Au détour d'un livre

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Critiques littéraires, avis, livres gratuits, news. “Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux.” (Jules Renard) -

Agatha Raisin enquête : Au théâtre ce soir - Tome 25

 

Résumé :

Quelle mouche a piqué Agatha d'accepter la proposition de son amie Mrs. Bloxby d'assister au spectacle de fin d'année de la troupe de théâtre locale ? La mouche tsé tsé sans doute, car la mise en scène est si mauvaise qu'Agatha s'endort dès les cinq premières minutes. Jusqu'à ce qu'un cri retentissant la réveille en sursaut : happé par une trappe, un des acteurs est retrouvé empalé quelques mètres plus bas !

 

Auteure : MC Beaton
Nombre de pages : 324
Édition : Albin Michel
Date de parution : 26 août 2020
Prix : 14€ (Broché) - 9.99€ (epub, mobi) - 0€ (audible)
ISBN : 978-2226444219

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Avis / Critique :

    La nouvelle aventure d'Agatha Raisin, l’espiègle détective en jupon, quinquagénaire un brin excentrique, nous emmène au cœur du théâtre amateur où l'un des acteurs est retrouvé mort, empallé avant qu'un autre n'ait à son tour la tête décapitée. Aidée de Bill, le policier, de Charles l'aristocrate et de Tony, son assistante, Agatha Raisin va tenter de trouver qui, parmi les acteurs de la troupe est le coupable. La victime, le boulanger n'était pas l'homme qu'il paraissait être.
     Tous sont suspects dans ce village de Winter Parva et tous ont bien sûr, des choses à cacher...
    Quand est-il donc du maréchal-ferrant, de la femme de celui-ci, du metteur en scène, du professeur et chanteur à ses heures perdues ?
    Voilà que les morts s'additionnent et que ni la police ni Agatha ne parviennent à mettre la main sur le meurtrier qui leur file entre les doigts.

   Une enquête âpre pour Agatha qui entre deux moments de désillusion voit son cœur d'artichaut s'emballer et s'énamourer de prétendants à l'instar de John, le professeur beau comme un dieu, mais fauché comme les blés qui vont vite la faire déchanter. Deux futurs maris possibles, deux demandes, mais qui choisir ?
   Et c'est sans compter sur le danger qui va poursuivre Agatha au fur et à mesure qu'elle s'approche de la vérité. MC Beaton, en effet, n'épargne pas dans cette aventure son héroïne qui va être confrontée non seulement à la mort des autres, mais aussi à la sienne.  

    Bref, une enquête qui ne va pas être de tout repos pour notre détective en jupon. Et si ce "Au théâtre ce soir" démarre plutôt mollement, le suspens et l'action prennent vite le pas et on a du mal à décrocher de cette histoire qui est l'une des meilleures écrites par MC Beaton (à mon sens). L'humour est toujours là, un peu moins que d'habitude cependant, car l'action prend une part plus importante que dans les autres tomes.

     Pour les aficionados des aventures d'Agatha Raisin, mais aussi pour les autres.

 

 

 

A découvrir aussi :

- Le noël d'Agatha (nouvelle gratuite à télécharger)
- Tome 22 : Du lard ou du cochon
- Tome 21 : Trouble-fête
- Tome 20 - Voici venir la mariée
- Tome 18 - Un noël presque parfait
- Tome 14 : gare aux fantômes
- Tome 13 : chantage au presbytère
- Tome 5 : pour le meilleur et pour le pire
- Tome 2 : Pas de pot pour la jardinière
- Tome 1 - La quiche fatale

 

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Extrait :

2

Mais à sa sortie du pub, Agatha estima qu’il était grand temps pour elle d’en savoir plus sur Gareth Craven. S’il ne travaillait plus, il devait disposer d’une fortune personnelle ou exercer d’autres activités pour être en mesure de s’offrir ses services.

Elle trouva son adresse et localisa la rue sur son iPad. Comme c’était près du pub, elle décida de s’y rendre à pied. Gareth vivait dans une ruelle donnant sur la rue principale, constituée de maisons du XVIIe siècle dépourvues de jardinets et tassées les unes contre les autres comme pour se soutenir mutuellement.

