Au détour d'un livre

Au détour d'un livre

Critiques littéraires, avis, livres gratuits, news. “Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux.” (Jules Renard) -

Love me tender, de Constance Debré

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Résumé : « Je ne vois pas pourquoi l'amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s'aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s'en foutre, une fois pour toutes, de l'amour. » Constance Debré poursuit sa quête entamée avec Play Boy, celle du sens, de la vie juste, de la vie bonne. Après la question de l'identité se pose la question de l'autre et de l'amour sous toutes ses formes, de l'amour maternel aux variations amoureuses. Faut-il, pour être libre, accueillir tout ce qui nous arrive ? Faut-il tout embrasser, jusqu'à nos propres défaites ? Peut-on renverser le chagrin ?

 

Auteure : Constance Debré
Nombre de pages : 187
Edition : Flammarion
Collection : Littérature française
Date de parution : 8 janvier 2020
Prix : 18€ (Broché) - 12.99€ (epub, mobi) - 0€ (audible)
ISBN : 978-2081471733

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Avis / Critique :


Ce "Love me tender " est la suite de son livre "Play boy" où Constance Debré faisait en quelque sorte son coming-out après 20 ans de mariage et un enfant. Ici, nous assistons donc à la problématique que cette révélation va avoir sur sa vie de mère. En effet, Laurent, le père semble avoir du mal à encaisser cette nouvelle vie, et un brin réac, ou parce que cela l'arrange bien, met en avant cette situation et tous les changements qui y sont inhérents dans une bataille dont le centre et la victime, finalement sera l'enfant. Hors de question pour lui que son fils fréquente les nouveaux amis de sa mère ou vive un tant soit peu ce genre de vie.
C'est cette bataille de la garde et les combats qui s'engagent entre les deux parents, les répercussions que cela va avoir sur chacun, les stratagèmes trouvés par l'un pour mettre des bâtons dans les roues de l'autre qui vont être ici racontés sous la plume de Constance Debré.
Du moins en partie, car il y a également un second thème : sa vie à elle, sa vie d'homo, sa seconde vie.
C'est la vie de tous les jours de Constance Debré que l'on découvre.
Ancienne avocate, nièce de ministres, de chirurgien-urologue, et cousine et soeur de journalistes, Constance raconte ses déboires : elle vivote d'un appartement à l'autre, n'a plus d'argent parce qu'elle a décidé de renoncer à son métier pour écrire, passe de femme en femme comme une boulimique qui ne sait pas s'arrêter. C'est aussi un hymne au narcissisme, car il y a beaucoup d'auto-congratulation dans ce "Love Me tender". Par exemple, depuis qu'elle est gay et s'est coupée les cheveux, on lui donne 20 ans de moins, elle peut se faire toutes les filles qu'elle veut puisque ce sont elles qui tombent littéralement à ses pieds, devenant un brin arrogante et cachant finalement sous ses excès sexuels et son ascétisme des besoins vitaux, une dépression qui ne dit jamais vraiment son nom.

Finalement, ce livre et sa vie sont ponctués par l'attente de revoir son fils, de partager à nouveau avec lui. Après tout, il représente encore une partie de sa vie d'avant, une partie qu'elle ne peut sacrifier à sa nouvelle histoire d'être, à sa transformation. C'est toute cette procédure, le fait d'avoir à combattre parce qu'elle se rend compte rapidement que son ex Laurent ne lui laissera pas si facilement la victoire. Elle l'a fait souffrir, elle en payera le prix et ce prix ce sera leur enfant, arme de sa propre souffrance à lui et de son intolérance.

Moins percutant que son premier opus, "Play Boy", Constance Debré se drape dans un personnage qui devient caricatural au fil des pages et qu'on a du mal à aimer, auquel on a du mal à s'attacher, mais que l'on plaint en pensant qu'elle masque la réalité de sa peine, de son mal-être en jetant tout de sa vie d'avant, en renonçant à tout bien, en s'imaginant tel un Casanova en jupons, se perdant dans divers excès jusqu'à s'éloigner de sa propre famille, hormis de son père, seul lien qu'elle conserve.
Constance Debré s'est dépouillé de tout et à force de se dépouiller, il n'en reste pas grand-chose, sauf peut-être une écriture dont le style s'inscrit en droite ligne du précédent livre. Ça fonctionne encore cette fois-ci, mais pour le prochain, à moins de se renouveler et d'apporter plus de contenu, je ne suis pas certaine que les lecteurs auront envie de s'y plonger.

Bref, ce livre  n'est pas mauvais. Il est fait de pensées, celles qui narre le combat d'une mère pour retrouver son fils, son questionnement en temps que mère, et qui doit faire face aux difficultés d'une situation de séparation délicate et au décalage entre la société et la vie réelle.
Il y a peu d'affects dans ce livre, beaucoup de sentiments dépressifs, et quelques beaux moments. C'est une écriture simple, avec de courtes phrases, et une parole toujours crue dans les scènes sexuelles qui pourront en choquer certains qu'elle nous livre.
Ce love me tender  est finalement un cri d'amour pour son fils, un livre écrit pour lui, pour plus tard, pour qu'il comprenne le choix de sa mère, sa vie, le pourquoi de tout cela...
Ce livre c'est comme une lettre qui lui est destinée.
Mais devons-nous la lire cette lettre ? Je ne suis pas certaine.
C'est à vous de voir. 

 

 

Autre titre de Constance Debré critiqué sur ce blog :
- Play Boy

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"Love me Tender", de Constance Debré - "audetourdunlivre.com"

Extrait :

Je nage tous les jours, j’ai le dos et les épaules musclés, les cheveux courts, bruns un peu gris devant, le détail d’un Caravage tatoué sur le bras gauche, et Fils de Pute, calligraphie soignée, sur le ventre, je suis grande, mince, j’ai peu de seins, un anneau à l’oreille droite, je porte des jeans, des pantalons de toile, des tee-shirts blancs ou noirs, des chemises d’homme l’été, un vieux blouson en cuir, pas de soutien-gorge, des Converse, des Church’s, je dors dans un caleçon de garçon en oxford gris, je ne me maquille pas, je me brosse les dents trois fois par jour, je n’utilise pas de déodorant, je transpire peu mais j’aime bien de temps en temps, comme parfum je mets Habit Rouge, parfois j’ai envie d’en changer mais ça plaît aux filles alors je le garde, je sens le chlore aussi avec la piscine, je fume des Marlboro light le soir, je bois peu, je ne me drogue pas, je vis à Paris, dans un studio vers Denfert, je n’ai pas de meubles à part un matelas de 120 acheté à Stop Affaires, rue Saint-Maur, et une planche et des tréteaux, 17,90 euros l’ensemble au Bricorama de l’avenue de Flandre, je n’aime pas les objets, je n’ai pas de casseroles, pas de couverts, pas d’assiettes, sauf en carton pour ne pas faire la vaisselle, je n’ai pas d’argent parce que je m’en fous, parce que je préfère écrire que travailler, je ne pense jamais que j’ai 47 ans, j’imagine que je vieillirai d’un coup, sauf si comme ma mère je meurs avant, à part mon fils que je ne vois plus tout va bien, il a huit ans mon fils, puis neuf, puis dix, puis onze, il s’appelle Paul, il est super.

 

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