Les prénoms épicènes, d'Amélie Nothomb

Publié le par AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE

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Résumé :  « La personne qui aime est toujours la plus forte. »

Auteur : Amélie Nothomb
Nombre de pages : 162
Editeur : Albin Michel
Collection : A.M. ROM.FRANC
Date de parution : 22 août 2018
Prix : 17.50€ (Broché) - 9€ (occasion)
ISBN : 978-2226437341

 

Avis / Critique :

Des années auparavant, un homme propose à la femme qu'il aime le mariage. Elle refuse et préfère en épouser un autre. Il décide alors de se venger, mais pas de la façon dont on pourrait le penser. Lui, veut lui montrer qu'il peut, tout comme son rival, réussir dans le monde et pense alors la reconquérir par ce biais. Il va pour ce faire épouser une femme qu'il peut manipuler et tenter de calquer sa vie sur celle de son rival quitte à sacrifier sa femme et sa fille, Epicène...

Le roman 2018 d'Amélie Nothomb parle de vengeance. Celle d'un homme envers une ancienne conquête, celle d'une femme bafouée, celle d'une fille mal aimée.
Amélie Nothomb plante le décor, la toile d'araignée durant toute la première partie de son livre (un peu plus étoffé que le précédent) et nous livre le dénouement et la réponse des bafouées dans la seconde.

La plume d'Amélie Nothomb est un régal de lecture. L'histoire est lente et pourtant il est difficile d'en sortir tellement le lecteur se fait happer par la prose de l'auteur et la machination qu'elle échafaude.
Certes, il n'y a rien de révolutionnaire dans la thématique : un arriviste qui se sert de tous et de toutes pour atteindre son but, une femme manipulable qui finit par se rebeller, une enfant qui se révolte contre ses parents, etc.
La question ici n'est pas de se dire "je crois à cette histoire ou je n'y crois pas". La question est de se laisser happer par l'imagination de Nothomb et la toile qu'elle tisse tout du long de ce cours roman.
Si l'ensemble est donc d'excellente facture, on pourra cependant regretter une fin rapide qui aurait mérité d'être plus étoffée. Mais voilà, un Nothomb se veut d'être court et court il le sera, enlevant du même coup la finalité du tour de magie instillé jusque là.

"Les prénoms épicènes" est donc globalement une belle histoire très bien contée comme souvent, mais qui manque d'avoir une fin plus longue. Quant au prix, je ne reviendrai pas dessus. Le Nothomb de l'année est devenu un produit de luxe.

Critiques à lire sur les livres du même auteur :

- Le crime du comte de Neville
- Barbe bleue
- Riquet à la houppe

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Extrait

Il ne décolère pas.
Décolérer est ce verbe qui ne tolère que la négation. Vous ne lirez jamais que quelqu’un décolère. Pourquoi ? Parce que la colère est précieuse, qui protège du désespoir.
Trois heures plus tôt, il n’y avait pas heureux comme lui.
– Tu es la plus belle. À cause de toi, toutes les autres sont laides. Non. À cause de toi, les autres femmes n’existent pas.
– Il faudra pourtant t’y habituer.
– Cinq ans que nous faisons l’amour et nous n’avions jamais été si haut. As-tu déjà entendu parler d’une pareille histoire ?
– Non.
– Tu t’appelles Reine. Au début, ton prénom me terrifiait. À présent, je ne supporterais pas que tu te nommes différemment. Reine, c’est tellement toi. Reste dans mes bras, mon amour.
– Je ne peux pas.
– Où vas-tu ?
– Je vais me marier.
– Très drôle.
– Ce n’est pas une plaisanterie. J’épouse Jean-Louis dans deux jours.
– Qu’est-ce que tu racontes ?
– Jean-Louis. Tu le connais.
– C’est moi que tu aimes. C’est moi que tu veux épouser.
– Quand mes parents se sont mariés, ils s’aimaient d’amour fou. Ils ont eu une vie médiocre. Maintenant, ma mère sert de bonniche à mon père. Très peu pour moi.
– Avec moi, tu n’auras pas une vie médiocre.
– Nous sommes ensemble depuis cinq ans. À part l’amour, tu n’as rien fait.
– Tu ne t’en es pas plainte.
– Ne sois pas vulgaire. Jean-Louis devient le numéro deux d’une énorme compagnie d’électronique. Il m’emmène à Paris.
– Paris !
– Oui, Paris. L’excellence, la grande vie. Ce dont j’ai toujours rêvé. Combien de fois t’ai-je dit que je voulais quitter ce patelin ?
– Je n’ai que vingt-cinq ans.
– Et moi, j’ai déjà vingt-cinq ans. Je n’en peux plus d’attendre.
– Jean-Louis sait-il que j’existe ?
– Comment pourrait-il l’ignorer ?
– Et ça ne le dérange pas ?
– C’est du passé.
– Du passé ! Il y a une demi-heure, nous faisions l’amour comme des dieux !
– C’était la dernière fois.
Reine acheva de s’habiller en silence.
– Mon amour, ce n’est pas possible. Dis-moi que c’est un affreux cauchemar, une blague d’un goût atroce, une provocation.
– C’est la vérité. Adieu.
Resté seul, il choisit la colère. Pour la nourrir, il décide de se venger. En tuant Reine ? Sûrement pas. Cela se retournerait contre lui.
Surtout, il veut que Reine souffre. Qu’elle souffre autant qu’il souffre.
Il ne décolérera jamais.

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