Au détour d'un livre

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T. de Fombelle : son nouveau roman jeunesse privé de publication anglo-saxonne pour appropriation culturelle ?

 

Publiée chez Gallimard Jeunesse, la nouvelle saga de Timothée de Fombelle va-t-elle se voir interdire de publication aux États-Unis et en Angleterre ?
Probablement.
Pourquoi ?
Parce qu'il est blanc, il est donc accusé de faire de l'appropriation culturelle en racontant l'histoire d'une héroïne noire.
La censure montre-t-elle le bout de son nez dans le monde littéraire ?
Dans une interview donnée dans le journal Le Point, Timothée de Fombelle, auteur de "Alma, le vent se lève" révèle que son roman pourrait ne jamais voir le jour aux États-Unis et en Angleterre où ses livres se faisaient auparavant éditer.

Auteur de littérature jeunesse, Timothée de Fombelle a écrit une vingtaine de romans, dont les séries primées à plusieurs occasions :  Vango et Tobie Lolness (28 prix littéraires). Cette année, il revient avec une nouvelle série prévue en trois tomes : Alma. Si le roman est sorti en France le 11 juin dernier chez Gallimard Jeunesse, sa sortie aux États-Unis et au Royaume-Uni est compromise.
Pourquoi ? Parce qu'Alma raconte l’histoire d’une jeune fille africaine à l’époque de l’esclavage et de la traite des noirs, et son auteur Timothée de Fombelle est un homme… blanc.
« Chez Walker Books, mon éditeur anglais qui possède une filiale aux États-Unis, on sait que je travaille depuis des années sur le sujet de la traite négrière, et on m’a dès le départ mis en garde. Sujet passionnant, mais trop délicat, m’a-t-on dit : quand on est blanc, donc du côté de ceux qui ont exploité les Noirs, on ne peut pas décemment s’approprier l’histoire de l’esclavage. Ils ont aimé le livre, mais, en effet, et pour la première fois, ils ne le publieront sans doute pas… », explique l’auteur.

Appropriation culturelle.
Ce terme à connotation négative qualifie l’utilisation d’une culture par une autre culture jugée dominante. Ici, un homme blanc, de la même couleur que ceux ayant été responsables de la traite des noirs au XVIIIe siècle (époque à laquelle se déroule Alma), ne pourrait donc pas être légitime pour aborder le sujet des esclaves noirs.

En février dernier, l’auteur américaine Jeannine Cummins était elle aussi accusée d’appropriation culturelle pour son roman American Dirt. Cummins y racontait le périple d’une mexicaine et de son fils qui traversaient la frontière des États-Unis, une histoire que ses détracteurs ont jugé inappropriée sous la plume d’une femme blanche. 

La couleur de peau, l'origine d'une personne vont-elles devenir un frein à la création littéraire ? Peut-on écrire sur tous les sujets si on est pas impliqué historiquement et directement ?
Les maisons d'éditions vont-elles devoir retirer de la vente des romans écrits autrefois par un homme ou une femme issu(e) d'une autre culture ?
La censure pointe et la question se pose :  Le monde devient-il fou ?

 

 

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