Au détour d'un livre

Au détour d'un livre

Critiques littéraires, avis, livres gratuits, news. “Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux.” (Jules Renard) -

L'unité alphabet, de Jussi Adler-Olsen

 

Résumé : L'Unité Alphabet est le service psychiatrique d'un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d'atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l'Est.
Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu'il a abandonné à l'Unité Alphabet et qu'il n'a jamais retrouvé. En 1972, à l'occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d'un passé plus présent que jamais.

Auteur : Jussi Adler-Olsen
Nombre de pages : 640
Édition : Albin Michel
Collection : A.M.THRIL.POLAR
Date de parution : 29 août 2018
Prix : 22.90€ (Broché) - 8.90€ (poche) - 8.99€ (epub, mobi) -
ISBN : 978-2226402073

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Avis / Critique :

1944. James et Bryan, deux aviateurs se font descendre par les Allemands. Parvenant à sauter en parachute, ils trouvent refuge dans un train sanitaire et prennent la place de deux officiers du Reich, allant jusqu'à se faire tatouer leur groupe sanguin pour ne pas se faire prendre. Ils arrivent dans un bâtiment où sont internés les officiers de la Wermacht et des SS ayant été sur le front de l'Est. Les deux jeunes Anglais, pour survivre, jouent le jeu et subissent les électrochocs en silence. Mais ils ne sont pas seuls à simuler : trois SS ayant cachés un trésor de guerre sont bien décidés à se faire passer pour fous jusqu'à ce que la guerre finisse dans cette unité appelée Unité Alphabet.
1972. Bryan s'en est sorti, il est devenu un chantre dans la commercialisation des médicaments, mais il n'a jamais oublié. Il n'a jamais oublié son ami James qu'il n' a pas pu sauver ce soir-là en s'échappant de l'hôpital psychiatrique avant que celui-ci ne soit bombardé. Pris de remords qui ne le quitte pas, il profite d'un entretien d'embauche pour demander à son futur salarié d'enquêter, alors que tous les autres détectives ont échoué. Il veut en avoir le cœur net, savoir si James est mort et si oui, dans quelles circonstances. Lui-même va profiter d'une invitation aux Jeux Olympiques pour se rendre à Fribourg. Là, il va tomber sur trois anciens SS, les mêmes qui leur ont mené la vie dure à l'époque, dont un homme surnommé le Grêlé.
L’étau se resserre non seulement autour de James mais aussi autour des anciens SS, devenus sous de faux noms des notables de la ville...

Jussi Adler-Olsen livre avec cette "Unité Alphabet", un thriller psychologique bien loin des polars nordiques dont il a le secret avec la série du "Département V". Et ce livre va en dérouter plusieurs. D'abord par son format : il est écrit en deux parties : une qui s'arrête sur l'époque de la guerre et raconte l'origine de l'enfermement des deux aviateurs anglais et les affres qu'ils vont y subir, puis 28 ans plus tard quand "le survivant" va chercher des réponses et enquêter. Il déroute ensuite par son rythme qui est lent et dense avec une temporalité qui se déroule dans un ordre chronologique. Puis enfin en mettant en avant l'amitié et comment celle-ci peut évoluer dans une situation de base dramatique au fil des années et aboutir à la haine.
Elle apporte aussi son côté psychologique en nous montrant le revers des hôpitaux psychiatriques tels que les a connus
Jussi Adler-Olsen, lui-même fils de psychiatre. Et enfin, nous avons aussi un pan de l'histoire allemande qui nous est dressé à l'orée de la fin de la Seconde Guerre mondiale et vingt-huit ans après avec des nazis qui se sont fondus dans la masse en changeant de patronyme.

Vous l'aurez compris, ce livre n'est pas un polar, pas plus qu'un thriller, mais plutôt un roman psychologique puisqu'il s'intéresse avant tout à la personnalité des deux protagonistes principaux : Bryan et James, mais aussi cherche à comprendre comment une amitié peut évoluer quand elle est mise à dure épreuve.

L'Unité Alphabet n'est finalement ni mauvais, ni bon, mais plutôt dans la moyenne avec des parties intéressantes et d'autres où le lecteur pourra décrocher.
Bref, c'est à vous de voir.