Elle levait la main vers la sonnette quand une agréable voix de ténor lui parvint aux oreilles, depuis l’intérieur de la maison. C’était « Donnez-moi des étoiles dans les yeux », un air des Gondoliers, l’opérette de Gilbert et Sullivan.

Agatha attendit la fin de la chanson, puis sonna d’une main assurée.

Gareth ouvrit. Quel charmant sourire il a ! songea Agatha.

– C’est vous qui chantiez ? demanda-t-elle.

– Oui, je fais de l’opérette en amateur, j’avoue. C’est mon péché mignon !

Les hormones d’Agatha émirent un soupir de déception. Les gens qui utilisaient des expressions comme « péché mignon » étaient du genre à avoir des nains de jardin et leur salle de bains peinte en vert avocat.

– Entrez, dit Gareth, s’écartant pour la laisser passer. C’est à gauche !

Agatha se retrouva dans un petit séjour. Comme chez Pixie, toutes les tables et tous les murs étaient ornés de photos de Gareth. Agatha comprenait qu’on expose des photos de famille, mais ne fallait-il pas être excessivement vaniteux pour avoir autant de photos de soi-même ? Pourtant, pensa-t-elle, ça valait sans 

doute mieux que de ne pas s’aimer physiquement, ce qui était son cas à elle. Elle se rappelait avoir prié, enfant, pour se réveiller un beau matin avec des yeux verts et des boucles blondes.

– Je fais partie de la troupe des Mircester Savoy Players, dit Gareth. Il faut que vous veniez nous voir. Parfois je chante et parfois je mets en scène. En ce moment, je mets en scène Le Mikado.

– Une autre fois peut-être. Avez-vous eu vent de nouveaux éléments susceptibles de m’intéresser ?

– Pas vraiment. À l’évidence, il y avait beaucoup de chamailleries parmi les interprètes. Côté divas, nous n’avons rien à envier aux troupes professionnelles.

– Des divas ? Qui par exemple ?

Il leva un sourcil et éclata de rire.

– Tous, si vous voulez mon avis.

– Bert, le défunt, a-t-il été à l’origine de certaines de ces querelles ?

– Laissez-moi réfléchir. Pixie voulait qu’on supprime la fumée verte, parce que ça la faisait tousser. Bert l’a traitée de vieille rombière, ce qui l’a rendue hystérique. Attendez, que je me souvienne ! Elle a hurlé : « Ta femme, elle sait qui tu te tapes ? »

– Et il a répondu ?

– « Si j’étais marié à une connasse à moitié tapée comme toi, je pourrais avoir envie de tromper ma femme. Mais vu que c’est pas le cas, tu peux aller… » Bon, vous imaginez la suite.

– Bert a eu des ennuis avec quelqu’un d’autre ?

– George Southern, le comique, avait l’intention de l’attaquer en justice. George avait mis un coussin péteur sur le tampon de la trappe, si bien que quand Bert a fait sa sortie, au cours d’une répétition, il y a eu un gros bruit de pet. Il est revenu en fulminant comme l’ogre qu’il joue dans le spectacle et a balancé un coup de poing dans le nez de George. Pour finir, ça s’est arrangé.

– Eh ben ! Ça en fait, des suspects ! J’ai perdu mon programme. Vous en auriez un pour moi ?

– Oui, tenez !

Il lui tendit un programme.

– La distribution n’est pas énorme, dit Agatha. Du moins en ce qui concerne les rôles principaux. Celle qui joue la mère Hubbard s’appelle Bessie Burdock. Le script est sacrément décousu. Il y a une scène où la mère Hubbard fait entrer et sortir d’une grande chaussure en carton les gamines qui ont fait le numéro de claquettes. C’est à ce moment-là que Jack lui tend des haricots et elle le chasse lui aussi. On oublie la tige de haricot magique ! Jack est menacé par l’ogre et sauvé par le Chat botté, interprété par Pixie. Dans un double rôle ?

– Oui, elle jouait aussi le Petit Chaperon rouge.

– Ça alors ! Et qui jouait le loup ?

– Le loup a changé d’avis et dit qu’il refusait d’être associé à une nullité pareille.

– C’est qui, le loup ?

– John Hale, le professeur d’anglais du collège de Mircester.

– Lui aussi s’est disputé avec Bert ?

