Le secret dévoilé, enquête sur les mystères de Rennes-le-Château

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Le secret dévoilé, enquête sur les mystères de Rennes-le-Château

Résumé : 1885. L'abbé Bérenger Saunière arrive dans sa nouvelle paroisse à Rennes-le-Château, village perdu au pays des Cathares. Un an plus tard, le prêtre entame des travaux pharaoniques et fait du presbytère délabré un véritable domaine. Mais d'où vient l'argent ? Après son décès en 1917, la rumeur enfle sur un prétendu trésor qu'aurait découvert Saunière et sur ses possibles liens avec une société secrète...


Auteur : Christian Doumergue
Nombre de pages : 547 
Edition : Editions de l'Opportun
Collection : Poche
Date de parution : 2 juin 2016
Prix : 18.90€ (broché) - 12.90€ (poche)

Avis / Critique :

Le trésor de Rennes-le-Château. Les trois mots de cette petite bourgade de l'Aude suffisent à éveiller l'attention depuis que court la rumeur d'un trésor découvert qui aurait permis à l'abbé Saunière de réhabiliter l'église du village, de bâtir la villa Bethany, la tour Magdala et d'accueillir les grands de ce monde. C'est vrai qu'il en fallait de la volonté, à l'époque, pour se rendre à Rennes-le-Château entre le nombre important de virages à prendre et son altitude. Alors, trésor y-a-t-il vraiment ?
D'un fait sortant de l'ordinaire et posant question, un homme, Noël Corbet, a-t-il réussi à concevoir pour remplir son restaurant, un phénomène mondial appuyé en cela bien malgré eux, par des chasseurs de trésors de tout poil ?
A moins que... un secret soit bien là, mais qu'il n'est pas celui que la plupart ont en tête. De trésor, il y a ou il n'y a-t-il pas, finalement?
L'auteur pour y répondre s'intéresse donc de près à l'homme. Je devrai dire en fait, aux hommes. Car ils sont plusieurs au coeur de l'énigme. Il y a l'abbé Saunière bien sûr, mais aussi, l'abbé Boudet, Plantard, celui qui a "créé" l'ordre de Sion et qui a contribué à donner un caractère mystique à l'affaire.
Et si la réponse était qu'il n'y avait pas de trésor ? Ou du moins, pas celui auquel l'on peut penser. L'abbé Saunière a-t-il mis le doigt sur un secret, de l'argent, des tombes anciennes mérovingiennes, qui lui auraient permis de rebâtir son église, de construire Bethany, Magdala
S'il y a bien eu quelque chose, ce n'était certainement pas à la hauteur de pouvoir réhabiliter un monument et de construire le reste.
Alors ?
Voilà donc un jeu de piste, entre cercles monarchiques auquel auraient appartenu les deux frères Saunières, un Pierre Plantard féru d'ésotérisme, d'Atlantide, de méditation et qui a codé son message d'une civilisation oubliée et de l'Agarta sous couvert d'une chasse au trésor et de symboles chrétiens.

Christian Doumergue a passé près de vingt ans à éplucher les diverses théories, à lire et relire les écrits de chacun, à fouiller dans le passé des hommes de l'énigme, à décrypter les textes anciens.
Un travail de Titan parfaitement élaboré, aux nombreuses théories qui se recoupent et qui, toutes tournent autour de Jésus, du christianisme primitif, des mythes anciens.
Un livre prenant, passionnant. bien documenté.
Pour les amateurs du genre et pourquoi pas, aussi pour les autres.

Extrait :

Le moment où tout bascule…

Voilà vingt ans que je me suis rendu pour la première fois à Rennes-le-Château, en 1992 alors que j’étais lycéen, après avoir découvert l’incroyable histoire attachée au village.

J’avais jusqu’alors vaguement entendu parler du trésor de l’abbé Saunière, mais sans savoir de quoi il en retournait vraiment. Lorsque j’étais enfant, chaque été, le Journal de Mickey consacrait un dossier aux trésors cachés. Je l’attendais avec impatience, fasciné par ces histoires qui me faisaient rêver, eu égard à une passion précoce pour l’archéologie, et à un intérêt marqué pour les histoires de trésors qu’elles fussent fictives ou non.

