Gens de Dublin, de James Joyce

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

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Résumé : " Jamais peut-être l'atmosphère d'une ville n'a été mieux rendue, et dans chacune de ces nouvelles, les personnes qui connaissent Dublin retrouveront une quantité d'impressions qu'elles croyaient avoir oubliées. Mais ce n'est pas la ville qui est le personnage principal (...) ; c'est un portrait, ou un groupe, ce sont des individualités bien marquées que Joyce se plaît à faire vivre.

Auteur : James Joyce
Autre titre : Dublinois (The Dubliners)
Nombre de pages : 256
Edition : Pocket
Collection : Classiques
Date de parution : 1 mars 2003 (1914, version originale)
Prix : 4.80€ (poche) - 0.49€ (epub, mobi)
Télécharger Légal (format Epub - PDF - Mobi )

 

Avis / Critique :

11 nouvelles jalonnent ce recueil de James Joyce qui raconte la vie d'habitants de Dublin (les Dubliners) dans les années 1900 au travers de différentes thématiques dont les principales ont pour cible l'église et l'alcool.
Ce sont tout d'abord deux sœurs qui ont passé leur vie à veiller sur un prêtre ; puis deux enfants qui se passionnent pour les fascicules de western. L'un de ces enfants rencontre un homme qui lui explique la façon de corriger les garçons désobéissants ; Arabie conte l'histoire d'un jeune garçon qui n'attend qu'une chose, aller à la fête foraine ; Eveline jeune fille de 19 ans doit choisir entre suivre Franck à Buenos Aires où rester et s'occuper de son père vieillissant ; l'histoire de quatre amis passionnés d'automobiles issus d'horizons divers et qui découvrent les vertus de la fête ; deux copains qui parlent de conquêtes féminines et se lancent un pari ; un homme qui n'a pu résister à la tentation et qui doit prendre une décision radicale : réparer sa faute ou non ; un homme qui revient plusieurs années après son départ à Dublin et fait part de sa vie à Londres à son ami d'enfance qui aimerait lui aussi s'extraire de sa condition ; etc.

Ce sont des instants vécus par des Dublinois, grands et petits, que nous fait découvrir James Joyce à travers ces onze courtes nouvelles.
Il n'y a pas forcément de sentiments, c'est raconté d'une manière brut, sans fioriture comme chacun pourrait narrer un fait du quotidien.
Parfois, il n'y a même pas de fin, souvent même.
A l'époque où ces nouvelles ont été écrites, James Joyce remporta un certain succès critique, et chacun vit en lui l' Auteur Irlandais par excellence.
S'il publiait ces nouvelles aujourd'hui, il n'est pas sûr qu'il rencontrerait le même succès. Oui, certes James Joyce nous fait découvrir quelques pans de vies des Dublinois au travers des problématiques de l'époque, mais on a du mal à vibrer, à se mettre à la place des personnages.
Pourquoi ?
Probablement, parce que lesdits instants de vie sont trop fugaces comme s'il avait pris une photo à un instant T et en avait raconté la bribe d'histoire ; parce que le style littéraire n'a rien de révolutionnaire. C'est un premier recueil et il faut le prendre comme tel. Un essai pour amener le roman qui va le rendre ensuite célèbre, et ce, dans le monde.

Certainement vaut-il mieux d'abord lire "Ulysse" de ce même James Joyce pour se faire une idée plus juste du style de l'auteur et de son talent, car en parcourant ces "Gens de Dublin", il n'est pas certain que le lecteur se laissera tenter par la découverte du reste.

Bref, c'est bien écrit certes, mais ce n'est pas transcendant.
Il y a des classiques irlandais ou anglais plus intéressants que ce recueil qui mérite néanmoins à mes yeux la moyenne.
 

Titre des nouvelles :

  • Les Sœurs 
  • Une rencontre 
  • Arabie 
  • Eveline 
  • Après la course
  • Deux galants 
  • La Pension de famille
  • Un petit nuage 
  • Contreparties / Correspondances
  • Cendres / Argile 
  • Pénible Incident / Un cas douloureux 
  • On se réunira le 6 octobre / Ivy Day dans la salle des Commissions 
  • Une mère 
  • La Grâce / De par la grâce 
  • Le Mort / Les Morts 

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Extrait :

Soeurs

Il n’y avait plus d’espoir pour lui désormais : c’était la troisième attaque. Chaque soir je passais devant la maison (c’était au temps des vacances) et j’observais le carré de lumière de la fenêtre : chaque soir je le trouvais éclairé, de même, faiblement et uniformément. S’il était mort, pensais-je, je verrais le reflet des cierges sur les stores assombris, car je savais que l’on doit poser deux cierges à la tête du mort. Il me disait souvent : « Je n’ai plus pour longtemps à être de ce monde », et je pensais qu’il ne faisait là que radoter. Maintenant je me rendais à l’évidence. Chaque soir, en levant les yeux sur la fenêtre, je me répétais doucement à moi-même le mot « paralysie ». Il sonnait, étrange à mes oreilles, comme « Gnomon » dans l’œuvre d’Euclide et « Simonie » dans le catéchisme. Mais aujourd’hui il sonnait comme le nom d’un malfaisant et diabolique génie. Il me remplissait de terreur, ce mot, et je brûlais cependant de m’approcher du mort et de contempler l’œuvre de la paralysie.
Le vieux Cotter fumait, assis au coin du feu, lorsque je descendis souper. Tandis que ma tante me versait ma bouillie d’avoine, il dit, comme s’il revenait à une de ses remarques précédentes :
– Non, je ne disais pas qu’il était exactement… mais il y avait quelque chose de singulier… d’un peu sinistre en lui, c’est mon opinion…
Il commença par lancer avec sa pipe quelques bouffées de fumée : sans aucun doute il préparait dans son esprit son opinion. Pauvre vieux fou ennuyeux ! Les premiers temps que nous le connûmes, il nous intéressait plutôt, parlait de syncopes et de vers, mais je me suis vite fatigué de lui et de ses interminables histoires de distillerie.
– J’ai ma théorie personnelle là-dessus, ajouta-t-il, je suis d’avis que c’est un de ces… cas particuliers… Mais c’est difficile à dire…
Il tira quelques bouffées de sa pipe, sans nous exposer sa théorie. Mon oncle vit que je le fixais et m’interpella :
– Eh bien, votre vieil ami n’est plus ; vous allez être peiné de l’apprendre.
– Qui ?
– Le père Flynn.
– Il est mort ?
– M. Cotter vient de nous l’annoncer ; il passait devant la maison.
Je compris que l’on m’observait, aussi continuai-je de manger comme si la nouvelle ne m’avait point intéressé. Mon oncle expliqua au vieux Cotter :
– Ce jeune garçon et lui étaient grands amis. Il faut vous dire que le vieillard lui enseigna beaucoup de choses ; on prétend qu’il avait un faible pour lui.
– Dieu aie pitié de son âme ! fit ma tante pieusement.
Le vieux Cotter me regarda un moment. Je sentais ses petits yeux noirs en boules me scruter, mais je ne voulus pas le contenter et ne détachai point mes regards de mon assiette. Il revint à sa pipe et cracha grossièrement dans le foyer :
– Je n’aimerais pas que mes enfants eussent trop affaire à un tel homme.
– Que voulez-vous dire, monsieur Cotter ? demanda ma tante.
– C’est que c’est très mauvais pour les enfants. Il faut laisser les gamins courir où bon leur semble et jouer avec leurs pareils et non pas… Ai-je raison, Jack ?

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