Des américaines à Paris, de Gérard Bonal

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

 

Résumé : Elles sont riches, artistes, philanthropes. Elles peignent, écrivent, dansent, jouent de la musique, tiennent salon, aiment. Paris est une fête pour ces femmes aux moeurs libres qui fuient l'Amérique puritaine. Le salon de la princesse de Polignac ; l'atelier de la rue de Fleurus où Gertrude Stein arbitre le match Picasso-Matisse ; le temple de l'amitié de Natalie Barney, rue Jacob, où l'on croise Colette, Ernest Hemingway, Jean Cocteau... Autant de lieux qu'elles ont rendus célèbres dans le monde entier grâce à leur énergie et leur talent.

Auteur : Gérard Bonal
Nombre de pages : 382
Edition : Taillandier
Collection : Texto
Date de parution : 3 octobre 2019
Prix : 22€90 (Broché) - 10.50€ (poche) - 9.99€ (epub, mobi)
ISBN : 979-1021041035

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Avis / Critique :


Originaires du vieux continent, ces Américaines issues souvent de bonne famille sont revenues vers les terres de leurs ancêtres et notamment en France, à Paris, pour devenir chacune à leur manière des figures de la jet set de l'époque et des salons littéraires. Poétesses, peintres, écrivaines, elles sont souvent des femmes ayant su bousculer les rangs, leurs familles, les normes pour "Être" ce qui leur plaisait, s'ouvrir, se découvrir, vivre selon leurs désirs.

Homosexuelles, bisexuelles, hétérosexuelles, leur rang, leur fortune et parfois le mariage de convenance les mettent à l'abri des représailles. Le fait de se trouver dans la capitale les aide aussi à vivre comme bon leur semble et à insuffler à celle-ci un vent nouveau qui perdra de son éclat avec la Seconde Guerre mondiale.

Gérard Bonal trace le portrait de quelques-unes d'entre elles comme Mary Cassatt, Anna Klumpke, Rosa Bonheur, Renée Vivien, Eva Palmer, Isadora Duncan, Winnaretta Singer, Romaine Brooks, Gertrude Stein, etc.
Si le début de cet ouvrage est vraiment intéressant, car il s'arrête sur des figures peu connues et les retranscrit dans leur vie familiale et sociale, arrivé au portrait de Winnaretta Singer, l'auteur se perd pour nous décrire l'environnement artistique et lâche ce qui faisait l'attrait des premiers portraits : leur histoire personnelle. C'est d'autant plus dommage qu'effectivement il s'attache énormément à Winnaretta Singer (près d'un tiers du livre) et laisse de côté d'autres femmes tout aussi importantes, se contentant de les citer, et en oubliant d'autres (peut-être aura-t-on droit à un second tome ?)
D'ailleurs, je me suis prise à sauter des pages de cette seconde moitié, alors que j'ai dévoré les premières, bien plus prenantes à mes yeux et mieux écrites, car il ne s'est pas contenté de citer et de discourir, tournant autour d'un sujet artistique en s'éloignant de son sujet principal comme dans la seconde partie.

Donc, pour moi c'est un livre en demi-teinte que nous offre Gérard Bonal. Il a cependant le mérite de remettre au goût du jour des personnalités de ce début du 20ème siècle, personnalités qui ont façonné le Paris artistique, littéraire, scientifique, aux côtés de Picasso, Gide, Hemingway, Verlaine, etc.,  le bousculant dans ses habitudes et dans ses mœurs. Et rien que pour cela, ces "Américaines à Paris" vaut que l'on s'y attarde.
 

 

 

Lire aussi  :
- Renée Vivien, la sapho

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Extrait :

Avant-propos


Elles viennent de New York, de l’Ohio ou de Pennsylvanie, de Chicago, de San Francisco, de Baltimore… Elles sont à la recherche d’une liberté que leur refuse encore cette Amérique du XIXe siècle, toute neuve, un peu fruste, bridée par l’intransigeant puritanisme des pilgrim fathers, et qui ne laisse que peu de place au développement de personnalités féminines originales.

La liberté, c’est à Paris qu’elles la trouveront. La liberté ou, plutôt, les libertés. Toutes les libertés – culturelle, artistique, individuelle, sexuelle… Issues de milieux bourgeois, bénéficiant d’un savoir cosmopolite et large, parlant couramment le français, elles vont se tailler dans la capitale une vie à la mesure de leurs ambitions et de leurs désirs.

Une génération d’Américaines – fortunées pour la plupart, quelques-unes homosexuelles – arrive donc dans le Paris de la Belle Époque, où ces singularités seront mieux admises que de l’autre côté de l’Atlantique. Paris qui, vu des États-Unis, est le centre culturel du monde. Car, comme le dit, au même moment, le poète anglo-saxon William Butler Yeats : « C’est de Paris que sont venues presque toutes les grandes influences artistiques et littéraires. » Elles n’ont pas attendu que ces influences atteignent enfin les rivages américains, elles viennent à leur rencontre…

Ce que ces femmes ont en commun, c’est non seulement la volonté de « vivre leur vie », ce qui serait peu de chose, c’est aussi le goût des arts et des sciences. Et, souvent, d’authentiques talents de peintre, d’écrivaine, de danseuse, qui s’épanouiront dans la capitale. D’autres tiendront des salons renommés et deviendront, grâce à leur fortune, à leur curiosité, à leur sens de l’avant-garde, à leurs réseaux d’amitiés, de véritables animatrices de la vie artistique parisienne.

Natalie Barney choisit ainsi Paris pour ériger son « temple de l’amitié », tandis que, rue Cortambert, la princesse Edmond de Polignac, née Winnaretta Singer, reçoit, accompagne et finance généreusement tout ce qui compte parmi la jeune génération des compositeurs – Fauré, Debussy, Ravel, Messager, Falla, Hahn… devenant de la sorte une des plus grandes mécènes de la scène musicale française.

C’est à Paris que Gertrude Stein, dans son atelier de la rue de Fleurus, « invente » Picasso, soutient Matisse et arbitre le match que se livrent les deux hommes. À Paris que Romaine Brooks connaît ses premiers succès de peintre. À Paris que Mary Cassatt découvre et rejoint le groupe des impressionnistes. C’est à Paris qu’une Américaine, Augusta Klumpke, force les portes de la faculté de médecine jusqu’à devenir la première femme interne des hôpitaux, tandis que sa sœur, Dorothea, obtient en Sorbonne le titre de première femme docteur en astronomie. À Paris, enfin, que la romancière Edith Wharton, durant la Première Guerre mondiale, crée ces American Hostels for Refugees qui accueilleront des centaines de réfugiés chassés de leurs villages par la violence des combats.

Outre leurs origines, leur formation, c’est le rôle de toutes ces femmes américaines dans les milieux artistiques parisiens que raconte cet ouvrage. Ces destins singuliers qui ont donné un sang neuf, une énergie nouvelle à la vie culturelle française des premières années du XXe siècle.

 

 

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