Rennes-le-Château était invariablement mentionné dans ces dossiers, mais toujours de façon relativement brève, à travers une courte notice qui ne permettait pas d’entrer dans les détails. Je me rappelle qu’on y disait que l’abbé avait laissé dans son église des indices conduisant à la part du trésor qu’il avait laissé. Cela avait frappé mon esprit, mais je n’eus pas la curiosité de vouloir me rendre sur les lieux. Je pense qu’imaginer me suffisait. Je voyais une petite église, et, dissimulés en ses pierres et ses peintures, des signes étranges, similaires à ceux que j’avais pu croiser dans mes lectures. J’étais en cet âge où les visions dorées de l’imagination ne demandent pas à s’incarner dans la réalité. Je me satisfaisais donc d’elles, que quelques lignes seulement suffisaient à invoquer…

Et puis, à vrai dire, j’imaginais que Rennes-le-Château (sans doute parce que je l’associais à la ville de Rennes) était bien loin des latitudes méridionales sous lesquelles je grandissais, les yeux baignés de soleil. J’avais vu une 

photo de la tour néogothique érigée par le prêtre – mais loin de l’imaginer dominant un paysage de collines et de vignes, je la voyais sur le bord d’une falaise dominant des flots déchaînés par les tempêtes. Quelque part sur la côte bretonne, dans un pays de brume, elle se découpait, sombre sur un ciel gris. Je n’avais pas encore versé de larme sur la tombe de Chateaubriand à Saint-Malo, mais, sans que je le sache encore, mon âme était déjà fort imprégnée de romantisme…

Les choses n’auraient peut-être jamais changé si, le 12 octobre 1992, je ne m’étais pas installé dans le salon familial pour regarder sur TF1 le second numéro de l’émission Mystères. Cette émission, consacrée aux phénomènes inexpliqués, diffusait ce soir-là un reportage sur l’énigme de l’abbé Saunière. J’étais à l’époque (et cela durait depuis mon jeune âge) intéressé par les phénomènes étranges, et c’est donc ceux-là qui m’avaient, en premier lieu, motivé à suivre l’émission. Pourtant, lorsqu’elle s’acheva, je ne pensais plus qu’à l’affaire de Rennes.

Je venais de découvrir une histoire que je n’imaginais pas pouvoir exister dans la réalité : on y parlait du trésor, certes, mais, surtout, de l’extraordinaire jeu de piste censé y conduire encore. Après les spectrales reconstitutions en noir et blanc des fouilles et découvertes de l’abbé, je découvrais parchemins, pierre tombale codée, mais aussi tableau de maître crypté… car, et c’était pour moi une révélation, le secret de Rennes-le-Château, quel qu’il fût, était à ce point important qu’une toile conservée au Louvre l’évoquait : Les Bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin (1594-1665).

Mettant en scène la méditation des vivants sur le temps 

qui passe, la toile a pour objet principal un tombeau, autour duquel trois bergers éponymes et une bergère sont rassemblés, absorbés à comprendre le sens de l’inscription figurant sur le monument : « ET IN ARCADIA EGO ».

Jusque-là, rien de bien surprenant. Si ce n’est que le fond du tableau, ponctué de quelques reliefs rocheux, avait retenu l’attention des chercheurs : il ressemblerait étrangement à un paysage visible à quelques kilomètres seulement de Rennes-le-Château ! Plus surprenant encore, à cet endroit se trouvait une exacte réplique du monument observé par les bergers !

Ce n’était pas tout. Selon le même reportage, le bénitier placé par l’abbé Saunière à l’entrée de son église présentait une étrange anomalie magnétique : une boussole successivement placée en trois endroits du socle portant les statues le dominant indiquait trois directions différentes. Plus surprenant, les lignes partant ainsi de l’église tombaient, pour l’une d’elles, sur une ancienne croix de pierre, perdue dans la campagne environnant le village… et, pour une autre, sur un second point remarquable. Était-ce un jalon vers l’extraordinaire trésor ?

On ne pouvait que se laisser porter par ce récit. Les images étaient, par moments, accompagnées par des morceaux choisis de la bande originale d’Indiana Jones.Non pas le fameux thème du générique, mais certains de ces passages accompagnant le héros lorsqu’il se rapprochait de la résolution de l’énigme. La musique exerçait une influence subliminale de plus sur moi, qui avait été subjugué par La Dernière Croisade lors de sa sortie au cinéma.

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Publié dans Néo-archéologie

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