– Oui, il lui a dit que le spectacle n’était pour lui qu’une manière de satisfaire son ego. Si vous vous rappelez bien, Bert fait une entrée et une sortie par la trappe mais, à part ça, il se contente de se pavaner sur scène.

– Et ça ne fait pas partie de l’intrigue ?

– Eh bien, non.

– Mais en tant que metteur en scène, vous pouviez certainement l’en empêcher, non ?

– Il m’a menacé, si je le faisais, de raconter que j’avais tripoté une des collégiennes. Vous êtes au courant de tous ces scandales à la BBC en ce moment, avec ces gens qui sortent de l’ombre pour dire qu’ils ont été victimes d’agressions sexuelles ? Ce genre de rumeurs vous colle aux basques. Pas question de courir le risque. Je ne mettrai plus jamais en scène un de leurs spectacles.

– Qu’est-il arrivé au dernier metteur en scène ?

– Il est décédé d’une crise cardiaque.

– On m’a rapporté que vous aviez eu une dispute enflammée avec Bert, dit Agatha avec prudence. C’était à propos de cette histoire de calomnie ?

– Oui.

– Vous n’avez pas menacé de le tuer ou quelque chose dans ce goût-là ?

– Si. Vous comprenez pourquoi je tiens tellement à ce que vous découvriez l’assassin.

– Je ferai de mon mieux. Sachez que les crimes sont le plus souvent commis par l’entourage immédiat de la victime.

– Oubliez ça, répliqua Gareth en rougissant. Gwen Simple est une sainte et le fils un garçon poli et discret.

– Vous connaissez bien la famille ?

– J’ai rencontré Gwen avant son mariage. Je lui aurais bien proposé de m’épouser, mais j’étais moi-même marié à l’époque et Bert a sauté sur l’occasion.

Rien à attendre de lui, songea Agatha. Apparemment, il en pince encore pour Gwen.

– Je crois qu’il est temps que vous me présentiez le forgeron, conclut-elle.

– Je vais chercher mon manteau.

Le forgeron était occupé à ferrer un cheval.

– On ferait mieux d’attendre qu’il ait fini, dit Gareth. Autrefois on avait un maréchal-ferrant au village. Mais il est mort il y a quelques années, Harry a alors ajouté cette corde à son arc.

Agatha et Gareth étaient dans l’atelier, assis sur deux chaises abîmées. Tout autour d’eux, des rampes, des portails, des grilles et autres pièces en fer forgé.

Un pâle soleil d’hiver jetait ses maigres rayons par la porte ouverte. Dehors, dans la cour, les poules picoraient avec des gloussements évocateurs qui n’étaient pas sans rappeler un grincement de grilles. Harry avait paré le sabot et s’apprêtait à le ferrer. Je me demande ce que ça fait, s’interrogea Agatha, d’exercer un travail manuel et de ne jamais avoir à se triturer les méninges pour savoir qui a tué qui.

– Ça me surprend que le cheval se montre aussi patient, dit Agatha.

– Ça ne lui fait pas mal. C’est comme une manucure, répliqua Gareth.

Enfin, le forgeron en eut fini.

– C’est pour quoi ? demanda-t-il.

Gareth lui présenta Agatha. L’imposante silhouette de Harry se dressa au-dessus d’elle, menaçante.

– Écoutez, dit-il. Trouvez çui qu’a tué Bert, que j’aille serrer la pince du gars. Le monde s’portera mieux sans lui.

– Mais quelle horrible façon de mourir ! objecta Agatha.

– Ouais, ce qu’il s’est pris dans les couilles ! Bien fait pour lui. L’avait une chouette bourgeoise, alors pourquoi s’taper la moitié du village ?

– Vous avez des noms ?

– Pas mon genre de r’muer la merde maintenant que ce sale type est mort. Z’êtes détective, non ? Trouvez toute seule !

Une femme fluette, emmitouflée dans un manteau en tweed miteux, entra dans le hangar avec une flasque et un mug.

– Je t’apporte ton thé, Harry.

– Pose ça sur l’établi et fous-moi le camp !

Elle détala, la tête basse. J’aimerais la voir seule, songea Agatha. La femme avait pleuré.

– Alors, vous attendez quoi ? grogna le forgeron.

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