la plus grande sobriété, elle raconte les premiers signes de la maladie, la terreur, les parents et les amis qui s’affolent, l’hospitalisation et la lente rémission.

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Auteur : Arnhild Lauveng
Nombre de pages : 215
Editeur : Autrement
Date de parution : 15 janvier 2014
Prix : 11.99€ (epub, mobi)

Avis / Critique :

Etre schizophrène, ce n'est pas être quelqu'un de visionnaire, d'hypersensible. Ce n'est pas quelqu'un qui ne peut être intelligent, qui manque de créativité (Socrate, Van Gogh, Isaac Newton étaient schizophrènes). Etre schizophrène, c'est surtout souffrir énormément. La maladie peut être simple, hébéphrénique, paranoïde. Elle a beaucoup de voiles, de lectures possibles. Etre schizophrène, ce n'est pas seulement passer par la case hôpital psychiatrique. C'est aussi vivre avec cette pathologie, vivre plus ou moins normalement, et parfois en guérir comme le montre Arnhild Lauveng avec son témoignage.
Tout a commencé pour elle à l'adolescence. Un vide énorme. Un vide de sa personne. Une identité qui se dilue. Un journal intime où elle commence par un "je", qui devient au fil des jours un "elle", puis finalement un "X". Et puis, voilà qu'arrive le capitaine. Il la frappe, lui ordonne de moins dormir, de moins manger afin de se consacrer à ses études. Le capitaine, c'est elle bien entendu. C'est Arnhild, mais elle n'en a pas conscience. Elle cherche à fuir, à le fuir. Elle se réfugie alors dans la forêt de son esprit, parmi les loups qu'elle imagine vivants, parmi les dragons...
Puis vient l'internement.
Il durera plusieurs années. Elle vivra l'enfermement, la liberté aussi parfois, attachée à une laisse pour qu'elle ne puisse s'enfuir, les policiers qui la ramèneront à l'hôpital. Elle vivra l'auto-mutilation, la perte de repère. Elle aura différentes approches du personnel soignant qui cherchera à communiquer avec elle, y parviendra pour certains et seront à son écoute, et d'autres au contraire, ne chercheront aucun contact hormis celui de soignant à soigné dans ce qu'il a de plus clinique. Grâce à ces gens qui l'écouteront, l'aideront à mieux se comprendre, grâce à elle aussi et surtout, Arnhild parviendra à guérir.
C'est son histoire qu'elle nous raconte, son périple, sa délivrance, l'amour d'une mère toujours présente même dans les moments les plus durs. Aujourd'hui, elle se trouve de l'autre côté du mur, celui du soignant.
Un témoignage poignant, mais aussi et surtout une manière de dire qu'avec de l'humanité, de la compréhension, de la confiance, le chemin vers la guérison est possible.

 

Extrait :

J’entendais aussi des voix. C’était parfois un désordre grésillant ou hurlant dans ma tête, comme un baladeur à plein volume que je ne pouvais pas éloigner, quoi que je fasse. Il m’arrivait de me taper la tête contre le mur pour que les coups sourds atténuent un peu ce chaos. Ça aidait parfois, mais pas toujours. D’autres fois, j’essayais de m’arracher les cheveux ou de faire des trous dans ma tête avec mes ongles. Ça ne m’était jamais d’aucun secours, mais c’était une espèce de réaction de panique visant à faire un trou dans ma tête pour en laisser échapper un peu de pression avant que tout n’explose. C’est ce que je ressentais. À d’autres occasions, c’était un murmure faible, immonde, ou une voix claire qui livrait des messages sans ambiguïté. « Tu vas mourir », disait-elle. Ou bien : « Ouvre-toi les poignets et dessine un cercle de sang autour de toi, ou toute ta famille mourra. » Pas facile. Que feriez-vous si vous receviez un message pareil ? À cette époque, j’avais l’habitude de me griffer ou de me couper, ce n’était rien ; ça faisait mal, je ne dis pas, mais je survivais. Je savais que je pouvais y arriver. Je ne savais pas si la voix disait la vérité, mais je ne voulais quand même pas prendre de risque. Alors j’obéissais. Et ça marchait. Ma famille était encore vivante le lendemain. Puis la situation empirait. Ça avait marché, même si je n’avais aucune preuve que quelqu’un mourrait si je n’obéissais pas. J’aurais cette preuve si je n’obéissais pas, mais si les mutilations avaient un effet, c’était une expérience assez risquée qui pouvait tuer toute ma famille. Je n’eus jamais l’idée de prendre ce risque, et je continuai à obéir. Et chaque fois que ça fonctionnait, il devenait plus difficile de résister la fois suivante. Je n’avais pas précisément envie de découvrir que je me scarifiais depuis si longtemps et si fort pour rien. Ce serait trop bête, trop douloureux. Alors je continuais.

Par la suite, j’ai pensé : « Pourquoi les voix disaient-elles cela, que je devais me faire du mal pour que ma famille puisse vivre ? » Il y a sûrement de nombreuses réponses à cette question, et certaines auraient sans doute un lien avec mon peu de confiance en moi et le sentiment d’être bête et indigne. Mais mieux, je crois que ça me permettait de faire quelque chose d’important pour ceux que j’aimais. À cette époque, j’étais dans une institution fermée, et j’étais passée du stade de quelqu’un qui faisait beaucoup à celui d’une patiente qui ne faisait pratiquement que recevoir. Avant, j’allais à l’école, j’avais un travail, des loisirs, et j’aidais à la maison ; maintenant, j’étais dans un service hospitalier, j’étais une tâche professionnelle dont l’État payait les soins. Ma famille était présente, autant que possible, à travers des visites, des courriers et des appels téléphoniques, mais je ne pouvais rien faire en contrepartie. Bien sûr, ça ne leur faisait pas plaisir du tout que je me scarifie, ils auraient beaucoup plus apprécié que je ne le fasse pas, mais les fantasmes paranoïdes selon lesquels je pouvais agir pour ceux que j’aimais prolongeaient le sens de ma vie – ou de ce qu’il en restait. Ça me permettait de contrôler un quotidien incontrôlable et une vie qui s’était brusquement retrouvée sens dessus dessous. J’avais encore à donner, et j’avais toujours une espèce de contrôle sur ma propre réalité. Bien sûr, je ne le comprenais pas quand ça arrivait. Si j’avais reconnu ou compris que c’était un fantasme paranoïde, j’aurais complètement cessé de me voir comme un sauveteur actif. Je le compris bien plus tard, et je le fis au bon moment, ce qui fut bénéfique. Cette compréhension m’aida à réinterpréter des parties de mon histoire d’une façon qui rendit plus aisé de s’y situer, moins génératrice de peur et de mépris de soi. Car, en fin de compte, il vaut bien mieux penser qu’une partie de ces automutilations était une tentative perturbée et insensée pour prendre le contrôle d’une situation incontrôlable et agir pour ceux que j’aimais, que de savoir seulement que « je le faisais parce que je suis schizophrène ». Ça, ce n’est pas très bon pour l’image qu’on a de soi.

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