 

 

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"L'unité alphabet", de Jussi Adler Olsen - "audetourdunlivre.com"

Extrait :

1

La météo n’était pas bonne.
Il faisait froid, venteux, et la visibilité était mauvaise. Un temps détestable, même pour un mois de janvier en Angleterre.
Les troupes de l’US Air Force attendaient depuis un moment sur le tarmac quand un grand Britannique dégingandé les rejoignit, mal réveillé.
Un jeune homme, caché par un premier groupe de pilotes, se redressa sur un coude et leva la main pour attirer son attention. Le grand échalas lui rendit son salut en bâillant à s’en décrocher la mâchoire. Après une longue série de vols de nuit, revenir à un rythme normal tenait de l’exploit.
La journée allait être difficile.
Il commençait à y avoir du mouvement au bout des pistes, vers le sud. Ce qui voulait dire que le ciel ne tarderait pas à se remplir d’avions.
Une perspective à la fois excitante et oppressante.
Le major général Lewis H. Breretons avait demandé l’aide de la Royal Air Force. Les Américains s’étaient en effet montrés très impressionnés par les pilotes de Mosquito de l’armée de l’air britannique qui, lors des raids aériens au-dessus de Berlin au mois de novembre, avaient permis la découverte de l’un des secrets les mieux gardés de l’armée allemande : l’emplacement de la base militaire de Peenemünde où étaient fabriquées les bombes V1, leur fameuse arme de représailles.

On avait laissé au lieutenant-colonel Hadley-Jones le choix des effectifs et lui-même avait confié à son chef d’état-major John Wood le soin de veiller aux aspects pratiques de la mission. Le colonel avait sélectionné douze aviateurs britanniques – huit instructeurs et quatre copilotes – pour accomplir une mission d’observation, sous le commandement de la 8e et de la 9e US Air Force.
Des chasseurs Mustang P-51D avaient été spécialement équipés d’un siège d’observateur placé derrière celui du pilote, d’appareils photographiques d’une technologie avancée ainsi que d’instruments optiques ultrasensibles.
James Teasdale et Bryan Young avaient été recrutés deux semaines auparavant. Ils seraient les premiers à utiliser ces équipements en conditions dites « réelles ».
Et cela, alors qu’ils pouvaient s’attendre à repartir au combat de façon imminente. Une attaque des centres de construction aéronautique de Oschersleben, Brunswick, Magdebourg et Halberstadt était programmée pour le 11 janvier 1944.

James et Bryan râlaient de voir leur permission de Noël ainsi écourtée. Ils en avaient assez de cette sale guerre. « Deux semaines pour se familiariser avec cette machine infernale ! soupira Bryan. Je ne comprends rien à leur technologie. Pourquoi Oncle Sam ne prend-il pas ses propres pilotes pour monter dans ces satanés zincs ? »
John Wood leur tournait le dos, penché sur ses cartes. « Parce qu’il vous a choisis, vous !
– Ce n’est pas un argument !
– Je suis sûr que vous saurez vous montrer à la hauteur des attentes de l’armée américaine et que vous rentrerez de cette mission sains et saufs.
– C’est une promesse ?
– Oui !
– Dis quelque chose, James ! » lança Bryan à son camarade, qui resserra son foulard et haussa les épaules. Bryan s’écroula sur une chaise. Impossible de compter sur James.
La mission devait durer au maximum six heures. Six cent cinquante bombardiers lourds de la 8e US Air Force attaqueraient plusieurs usines aéronautiques, sous escorte de chasseurs P-51 à long rayon d’action.
Durant ce raid, le Mustang de Bryan et de James quitterait le convoi.
Certaines rumeurs tenaces affirmaient qu’à Lauenstein, au sud de Dresde, en Allemagne, on avait observé ces derniers mois un arrivage anormal d’ouvriers du bâtiment, ingénieurs et techniciens spécialisés ainsi que de forçats polonais et soviétiques, recrutés dans les camps de concentration.
D’après les services secrets, on construisait effectivement quelque chose dans le secteur, mais on ne savait pas quoi. Peut-être des usines de combustibles de synthèse ? Auquel cas, c’était une catastrophe : l’Allemagne risquait de prendre de l’avance dans la fabrication de bombes volantes.
Bryan et James avaient pour mission de cartographier la zone aussi précisément que possible, et surtout le réseau ferroviaire autour de Dresde, afin que les services secrets puissent mettre à jour leurs informations. Une fois les photos dans la boîte, ils devaient repartir et reprendre place en queue d’escadrille pour rentrer en Angleterre.
Beaucoup d’Américains engagés dans cette mission étaient des pilotes de combat chevronnés. Malgré le froid glacial et le départ imminent, ils attendaient tranquillement, à demi allongés sur la terre dure et gelée qui faisait office de terrain d’atterrissage. Parfois, on en voyait un, recroquevillé sur lui-même, les bras autour des genoux et le regard vide. Alors on savait que c’était un bleu, un qui manquait d’expérience et qui n’avait pas encore appris à faire le deuil de ses rêves et à juguler sa peur.

James s’assit près de Bryan, qui s’était recouché, les mains croisées derrière la nuque.
Les flocons tombaient sur leur visage, s’attardant sur leur nez et leurs sourcils. De lourds nuages noirs encombraient le ciel. Finalement, ce raid ne serait pas très différent des vols de nuit dont ils avaient l’habitude.

 

 

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