Au détour d'un livre

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La fille au tatouage, de Kristina Ohllson

La fille au tatouage, de Kristina Ohllson

Résumé : Après "Les enfants de cendres", une nouvelle enquête de Fredrika Bergman qui se voit confier l'affaire du supposé suicide des Alhbin, retrouvés morts après le décès par overdose de leur fille aînée. Elle ne tarde pas à mettre à jour un réseau de trafic d'êtres humains.

Auteur : Kristina Ohllson
Nombre de pages : 444
Edition : J'ai lu
Collection : J'ai lu Thriller
Date de parution :  28 juin 2013
Prix : 10.92€ (Broché) - 7.80€ (Poche)
ISBN : 978-2290071946

 

Avis / Critique :


Les corps d'un couple sont retrouvés dans leur appartement. Le mari aurait tué sa femme avant de se suicider. Quelques jours plus tôt, l'homme aurait appris le décès de sa plus jeune fille d'une overdose. La police cherche à retrouver la sœur aînée pour lui annoncer la nouvelle et comprendre ce qui a bien pu se passer.
Mais voilà, celle-ci est introuvable...

En parallèle, un homme meurt écrasé par une voiture alors qu'un Irakien arrive sur le sol suédois. Le migrant est venu seul, sans sa famille, grâce à un réseau qui lui demande en échange d'accomplir une série d'actes...
Quel rapport peut-il y avoir entre ces différents évènements ?
Frederika Bergman, enceinte jusqu'au bout, et sa brigade, enquêtent sans deviner qu'ils vont tomber sur un réseau de trafic d'êtres humains.
Désigné meilleur thriller de l'année, le livre de Kristina Ohllson tient amplement ses promesses. L'auteure parvient à nous tenir en haleine dans cette enquête où les éléments et les questions semblent se mêler pour nous offrir un dénouement que l'on devine peu à peu, mais qui est amené avec dextérité. 

Dans cet ouvrage, comme dans son précédent, la vie des personnages tient de pilier tout autant que l'intrigue en elle-même. On suit avec plaisir les problématiques personnelles de chacun des membres de la brigade, leur situation familiale branlante, leur inimitié, leurs amours. Tout cela apporte de l'humanité et de la proximité avec les personnages.
Quant à l'intrigue, le livre écrit par Kristina Ohllson en 2010, est très contemporain des problématiques migratoires posées encore aujourd'hui, et les réseaux de migrants où argent et terreur se mêlent.
Le dénouement est à la hauteur et la construction de l'intrigue et de sa résolution aussi.
Un polar scandinave comme on les aime et qui se lit tout seul.

A lire aussi de cet auteur : Les enfants des cendres

 

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Extrait :

Stockholm

Peder et Joar traversèrent en silence Kungsholmen, le pont d’Eriksbron, puis continuèrent vers Odenplan où habitait le couple âgé retrouvé mort. Peder conduisait, faisant vrombir le moteur à chaque feu rouge. Un soupçon avait commencé à germer dans son esprit après l’histoire des croissants à la pause-café. Joar n’avait pas esquissé le moindre sourire à ses blagues sexuelles. Pour qui il se prenait, celui-là ? C’était un signe, forcément. Au fil des ans, Peder avait fini par avoir un sixième sens pour ces gens-là. Si son collègue ne partageait pas son humour, c’est qu’il n’était pas du même bord – il devait être homo.

Non pas que ça le dérange. Non, absolument pas. Du moment que ce type le laissait tranquille. Dans le cas contraire, ça risquait de barder.

Il regarda du coin de l’œil le profil de Joar. Des traits fins, trop fins, même. On aurait dit un masque. Les yeux bleu glacier, les pupilles petites, les lèvres presque trop rouges, les cils incroyablement longs. Peder continua à le dévisager. Si jamais son collègue se maquillait, il refuserait de monter dans la même voiture que lui.

Le feu passa à l’orange et Peder accéléra pour ne pas passer au rouge. Pas besoin de regarder Joar pour savoir que son collègue aurait préféré qu’il s’arrête.

– Pas facile de savoir s’il faut s’arrêter ou accélérer dans ce genre de situation, dit Peder un peu mal à l’aise, en s’éclaircissant la voix.

– Hum…, répondit Joar en tournant la tête de l’autre côté. C’est quoi, le nom de la rue où on doit aller ?

– Dalagatan. Ils habitaient à l’étage. Un grand appartement, apparemment.

– Les corps sont encore là ?

– Non, les techniciens doivent avoir terminé leur travail, alors on peut passer.

Ils garèrent la voiture en silence. Peder réussit un créneau parfait et entra à la suite de Joar dans la maison. Son collègue ignora l’ascenseur pour monter les quatre étages à pied. Peder le suivit à contrecœur : l’ascenseur, c’est pas pour les chiens !

La cage d’escalier venait d’être rénovée : les murs étaient blancs et brillants, les marches en marbre, et les encadrements de fenêtres peints en marron foncé. L’ascenseur au milieu était ancien, avec une porte en fer forgé. Les pensées de Peder allèrent vers sa femme Ylva dont il était maintenant séparé. Elle détestait les espaces confinés. Un jour où un repas de famille s’éternisait, Peder avait essayé de lui faire l’amour dans les toilettes de l’entrée ; mais Ylva, prise de panique en se retrouvant enfermée dans quatre mètres carrés, n’avait plus pu respirer.

Cette histoire les avait fait beaucoup rire… après coup.

Sauf ces derniers dix-huit mois. Là, ils n’avaient pas beaucoup ri, c’est le moins qu’on puisse dire.

La porte de l’appartement était tout ce qu’il y a de normal. Il était inscrit « Ahlbin » sur la fente pour le courrier. Joar sonna et un policier en uniforme leur ouvrit. Outre ce collègue, il y avait sur place un technicien de la police scientifique.

– On peut entrer ? demanda Peder.

L’agent hocha la tête.

– Il ne reste plus qu’à examiner la fenêtre et on en aura terminé pour ce qui est des relevés.

Peder et Joar pénétrèrent dans l’appartement.

– C’était une location ? demanda Joar.

L’agent secoua la tête.

– Non, l’appartement est à eux. Ils habitaient ici depuis 1999.

Peder sifflotait en passant d’une pièce à l’autre. C’était un grand appartement, haut de plafond, avec des stucs dans toutes les pièces, des œuvres d’art et des photographies sur les murs blancs, rien de tape-à-l’œil.

Fredrika aurait adoré cet appartement, se dit-il, même s’il n’avait aucune idée de comment c’était chez elle.

Pourquoi aujourd’hui on vivait chacun pour soi ? On ne se rendait plus visite. À dire vrai, ce n’était pas si étonnant qu’il ne soit jamais allé chez Fredrika, mais il aurait pu être invité chez les autres. Il détestait rester seul le soir dans l’appartement où il avait emménagé l’automne dernier. Bien qu’il s’agisse d’une copropriété, il avait à peine rénové un mètre carré. Sa mère avait cousu des rideaux, acheté des coussins et des nappes ; mais comme il restait les bras croisés, elle avait cessé d’aménager son intérieur. Il ne pouvait pas lui en vouloir.

L’appartement du couple était un quatre pièces avec fenêtres en bois à trois vantaux et cuisine américaine. Une grande porte coulissante séparait la salle de séjour de la bibliothèque. Plus loin se trouvaient la chambre d’amis et, enfin, celle où le couple avait été retrouvé mort.

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