Le mystère de la chambre jaune, de Gaston Leroux

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

Le mystère de la chambre jaune, de Gaston Leroux

Résumé :  Stangerson et sa fille Mathilde habitent le château du Glandier où ils poursuivent leurs recherches scientifiques. La presse annonce la tentative de meurtre sur Mathilde qui dormait dans la "Chambre Jaune". Alerté par ses cris, son père n'a pas vu d'assassin dans la pièce qui ne comporte qu'une porte et une seule fenêtre grillagée. Le jeune Rouletabille, reporter à l'Époque, se rend au Glandier avec Sainclair, son ami avocat. Ils y retrouvent M. de Marquet, le juge d'instruction obtus, Darzac, le fiancé de Mathilde à la conduite équivoque, le grand Fred Larsan, un policier renommé, et un mystérieux "homme vert"...
 

Auteur : Gaston Leroux
Nombre de pages : 281
Editeur : Le livre de poche
Date de parution : 1974
Prix : Livre libre de droit 

Avis / Critique :

Rouletabille, c'est un Tintin avant l'heure muni des gênes de Sherlock Holmes. Petit reporter au journal l'Epoque, ce jeune garçon de 16 ans à peine décide de résoudre l'enigme de "La chambre jaune". Qui a essayé de tuer miss Stangerson ? Le père, le fiancé, l'ecclésiastique, l'homme en vert ou quelqu'un d'autre ? Et comment surtout, car elle est là l'enigme, comment l'assassin a-t-il pu ressortir de cette pièce fermée sans que personne ne le voit ?
Nichée au coeur de l'Essonne, entre Monthéry et à l'époque où Sainte-Geneviève des Bois n'était encore qu'un village, l'histoire de la "Chambre Jaune" reste l'un des plus grands romans de Gaston Leroux. Enigmatique, il nous raconte cette histoire sous la forme d'un récit de journal par le biais du journaliste Sainclair, ami et coéquipier de Rouletabille, sorte de Dr Watson français.

Les analogies aux romans de Conan Doyle sont là, d'ailleurs, présentes tout au long du récit. Gaston Leroux ne s'en cache pas, il y fait référence à plusieurs reprises et Agatha Christie, herself, fera l'éloge du livre par le truchutement de son héros, Hercule Poirot.

Gaston Leroux voulait faire avec cette histoire mieux que le père de Sherlock Holmes. Y est-il arrivé ?
Malheureusement, non. Trop long, trop poussif, trop lourd, trop trop..
Le livre de Gaston Leroux, baigné dans une écriture qui, aujourd'hui se révèle bien vieillotte manque considérablement de verve, de dynamisme et rend la lecture ennuyeuse (ce qui convenait peut-être à l'époque). Là, où Maurice Leblanc parvient à nous tenir en haleine avec ses Arsène Lupin, Leroux échoue avec cette enquête de Rouletabille. C'est bien dommage car l'intrigue est interessante mais le lecteur finit par s'y perdre en conjecture, à trop naviguer dans les suppositions et les retranscriptions des "je relate ici ce que Untel m'a dit", ce qui rend le tout poussif et lourd.
A trop vouloir en faire, Gaston Leroux s'est perdu. Dommage car l'intrigue est là et bien là, le dénouement étonnant et inattendu mais le livre truffé de redites, de longueurs finit par semer son lecteur tant et si bien que fait rarissime, j'ai lu certains passages en diagonal pour en finir au plus vite.

Un classique qui à mal vieilli, en somme.

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Extrait :

Une demi-heure plus tard, nous étions, Rouletabille et moi, sur le quai de la gare d’Orléans, attendant le départ du train qui allait nous déposer à Épinay-sur-Orge. Nous vîmes arriver le parquet de Corbeil, représenté par M. de Marquet et son greffier. M. de Marquet avait passé la nuit à Paris avec son greffier pour assister, à la Scala, à la répétition générale d’une revuette dont il était l’auteur masqué et qu’il avait signé simplement : « Castigat Ridendo. »

M. de Marquet commençait d’être un noble vieillard. Il était, à l’ordinaire, plein de politesse et de « galantise », et n’avait eu, toute sa vie, qu’une passion : celle de l’art dramatique. Dans sa carrière de magistrat, il ne s’était véritablement intéressé qu’aux affaires susceptibles de lui fournir au moins la nature d’un acte. Bien que, décemment apparenté, il eût pu aspirer aux plus hautes situations judiciaires, il n’avait jamais travaillé, en réalité, que pour « arriver » à la romantique Porte Saint-Martin ou à l’Odéon pensif. Un tel idéal l’avait conduit, sur le tard, à être juge d’instruction à Corbeil, et à signer « Castigat Ridendo » un petit acte indécent à la Scala.

L’affaire de la «Chambre Jaune», par son côté inexplicable, devait séduire un esprit aussi… littéraire. Elle l’intéressa prodigieusement ; et M. de Marquet s’y jeta moins comme un magistrat avide de connaître la vérité que comme un amateur d’imbroglios dramatiques dont toutes les facultés sont tendues vers le mystère de l’intrigue, et qui ne redoute cependant rien tant que d’arriver à la fin du dernier acte, où tout s’explique.

Ainsi, dans le moment que nous le rencontrâmes, j’entendis M. de Marquet dire avec un soupir à son greffier :

« Pourvu, mon cher monsieur Maleine, pourvu que cet entrepreneur, avec sa pioche, ne nous démolisse pas un aussi beau mystère !

– N’ayez crainte, répondit M. Maleine, sa pioche démolira peut-être le pavillon, mais elle laissera notre affaire intacte. J’ai tâté les murs et étudié plafond et plancher, et je m’y connais. On ne me trompe pas. Nous pouvons être tranquilles. Nous ne saurons rien.

Ayant ainsi rassuré son chef, M. Maleine nous désigna d’un mouvement de tête discret à M. de Marquet. La figure de celui-ci se renfrogna et, comme il vit venir à lui Rouletabille qui, déjà, se découvrait, il se précipita sur une portière et sauta dans le train en jetant à mi-voix à son greffier : « surtout, pas de journalistes ! »

M. Maleine répliqua : « Compris ! », arrêta Rouletabille dans sa course et eut la prétention de l’empêcher de monter dans le compartiment du juge d’instruction.

« Pardon, messieurs ! Ce compartiment est réservé…

– Je suis journaliste, monsieur, rédacteur à l’Èpoque, fit mon jeune ami avec une grande dépense de salutations et de politesses, et j’ai un petit mot à dire à M. de Marquet.

– M. de Marquet est très occupé par son enquête…

– Oh ! Son enquête m’est absolument indifférente, veuillez le croire… Je ne suis pas, moi, un rédacteur de chiens écrasés, déclara le jeune Rouletabille dont la lèvre inférieure exprimait alors un mépris infini pour la littérature des « faits diversiers » ; je suis courriériste des théâtres… Et comme je dois faire, ce soir, un petit compte rendu de la revue de la Scala…

– Montez, monsieur, je vous en prie… », fit le greffier s’effaçant.

Rouletabille était déjà dans le compartiment. Je l’y suivis. Je m’assis à ses côtés ; le greffier monta et ferma la portière.

M. de Marquet regardait son greffier.

– Oh ! Monsieur, débuta Rouletabille, n’en veuillez pas « à ce brave homme » si j’ai forcé la consigne ; ce n’est pas à M. de Marquet que je veux avoir l’honneur de parler : c’est à M. « Castigat Ridendo » ! … Permettez-moi de vous féliciter, en tant que courriériste théâtral à l’Èpoque… »

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